vendredi 24 décembre 2010

Ne fuyez pas cette couverture racoleuse

 
J’étais plus que sceptique en découvrant la couverte du n°2 (août-septembre 2010) du magazine Biographia, la revue des grands destins. Devant les accroches comme « Sur les traces du plus grand séducteur » ou « Sa vie secrète », et devant l’illustration de couverture, je me disais que ce magazine serait à peu près du même acabit que ceux qui prétendent nous dévoiler « les secrets de l’Histoire » ou « l’Histoire mystérieuse » et qui ne sont, le plus souvent, que des salmigondis de racontars, d’hypothèses fumeuses, de textes qui au mieux prêtent à rire et au pire dégagent des fumets peu délicats. Magazines pots-de-chambre dans lesquels nagent aussi bien ceux qui pensent que la disparition de l’Atlantide nous a privés des connaissances les plus absolues et ceux qui pensent que des tas de gens tapis dans l’ombre veulent mettre la main sur le monde.
Oui, j’étais très réservé. Sachant que le groupe Lafont Presse publie aussi des titres comme Célébrité magazine et Astro Revue, je craignais le pire de ce Biographia.



Feuilleter ce numéro a donc été une bonne surprise. Car, à l’exception d’un entretien avec Philippe Sollers, « Casanova, la quintessence du XVIIIe siècle européen et français », les autres textes sont des extraits d’ouvrages du XIXe siècle et du XXe siècle sur Casanova, qui sont autant de regards, influencés par leurs époques respectives, sur ce personnage. Parmi ces textes :
- l’article sur les frères Casanova (Jean-Jacques et François) dans Le grand dictionnaire universel du XIXe siècle (1867), de Pierre Larousse ;
- l’article sur Casanova dans La bibliographie ancienne et moderne (1836). Un article qui commence par « Casanova (Jean-Jacques), célèbre aventurier et écrivain politique » ne peut être que salué, parce que la dimension « écrivain », et même « écrivain politique » passe généralement après sa réputation de trousseur de jupons dans de nombreux textes à son sujet ;
- ou encore l’article de Renée Dunan, « Sur Casanova », dans La revue des lettres, n°12 (1926).

Bref, un numéro de magazine qui offre à ses lecteurs une collection de sept textes que je trouve assez éloignés de la couverture plutôt racoleuse du magazine. Je suis finalement content de ne pas avoir cédé à ma répulsion initiale.
Un regret, toutefois : le prix de ce numéro (presque 7 euros pour une quatre-vingtaine de pages de couverture à couverture) me semble trop élevé pour un contenu composé en très grande partie de textes et d’illustrations dont je suppose qu’ils sont libres de droits.

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jeudi 23 décembre 2010

Fin d’année dix-huitièmiste à la télévision

J’ignore si vous surveillez les programmes du petit écran et, par conséquent, j’ignore si vous avez repéré que cette fin d’année 2010 n’a pas été avare en dix-huitièmeries du côté des diffusions télévisées. Sans prétendre avoir déniché tout ce qui avait de près ou de loin rapport avec le Siècle des Lumières, j’ai au moins pointé (et parfois vu) ceci :
- le reportage La véritable histoire de Barbe Noire, d’Herlé Jouon, diffusé dans le cadre de l’émission Thalassa le 19 novembre 2010 ;
- les deux nouveaux épisodes de la série Nicolas Le Floch, réalisés par Nicolas Picard, La Larme de Varsovie (épisode diffusé le 3 décembre) et Le Grand Veneur (10 décembre) ;
- Que la fête commence, de Bertrand Tavernier, et Ridicule, de Patrice Leconte, deux bijoux que je ne me lasse pas de voir et revoir ;
- The Madness of King George / La folie du roi George, de Nicholas Hytner, que j’ai découvert hier pour la première fois, plus de 15 ans après sa sortie sur grand écran.
Et ce soir, Le Bossu de Philippe de Broca.



Et je ne serais pas étonné d’apprendre que des chaînes non hertiziennes nous glissent, d’ici la fin de l’année, une énième rediffusion de La tulipe noire de Christian-Jaque ou de Fanfan la Tulipe version Christian-Jaque ou version Gérard Krawczyk. Il y a un mois, c’était le Cartouche de Philippe de Broca qui passait sur une de ces chaînes.

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A-t-on des nouvelles de Monsieur de C. ?

 
Autant le dire tout de suite, le « prochainement » que j’avais gaillardement affiché dans le titre d’un précédent billet était vraiment de la publicité mensongère. Tout au moins si l’on raisonne à une échelle de temps humaine et non géologique.
Je pourrais essayer de chercher des excuses à ce long silence, prétendre un surcroit de ceci ou une baisse de cela. Mais la raison sincère est très simple  un manque d’envie. Un manque peut-être teinté d’une interrogation personnelle sur l’intérêt de tenir un blog, sur l’objectif même d’une telle démarche. Foncièrement, tenir un blog est finalement assez égoïste : quand bien même j’essaie de partager des coups de cœur et des coups de gueule, ce sont tout de même MES coups de gueule et MES coups de cœur. Bref, c’est du « moi, moi, moi ». Oh, je ne suis pas naïf au point d’avoir pensé que cette dimension égoïste était absente de la tenue d’un blog. Mais, peu à peu, je me suis dit que cette dimension était peut-être trop présente. Envahissante, même.

Je n’en perds pas pour autant mon goût pour le XVIIIe siècle, et mon goût pour le partage. L’idée d’un fanzine dix-huitièmiste continue à me titiller, puisqu’elle me permettrait de continuer dans la voix d’une diffusion généraliste, sans prétention académique et, surtout, d’engager une démarche collective.

En attendant de voir si ce projet se concrétisera, je reprends la plume pour quelques billets au moins. L’écriture n’est pas un vice dont je me débarrasserai facilement, je le sais !
 
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lundi 23 août 2010

Un zine dix-huitièmiste : une idée (trop ?) folle ?

 
Une idée un peu folle m'est récemment venue et je viens vous l'exposer ici en sollicitant votre avis.

Les forums comme La folie XVIIIe ou Passion Histoire voient se croiser et discuter des personnes qui apprécient le XVIIIe siècle mais qui, aussi, apprécient de faire partager leurs découvertes à d'autres amateurs de la période. Certains de ces amateurs, de ces passionnés, parmi lesquels votre serviteur, tiennent également des blogs, font vivre des sites internet.
Or, toute cette matière enthousiaste et généreuse est assez dispersée dans sa présentation, en ce sens que les forums et les blogs, par leurs structures mêmes, ne sont pas destinés à être lus comme des magazines.

À ma connaissance, il n'existe pas, ni dans la presse « papier » ni dans la presse électronique, professionnelle ou amateur, de magazine consacré au XVIIIe siècle. La revue Le Grand Siècle de France, tournée vers le siècle de Louis XIV, n'avait eu qu'une existence éphémère : une dizaine de numéros, vers 2002-2005, pour autant que ma mémoire soit bonne ; son contenu un peu exigeant pour le lecteur et son prix - une dizaine d'euros au numéro - avaient peut-être été des freins à une viabilité économique.

Cela dit, loin de moi l'idée de lancer le projet d'un magazine professionnel consacré au siècle des Lumières. Mon ambition est bien plus modeste, et consiste à voir dans quelle mesure il serait possible d'élaborer un fanzine sur le XVIIIe siècle.

J'ai déjà eu l'occasion de collaborer à des magazines spécialisés ou grand public, dans des domaines liés au patrimoine, par exemple, et de participer à des créations et publications de fanzines dans le monde du jeu de rôles. Cette expérience, croisée avec mon regret qu'il n'y ait pas de magazine périodique dix-huitièmiste m'amène donc à venir interroger les fidèles lecteurs et les aimables lectrices de ce blog pour savoir s'ils considèrent que l’idée d’un zine sur le XVIIIe siècle est une folie furieuse (irréaliste, donc) ou une folie douce, un projet opportun.

Le contenu
Qu’est-ce qui pourrait vous intéresser, vous, lecteurs de ce blog, habitués d'autres blogs et forums dix-huitièmistes, dans un tel zine : notes de lecture, d'expos, de théâtre ? Articles thématiques sur l’architecture, la musique, le costume ? Coups de projecteurs sur le XVIIIe siècle « ailleurs dans le monde » ? Interviews de romanciers, d’historiens, de costumiers ?
J'ai posé cette même question (et celles qui suivent aussi) dans le forum La folie XVIIIe. Et je compte aller les poser dans quelques autres endroits du net où ces questions peuvent être abordées. Je pense notamment aux forum « Passion Histoire ». Mais pourquoi pas, également, dans des forums d’amateurs de tir à poudre noire, de modélisme naval, etc. Évidemment, les spécialistes d’une discipline préfèreront certainement les publications spécialisées sur leur domaine, mais peut-être serait-il possible d’éveiller des curiosités transversales ?

Le public potentiel
La question de fond est de savoir s’il y aurait un public suffisant pour que les efforts nécessaires à la fabrication d'un tel zine soient récompensés ? En effet, si c'est pour que le lectorat s'arrête aux seuls habitués de la Folie, ce serait un peu comme enfoncer un clou avec un marteau-pilon. J'ai tendance à penser qu'en faisant connaître un tel projet au travers d'autres forums, de blog, d'associations de reconstitution, etc., cela pourrait toucher un public un peu plus large tout de même, mais je me fais peut-être des illusions !

L'équipe de base et les contributeurs
Pas de zine sans matière, pas de matière sans équipe et contributeurs. S'il n'y a pas de volontaires pour constituer l'épine dorsale de l'équipe de rédaction, le projet sera mort-né. Et des contributeurs occasionnels seraient les bienvenus également. Faire tourner un zine, cela demande des rédacteurs, des illustrateurs (ou des dénicheurs d'illustrations), des relecteurs, au moins un maquettiste pour la composition, etc.

La distribution
Le format PDF est très pratique, adapté à une distribution électronique. Qui plus est, en utilisant pleinement ses fonctions, on peut y inclure des liens vers des éléments intérieurs (avec des signets, etc.) et extérieurs (sites internet, etc.).

Ces questions ne forment pas une liste exhaustive, et je n'ai aucun a priori sur les réponses. Je n'ai pas, non plus, la moindre idée préconçue sur les réactions des gens, que ce soit dans la Folie ou dans d'autres endroits où les questions pourraient être posées. Mais voilà, c'est mon idée folle de mi-août !

Que vous ayez envie de dire « c’est une folie, arrêtez tout ! », « c’est une folie, et j’en serai lecteur/lectrice ! » ou encore « c’est une folie, j’ai envie de participer aux cogitations sur ce projet ! », vous êtes libre de tout dire.
Et puis, rassurez-vous, je suis fou, mais je ne mords (presque) jamais. ;)

Donnez-moi donc votre avis, si vous le voulez bien, en votant dans le sondage (en haut de la page à gauche) et en complétant par un commentaire, éventuellement. Vous pouvez également m'envoyer des remarques par courrier électronique, l'adresse se trouve dans mon profil blogger. Je vous en remercie par avance.

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dimanche 15 août 2010

Prochainement dans ces colonnes

Pour rattraper le silence des semaines passées, je publierai dans les prochains jours, des billets sur quelques ouvrages anciens ou récents sur lesquels j'ai mis la main ces derniers temps. Certains sont faciles à trouver mais d'autres sont, j'ai la faiblesse de le penser, un peu plus rares ou, à tout le moins, un peu moins aisés à dénicher.

Le n°2 (août-septembre 2010) de la revue Biographia, sur « les secrets de Casanova », que vous trouverez dans la première maison de la presse venue. [J'ai finalement publié mon ressenti dans ce billet-là.]



Le roman The Devil's Company, de David Liss (2009), un auteur dont La Conspiration de papier m'avait captivé. [Avancez jusqu'à ce billet-là, pour lire ma critique de The Devil's Company.]



La bande dessinée collective Casanova, par dix dessinateurs italiens de grand talent. Un ouvrage publié voici 30 ans en version française, et que je n'ai acquis qu'il y a une quinzaine de jours. [Pour en savoir plus, lisez ce billet-là.]



Encore une édition d'extraits des Mémoires de Casanova, illustrée par Bruneslleschi (1950). [Pour lire mon billet sur cette édition, suivez ce lien-là.]



La bande dessinée Le crépuscule des anges, Stephen Desberg (scénario) et Henri Reculé (dessin), en 2 tomes parus en respectivement en 1998 et 1999 [j'en parle dans ce billet-là].



L'ouvrage pour la jeunesse Chevalier de Saint-George, musicien des Lumières / Chevalyé de Saint-Georges, mizisyen des Lumières (2007), en version bilingue français-créole, par Françoise Kerisel et Henri Cadoré pour l'adaptation en créole. [Pour en savoir un peu plus, rejoignez-moi là-bas.]

Tiens, un bossu !

Alors qu'il y a quelques semaines, c'était le Lagardère d'Henri Helman qui passait sur le petit écran (téléfilm dont j'ai déjà dit que je l'avais trouvé plaisant, malgré quelques choix regrettables pour s'en tenir au « moralement correct ), c'est Le Bossu d'André Hunebelle (1959) qui sera diffusé ce soir sur W9.
Cette version est loin d'être celle qui soulève le plus mon enthousiasme. Ma préférence va nettement à celle de Philippe de Broca (1997).


La version d'Hunebelle est assez fidèle au roman de Féval, mais elle n'arrive pas à accrocher mon attention de manière soutenue. L'interprétation de Jean Marais est une des raisons de ma tiédeur envers ce film : je n'arrive pas à la trouver convaincante, ni dans le ton (il semble passer son temps à déclamer son texte), ni dans l'allure (trop empruntée à mon goût).


Qui plus est, le film étant pleinement tourné vers la mise en avant de Jean Marais, le personnage de Gonzague (interprété par François Chaumette) en arrive à paraître falot. Comparaison n'est pas raison, mais dans la version de Philippe de Broca, le Gonzague auquel Fabrice Lucchini donne vie est, tout au contraire, un personnage de premier plan, donnant tout son sens à l'affrontement entre le Bossu et ce venimeux intrigant.
Quant à Bourvil, il apporte évidemment une touche comique, en contrepoint du Bossu, mais peut-être est-il justement un peu trop comique dans son personnage du maître d'armes Passepoil. Il me semble un poil trop proche, dans ce ton comique, de son interprétation de Planchet, le valet de d'Artagnan (incarné par Georges Marchal), dans Les trois mousquetaires du même Hunebelle (1953).



Finalement, c'est peut-être Jean Le Poulain qui trouve le plus grâce à mes yeux, dans son rôle de Peyrolles, l'âme damnée de Gonzague.

Cependant, ce Bossu-ci reste une des grandes affiches du cinéma français de cape et d'épée. Alors, ne le boudez pas pour autant !

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lundi 28 juin 2010

Le dossier Casanova

Le numéro du magazine Historia actuellement en kiosque (juillet 2010, n°763) fait la part belle à Casanova, auquel il consacre un dossier de 30 pages, sous le titre global « Casanova, incarnation des Lumières » et composé des articles suivants :
  • Le libertin vénitien, par Agnès Walch ;
  • Dans les geôles de l'Inquisition, par Pascal Marchetti ;
  • Son action au service de la France, par Joëlle Chervé ;
  • L'aventurier franc-maçon, par Yves Beaurepaire ;
  • L'intellectuel musicien, par Charles Wright.
Le dossier comprend également une courte interview de Jean Dufaux, scénariste de la série de BD Giacomo C., ainsi qu'un face à face entre Corinne Maier et Guy Chaussignand-Nogaret sur le thème « Malade génial ou génie détraqué ? ».
Ce magazine, que j'ai acheté aujourd'hui même, va me faire un peu de lecture dans les jours à venir, et je ne manquerai pas de venir dire par ici ce que je pense de ces divers articles.

mercredi 26 mai 2010

Lorenzo, par Carlos



Pour autant que j'aie pu m'en rendre compte en lisant des articles dans des magazines papier et sur le net, les avis sont quelque peu partagés sur le film Don Giovanni, naissance d'un opéra (Io, Don Giovanni) de Carlos Saura (2009).

Le film est sorti le 12 mai dernier sur les écrans français, et je n'ai pas encore eu l'occasion d'aller le voir. Mais je crois bien que, attirée par la photographie qui semble magnifique (Vittorio Storaro avait reçu des Oscars pour sa photographie dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, Le dernier empereur de Bernardo Bertolucci et Reds de Warren Beatty), ma curiosité va me pousser jusque dans une salle obscure pour découvrir cette œuvre sur grand écran, pour me faire ma propre idée.

En attendant, je vais me ré-écouter l'opéra, et me replonger dans les Mémoires de Lorenzo da Ponte (les éditions Mercure de France ont probablement profité de la sortie du film sur nos écrans pour refaire un tirage de ces Mémoires).

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Au bout du Monde !

 
Court message d'autosatisfaction, pour signaler à mes aimables lectrices et fidèles lecteurs que mon billet sur les Mémoires du chevalier de Saint-George a été cité par Jean-Claude Halley dans les colonnes « Guadeloupe Attitude » qu'il tient dans l'espace « blog » du Monde, où il signale mon « point de vue mi figue mi raisin ou l’inverse » sur ce roman.

jeudi 13 mai 2010

Des mémoires trop appliqués

 
J'ai, pour le personnage de Saint-George, une affection assez marquée. J'avais notamment apprécié la biographie que Claude Ribbe lui avait consacrée.

Aujourd'hui, Claude Ribbe revient vers Saint-George avec un roman, Mémoires du chevalier de Saint-George, (éditions Alphée, 2010, ISBN 978 2 7538 0564 4).

J'ai attendu quelques jours après avoir achevé la lecture de ce roman pour venir en dire quelques mots, le temps de savoir si je me sens plus figue que raisin ou l'inverse à ce sujet.
Ce roman est loin d'être « mauvais ». Il ne m'a pas ennuyé, et m'a même fait passer de bons moments en compagnie de Saint-George. Mais j'ai trouvé qu'il ne s'éloignait pas assez de la biographie, du point de vue formel, et que ces Mémoires en deviennent presque trop « sages », trop appliqués. J'espérais probablement plus de flamboyance, ou plus de verve, quelque chose de plus accrocheur. Par moments, ce roman m'a fait l'effet d'être trop clinique, trop détaché. Je dirais que cela sonne presque comme si Saint-George lisait à voix haute son « autobiographie écrite par quelqu'un d'autre » (ou, disons, sa biographie écrite par quelqu'un d'autre à la première personne du singulier).

Bref, un roman qui arrive à manquer de souffle, sur un personnage qui n'en manquait pourtant pas.

Quitte à lire quelque chose sur Saint-George, autant lire la biographie que lui a consacrée le même auteur (j'ai donné un lien, plus haut).
Et, dans un tout autre genre, regarder le DVD du superbe spectacle que l'incomparable Bartabas avait créé autour de ce personnage (j'en avais dit du bien dans ce billet-là).
 
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dimanche 18 avril 2010

Outre-Terres, voyage musical

 
C'est en furetant sur le net en écoutant du jazz que j'ai découvert le quartet New Antics, comprenant  à un moment de son existence Carine Bonnefoy au clavier, Sophie Alour au saxophone ténor, Felipe Cabrera à la basse et Julie Saury à la batterie. Mais, que nous parle-t-il de jazz dans ces salons dix-huitièmistes ?, vous demanderez-vous peut-être. N'ayez crainte, je n'ai pas perdu la boule au point d'oublier que chez Monsieur de C., il est plus question de piano forte que de Fender Rhodes.

Si je vous parle de ce quartet, c'est parce qu'il m'a permis de découvrir Carine Bonnefoy, pianiste et compositrice, dont l'un des albums, intitulé Outre-Terres / Overlands (Crystal Records, 2007), est un ensemble de pièces portant, chacune, le nom d'un navire emblématique des explorations maritimes du XVIe au XIXe siècle, parmi lesquelles « Boudeuse », le navire du voyage de Bougainville en 1766, et « Endeavour », le navire du voyage de Cook en 1778.
Une œuvre pour piano, orchestre (52 musiciens) et voix (4 chanteurs) qui nous emporte sur les mers au-delà des terres connues, vers les lointaines îles du Pacifique, en mêlant les structures musicales et orchestrales de la musique « classique » et du jazz.


Un étonnant, brillant et passionnant voyage, conseillé à tous ceux qui ont l'esprit ouvert aux rencontres de la musique et de l'imaginaire.


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dimanche 14 mars 2010

(Re)montez à bord !

 
Je vous avais promis, voici plus de deux ans, de signaler des ouvrages permettant aux béotiens de découvrir en douceur la marine du XVIIIe siècle. Et je me rends compte que je n'avais pas vraiment tenu parole, puisque je n'avais alors pointé que deux ouvrages :
  • La Vie privée des hommes à bord des grands voiliers du XVIIIe siècle, de Pierre-Henri Sträter (textes) et Pierre Brochard (illustrations) (voir ce billet-là) ;
  • A bord d'un vaisseau de guerre, de Richard Platt (textes) et Stephen Biesty (illustrations) (voir cet autre billet)  .
Je vais donc essayer de rattraper ce retard, au fil de quelques billets.

Après ces deux premiers ouvrages, qui relèvent plutôt du rayon « jeunesse » des librairies (ce qui ne déprécie en rien leurs qualités) et qui offrent un premier regard sur cette marine, il me semble que l'ouvrage de Martine Acerra et Jean Meyer, La grande époque de la marine à voile (éditions Ouest France, collection De mémoire d'homme : l'histoire, 1987, ISBN 978-27373-00387) est relativement abordable. Certes, il manque un peu de schémas didactiques pour bien traduire en images des notions que le texte ne suffit pas toujours à matérialiser, en particulier pour ce qui est de l'architecture des navires, mais il a le mérite d'aborder ses trois grandes thématiques sans tomber dans l'hermétisme :
  • la partie « le voilier » présente les types et les évolutions des navires à voile au XVIIe et XVIIIe siècle, ainsi que leur mise en œuvre et leur entretien ;
  • la partie « les hommes » éclaire le lecteur sur la vie des hommes à terre comme à bord, sur les mondes – bien distincts l'un de l'autre – des officiers et des matelots, et sur les questions de gestion de cet ensemble (flotte, ports, arsenaux) ;
  • la partie « la mer dans tous ses états » dépend trois facettes majeures de l'utilisation de la marine à voile : la guerre sur mer, le commerce maritime et les voyages scientifiques (on remarquera que la pêche est absente de cette partie, comme des deux autres, d'ailleurs.

Ce livre est facile à trouver d'occasion, en particulier sur des sites de vente en ligne, et ce pour une poignée d'euros. Si vous êtes tenté(e), ne vous privez pas.

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lundi 8 mars 2010

Une île que je n'aborderai pas

Je reste curieux des adaptations en BD du roman de Robert Louis Stevenson L'île au trésor. Alors, en entendant sur diverses radios une publicité pour une collection « Les incontournables de la littérature en BD », qui sera diffusée avec Télé 7 jours, j'ai dressé l'oreille. Bon, autant le dire tout de suite, Télé 7 jours n'est pas mon magazine de chevet, mais je me sentais prêt à me résoudre au sacrifice d'en acheter un exemplaire pour découvrir cette adaptation de L'île au trésor.


Mais en furetant ici et là sur le net, j'ai vite appris qu'en guise d'adaptation, c'est surtout du réchauffé :

« En fait, c'est une réédition de la collection Romans de toujours des éditions Adonis. Le tout a été "remballé" avec le nom de Glénat sur la couv et Delitte comme illustrateur de ces mêmes couvertures, mais pour en avoir lu quelques uns au moment de leur sortie, c'était loin d'être une collection mémorable. En fait, Adonis visait clairement les CDI de collège avec des arguments du genre : des textes classiques en BD, ça va plaire à vos élèves et à votre chef d'établisssement ! En plus, il y a un dossier pédagogique à la fin (présentation de l'auteur et du roman, contexte historique...), c'est idéal pour les exposés ! En gros, de la BD scolaire sans aucune originalité avec un dessin réaliste ou semi-réaliste franchement pas top. » (tiré d'une discussion du forum de BDGest).

Bref, des contenus médiocres, cachés sous des couvertures confiées à un illustrateur plutôt talentueux, lui : Jean-Yves Delitte.

Hop, je viens d'économiser quelques pistoles, et n'aurai pas à commettre le sacrifice d'acheter Télé 7 jours.
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mardi 23 février 2010

Milo et Wolfgang Amadeus


Dans le cadre du projet Mozart Ways, à l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de Mozart, la collaboration entre Milo Manara (dont j'ai déjà dit à quel point j'apprécie l'art pictural, à défaut de toujours apprécier ses talents de conteur), du professeur Rudolph Angermueller, secrétaire général de l'Internationale Stiftung Mozarteum de Salzbourg, et des éditions Leopoldo Bloom Editore, a donné naissance au livre Péntiti! (2005, ISBN 88-89350-00-8), autour de la trilogie de Mozart et de son librettiste Carlo da Ponte : Don Giovanni, Così fan tutte et Le nozze di Figaro.

En illustrations en couleurs ou simplement au trait, Manara fait revivre des scènes de théâtre ou de vie quotidienne, glissant parfois vers l'image licencieuse, mais sans en faire trop dans ce registre.


J'apprécie tout particulièrement l'image de Mozart composant ce que l'on peut penser être sa dernière œuvre, son Requiem qu'il n'achèvera pas. Sous le regard de l'écho du Commandeur qui s'est vengé de Don Giovanni ?



L'ouvrage n'est pas impossible à trouver, en passant par des librairies étrangères en ligne, par exemple. À moins que vous ne mettiez la main sur un exemplaire chez un bouquiniste ou auprès d'un particulier qui décide de se séparer de son exemplaire. Qui sait, vous aurez peut-être autant de chance que moi !

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  • Pour quelques détails supplémentaires, en italien, consultez cette page-là.

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lundi 22 février 2010

Brabant, avant Frears et Forman

 
Le roman épistolaire de Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, a connu plusieurs adaptations cinématographiques. J'ai déjà évoquées deux d'entre elles dans un billet, celle de Stephen Frears avec Les liaisons dangereuses, et celle de Milos Forman avec Valmont.
Je ne connaissais pas l'existence de l'adaptation télévisuelle par Charles Brabant, jusqu'à en découvrir très récemment le DVD dans les rayons du disquaire indépendant où je m'approvisionne souvent. J'en ai fait l'achat sans me renseigner plus avant sur cette œuvre.

J'ai donc découvert ce téléfilm sans aucun préjugé. Et cela a été une très intéressante découverte. Le film n'est pas une mise en images du roman, comme tentait de l'être la version de Stephen Frears, pas plus qu'elle n'est la mise en images d'un souvenir de lecture (souvenir bien éloigné du roman, soit dit en passant), comme l'a été la version de Milos Forman. Ici, Charles Brabant nous livre une œuvre où se mêle la vie de l'auteur et sa propre œuvre. Dans sa cellule de prison, où il a été enfermé en 1793 pour ses positions orléanistes, Choderlos de Laclos est aux prises avec son imagination. Est-ce sa façon de s'évader hors de ses murs, ou bien veut-il se justifier devant les personnages qu'il a pris dans les rets de ses Liaisons dangereuses ? Dans ce huis-clos dont les frontières ne sont que celles de l'esprit de Laclos, l'auteur discute avec ses anciennes relations réelle et ses personnages imaginaire, plus particulièrement avec Madame la marquise de Merteuil, que ronge la petite vérole.
Ces Liaisons dangereuses ne doivent pas être réduites, comme cela a été le cas dans certaines adaptations, à ce chassé-croisé de pouvoir, de désir, d'amour, mais qu'elles sont bien le portrait au vitriol d'une société au bord de l'explosion.

« Je crois que l'œuvre de Laclos est révolutionnaire en elle-même. Si l'on se reporte au XVIIIe siècle, sachant que quelques années après la publication des « Liaisons dangereuses », on va avoir le « Don Juan » de Mozart, on voit que la Révolution existe, qu'elle occupe les esprits et se répand petit à petit à travers l'époque. Le libertinage qui reflète la fin de l'aristocratie c'est aussi l'esprit de contestation. Parce qu'il s'oppose à la rigueur religieuse. Il la nie même, et derrière lui il apporte l'athéisme. À partir du moment où tout est permis et où la règle est transgressée, Dieu est mort. Par conséquent, cette œuvre est révolutionnaire dans son essence. Elle a un autre aspect révolutionnaire. C'est une œuvre qui met la femme en valeur considérablement. Au fond, l'auteur, c'est la marquise de Merteuil. » (Charles Brabant).

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dimanche 21 février 2010

Cinéma et XVIIIe siècle : une base de données



Dans les notes de leur chapitre « Les représentations du dix-huitième siècle à l'écran : une filmographie impossible » de l'ouvrage collectif Filmer le 18ème siècle que j'ai évoqué précédemment, Xavier Bittar et Martial Poirson signalent l'existence d'une base de données filmographique, le Kinématoscope, hébergée et alimentée par l'Institut des sciences de l'homme (CNRS / ENS-LSH / Université Lumière Lyon 2).




Un peu aride dans sa présentation - comme beaucoup de bases de données, je le concède – ce site offre aux chercheurs, aux enseignants et aux curieux une une base de données sur les adaptations cinématographiques d'œuvres littéraires (XVIIIe et XIXe siècles) et sur les formes de représentation du XVIIIe siècle à l'écran.

Une porte d'entrée discrète mais à ne pas négliger, en complément de la base de données cinématographique plus généraliste et plus connue IMDB.

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Malheur des uns, bonheur des autres



Je ne suis pas vraiment du genre vautour, à me repaître des dépouilles des autres. Mais c'est pourtant parce qu'il est arrivé malheur à quelqu'un que j'ai pu acheter un grand nombre d'ouvrages des éditions Osprey sur le XVIIIe siècle, complétant la collection de ceux que je possédais déjà. Je connaissais bien la personne qui les possédait, avec qui je partageais cette passion dix-huitiémiste, et c'est en quelque sorte dans un esprit de transmission que j'ai acquis sa collection auprès de ses proches.

C'est donc en pensant à lui que je présenterai ces ouvrages dans des billets à venir.

jeudi 18 février 2010

Casanova (enfin !) à la BnF


L
a Bibliothèque nationale de France a fait l'acquisition du manuscrit d'Histoire de ma vie, les mémoires de Giacomo Casanova, grâce à l'apport d'un mécène souhaitant rester anonyme (je précise, à toutes fins utiles, que ce n'est pas moi !).
Le manuscrit sera dévoilé à l'occasion d'une exposition à l'automne 2011. Vous comprendrez facilement que l'impatience monte déjà en moi à ce sujet.




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Communiqué de presse du Ministère de la culture

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a signé jeudi 18 février 2010 avec le représentant de la famille propriétaire le contrat d’acquisition d’un ensemble exceptionnel de manuscrits de Giacomo Casanova (1725-1798) pour la Bibliothèque nationale de France (BnF).
Histoire de ma vie, le manuscrit des mémoires de l’auteur, constitue le cœur de cet ensemble de manuscrits. Ce monument de la langue française est un témoignage émouvant, une fresque vivante et haute en couleurs des aventures du génial mémorialiste. Si Casanova a publié dès 1780 des récits autobiographiques, le début de la rédaction d’Histoire de ma vie se situe vraisemblablement en 1789. La première version a été rédigée en quatre ans et s’étend de sa naissance à 1774. Pour répondre à la demande du Prince de Ligne, qui souhaitait lire ces mémoires, Casanova s’est livré à partir de 1794 à un minutieux travail de révision du premier manuscrit. En mai 1798, se sentant proche de la mort, il légua le document à son neveu, Carlo Angiolini. C’est par les enfants de ce dernier que le manuscrit  d’Histoire de ma vie a été cédé en 1821 à l’éditeur Brockhaus de Leipzig.

Le texte des mémoires connut alors bien des avatars, et les adaptations expurgées ou révisées se succédèrent pendant 140 ans. Sous le titre de Mémoires de Casanova, quelque 500 éditions ont vu le jour à partir de 1822 sans qu’aucune ne puisse se référer au manuscrit original, lequel faillit disparaître dans les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale. Il faut attendre 1960 pour que les éditeurs Brockhaus et Plon publient une édition intégrale en français. Tous les « casanovistes » s’accordent pour penser que ce manuscrit est bien la version originale. Au fil de ses 3 700 pages, le manuscrit porte des ratures, des surcharges, des mots et des pages entières biffés. L’étude de ce document exceptionnel permettra de reconstituer la génèse de l’oeuvre dont l’édition critique reste à établir. De nombreux projets de valorisation sont d’ores et déjà envisagés. Une exposition, prévue à l’automne 2011 à la Bibliothèque nationale de France sera ainsi l’occasion de dévoiler pour la première fois au public ce manuscrit mythique.
L’acquisition a été réalisée, auprès des propriétaires actuels, grâce à la mise en œuvre de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, qui a permis la reconnaissance de l'intérêt patrimonial majeur de cet ensemble de manuscrits par la Commission consultative des trésors nationaux. Le financement a été assuré complètement par un mécène qui a souhaité demeurer anonyme.
Frédéric Mitterrand, se félicite de l’entrée dans les collections nationales de cet extraordinaire témoignage de l’Europe des Lumières, qui représente par ailleurs la plus importante acquisition patrimoniale réalisée jusqu’à présent pour la Bibliothèque nationale de France, et remercie le généreux mécène qui l’a rendue possible.
Paris, le 18 février 2010

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dimanche 31 janvier 2010

Giacomo plus choquant que Donatien ?

 
J'ai été étonné par la lecture d'un article publié par « Camille » sur le site Rue89, article sur lequel je suis tombé en fouillant le net à la recherche de traces de Casanova, comme j'aime à le faire de temps en temps.
Aux dires de l'auteur de l'article, les participants au Festival de la correspondance de Grignan (14e édition, du 1er 5 juillet 2009), auraient été plus bousculés par la lecture de mémoires de Casanova que par la lecture de textes de Donatien Alphonse François de Sade. Ayant lu beaucoup de textes du premier et moins de texte du second, je serais bien en peine de prétendre que Casanova m'a moins choqué que Sade. Ils n'ont eu ni la même vie ni les mêmes motivations à écrire. Là où Casanova tissait un récit un peu picaresque, où il ne manquait pas de se donner le beau rôle même quand ce rôle ne l'était pas, Sade écrivait pour choquer, pour secouer la société.

Photo publiée sur le site du Festival de la correspondance de Grignan



Casanova en est-il plus choquant parce que sa plume écrit le bonheur dans un libertinage dont le « libertinage » d'aujourd'hui, souvent réduit à la seule dimension physique de l'échangisme, n'est qu'un triste ersatz ?

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Extraits du programme de l'édition 2009 du Festival :

  • UNE NUIT AVEC CASANOVA. Adaptation libre de Pierre TRE-HARDY, Mise en lecture de Didier LONG, Avec Sarah BIASINI, Fanny VALETTE et Michel VUILLERMOZ. Impossible d’inventer débauche plus débridée, plus érotique et plus amoureuse que celle qui attendait Casanova à Venise, dans les bras des deux plus belles nonnes du couvent de Murano, Caterina et Marina. Il est des vies, des amours et des hommes que la réalité sublime. Casanova est de ceux-là. Il fut l’homme des extrêmes : ami des plus grands, exerçant tous les métiers, prisonnier évadé de la redoutable « prison des plombs », infiniment aimé de toutes les femmes... Cet homme est l’un des rares à avoir osé vivre sa vie. Cependant, l’histoire a oublié un infime détail, minuscule grain de sable dans les délicieux rouages du libertinage : Giacomo Casanova a aimé. « Une nuit avec Casanova » de Pierre Tre-Hardy est édité dans la Collection Scènes Intempestives à Grignan, TriArtis, 2009. Source :« Histoire de ma vie » de Giacomo Casanova, Editions Robert Laffont, 1993.

  • SADE, FUITE EN ITALIE. Adaptation libre de Gérald STEHR. Mise en lecture Ladislas CHOLLAT. Avec Chloé LAMBERT, Daniel SAN PEDRO et Nicolas VAUDE. En 1772, Sade, après une affaire de débauche, fuit en Italie en compagnie de sa « très jolie » belle-soeur. Durant sa fuite, il est condamné à mort par contumace. Cette « relation incestueuse» provoque la colère de sa belle-mère très influente qui le fera arrêter à son retour, il s’évade l’année suivante, puis est réincarcéré. Il s'évade et fuit de nouveau en Italie pour un séjour de près d’un an. Sa belle-mère, Madame de Montreuil finit par obtenir contre son gendre une lettre de cachet. Dès lors, Sade ne connaîtra plus guère jusqu’à sa mort, la liberté, sinon dans l’écriture. « Il offre sur l’Italie un témoignage de grand seigneur, libertin et philosophe, d’une mauvaise foi piquante ». « Sade, fuite en Italie» de Gérald Stehr est édité dans la collection Scènes Intempestives à Grignan TriArtis, 2009. Sources : « Je jure au marquis de Sade, mon amant, de n’être jamais qu’à lui » de Maurice Lever, Editions Fayard, 2005, « Anne-Prospère de Launay » de Sade, Editions Gallimard 2003, « Sade - oeuvres complètes », Editions Tête des Feuilles 1973.


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Filmer le XVIIIe siècle


Dans le forum La Folie XVIIIe où je traîne souvent mes guêtres, un message avait attiré mon attention sur le livre Filmer le 18e siècle, sous la direction de Laurence Schifano et Martial Poirson (éditions Desjonquères, 2009, 9782843211188).


La présentation de l'ouvrage par l'éditeur, en quatrième de couverture, m'avait donné envie d'en savoir plus :
Véhicule privilégié des voyages dans le temps, le cinéma semble avoir vocation à réveiller les fantômes du passé, à leur redonner présence et vie.
L'histoire du XVIIIème siècle, les puissantes ou séduisantes mythologies des Lumières, ont exercé sur les cinéastes une fascination assez forte pour les inspirer sous toutes les latitudes et à toutes les époques. En renouant avec la sensualité, la théâtralité, la liberté de ton et de pensée du XVIIIème siècle, le cinéma se réapproprie cet héritage. Dans les films évoqués - ceux d'Eric Rohmer, d'Abdellatif Kechiche, de Milos Forman, de Sofia Coppola parmi bien d'autres - le spectateur voit, entend, respire un "air" XVIIIème siècle. Un dialogue créatif s'instaure ainsi entre le siècle des Lumières et le nôtre.

Sont ici réunis des chercheurs spécialisés dans les domaines des arts du spectacle et de l'image comme de la littérature et des créateurs qui ont fait du XVIIIème siècle un pôle majeur de leur travail : Chantal Thomas, Jérôme Prieur, Karol Beffa, Marie-Dominique Montel, Jess Franco.

A la lecture de cette présentation, je m'étais laissé aller à croire que l'ouvrage était une sorte de filmographie thématique, et je m'étais donc demandé quels étaient les films des réalisateurs cités dans la présentation que l'on retrouvait dans le livre :
Pour Éric Rohmer, j'avais pensé aux Cabinets de physique au XVIIIème siècle (mais une forumiste de la Folie m'a corrigé, en m'indiquant que le livre abordait L'Anglaise et le duc, son film sur la Révolution française). Pour Milos Forman, Amadeus et Valmont me semblaient être à peu près incontournables, et peut-être Les fantômes de Goya. Sofia Coppola ne pouvait y être que pour sa Marie-Antoinette. Quant à Abdellatif Kechiche, je pensais à L'esquive, qui tourne autour de répétitions, par des « jeunes de banlieue » (veuillez excuser ce raccourci peu délicat), d'une pièce de Marivaux.
Mais, comme je l'écrivais dans le forum de la Folie, à part Milos Forman, ce n'était pas les premiers noms qui me viennent à l'esprit en pensant à « filmer le 18e siècle ».

Il me restait donc à acheter ce livre pour en savoir plus.

Aussitôt dit, presque aussitôt fait. Et pas tout à fait aussitôt lu, car d'autres livres attendaient déjà que je m'y plonge.
Je suis finalement entré dans la lecture de ce livre. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas une filmographie, pas une collection de critiques de tel ou tel film, mais le regroupement de travaux universitaires tournant autour de la façon dont le cinéma a représenté le XVIIIe siècle. C'est donc largement moins facile à aborder qu'un livre thématique-filmographique du genre "Le film noir" ou "Le western". Comme je n'ai pas une culture cinéphile aussi développée que les auteurs, et que je n'ai pas non plus une formation dans les métiers de l'image, je dois reconnaître qu'il y a des moments où je me sens un peu largué (je me dis aussi qu'il y a des effets de langage des auteurs qui confinent au verbiage, mais c'est mon côté acide qui parle, là).

Bref, un livre intéressant mais qui demande à se creuser la cervelle, et à disposer d'autres ouvrages pour comprendre soit des références, soit les notions mêmes employées dans certains chapitres. Il me faudra donc aller fouiller ailleurs, apprendre d'autres choses, et revenir vers ce livre-ci pour en profiter plus amplement que dans cette première lecture.

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