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dimanche 4 janvier 2015

Casanova en grands voyages

Un bateleur de foire pourrait en crier les dimensions hors normes : 48cm de haut par 33cm de large, près de 3kg sur la balance !
Mon retour dans les salons de Monsieur de C., après une si longue absence épistolaire, se devait d’être à la (dé)mesure de Casanova. Et il devait aussi être un clin d’œil au thème du voyage. Le livre en très grand format Les voyages de Casanova (Citadelles & Mazenod, 2014, EAN 9782850886256 ; fiche sur le site de l’éditeur) ravira les amateurs de beaux livres et plaira à ceux qui, même s’ils connaissent déjà bien la vie du célèbre Vénitien, aime à découvrir des ouvrages exploitant cet univers si riche.



Ici, pas de surprise sur les textes extraits d’Histoire de ma vie, la somme (plus ou moins) autobiographique de Casanova, dans l’édition passionnante établie par Francis Lacassin (Ed. Robert Laffont, collection Bouquins, 1993), dont j’ai déjà eu l’occasion du dire du bien. Les autres textes, de la plume de Marco Carminati, historien de l’art – qui aussi écrit, par ailleurs, sur Piero della Francesca –, apportent quelques perspectives complémentaires.

Casanova a parcouru la grande Europe avec, comme principaux bagages, son esprit éclairé, son bagout bien d’aplomb, son charme sur les femmes comme sur les hommes, son élégance jusque dans la tricherie, sa capacité à retomber sur ses pattes comme les chats.
Ce beau livre évoque les voyages de Casanova au travers de textes touchant à des villes (Venise, Vienne, Paris, Londres, Berlin, Moscou, Madrid), des grandes plumes (Jean-Jacques Rousseau, Voltaire) et des despotes plus ou moins éclairés (Frédéric II de Prusse, Catherine II de Russie), des amours pas toujours faciles (Ester), et des épisodes peu glorieux dont il fera des moments de gloire (son incarcération puis évasion de la prison des Plombs, ou encore le duel au pistolet contre le comte Braniski).

Quant aux illustrations, elles mêlent, de façon assez originale, des images très différentes : des photographies en noir et blanc des villes évoquées, remontant aux années 1870 à 1930 ; quelques tableaux de peintres contemporains de Casanova, dont celui de Jean-François de Troy en couverture, La déclaration d’amour (1724) ; et des aquarelles d’Auguste Leroux, qui illustraient l’édition d’Histoire de ma vie de Javal et Bourdeaux (1932).



Même s’il n’a rien de révolutionnaire ou de renversant dans la production autour de Casanova, c’est un ouvrage qui saura faire plaisir aux amateurs de beaux livres et aux passionnés de Casanova.


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 Défi. Ce billet répond au défi suivant :






vendredi 19 octobre 2012

Histoire de mille vies

« Histoire de ma vie »...
Quoi de plus simple et de plus ambitieux à la fois, pour donner un titre à des mémoires ? C’est le choix que fait Jacques Casanova de Seingalt, lorsqu’au crépuscule de sa vie, il couche sur le papier ce récit de ses années d’homme-kaléidoscope : aventurier, séducteur, polémiste, kabbaliste, ou encore organisateur de loterie. Réduire Casanova à l’image réductrice d’homme à femmes qui colle à son habit, c’est oublier, voire dénigrer, toutes les autres facettes de ce personnage si représentatif d’une partie de son siècle.



Avec cette Histoire de ma vie, nous sommes bien loin des pathétiques autobiographies et auto-fictions (un genre proche de l’onanisme) dont essaient de nous abreuver certains auteurs d’aujourd’hui : journalistes qui pensent que, parce qu’ils mangent les miettes à la table des présidents, rêvent que leurs scribouillages sont dignes des Mémoires de Saint-Simon ; éditrices qui jettent leur vie sexuelle sur la place en pensant que cela va passionner les foules ; post-ados au QI de bulot et sans talent artistique propulsés au sommet des ventes de disques et qui publient, alors qu’ils n’ont pas vingt ans, des feuilles d’un vide sidéral écrites sous leur nom par un pisse-copie à solde ; ou même un ancien chef de l’État, qui aurait dû raccrocher la plume à jamais, et qui s’invente – pour se donner des frissons ? – une romance pimentée avec une princesse morte (enfin, avant sa mort à elle, bien sûr ; je n’accuse pas l’ex-président de nécrophilie), piètre auteur pour lequel une Académie, qui vaut quand même mieux que ça, s’est ridiculisée en l’accueillant sous sa coupole.

Au contraire, s’embarquer dans la lecture des mémoires de Giacomo Casanova, c’est le suivre dans ses aventures, ses voyages, ses rencontres. Joueur, soldat, violoniste de théâtre, auteur dramatique, secrétaire d’ambassade, voilà bien des visages, souvent méconnus, de Casanova. C’est plonger dans une langue riche, roulante, un français teinté d’italianismes qui lui donnent encore plus de charme.



Casanova n’écrit pas sa biographie, il n’écrit pas sa vie, mais une histoire de sa vie. Peut-être est-ce la vie qu’il a eue, et peut-être pas. Peut-être un peu de la vie qu’il a eue et un peu de la vie qu’il aurait aimé avoir. Ou peut-être un peu de la vie de la manière dont il se souvient – ou croit se souvenir – l’avoir vécue. Il raconte ses hauts et ses bas, ses réussites et ses échecs, ses conquêtes sensuelles et ses déceptions amoureuses. Lui, le fils de comédiens, ne veut pas rester mêlé aux pouilleux, mais il sait que si les grands l’acceptent parfois à sa table, quand il arrive à profiter de leur crédulité ou de leur générosité, il ne sera jamais l’un d’eux.



Casanova n’est pas un révolutionnaire. Il est un homme de son temps, de cet « Ancien régime » qu’il verra s’effondrer, de loin, en France, au moment où il entame la rédaction de son Histoire de ma vie. C’est parce qu’il peut vivre au crochet de plus riches, de plus nobles, qu’il peut porter de la soie aujourd’hui, alors qu’il portait de l’étoffe grossière hier. Mais il sait que demain, il sera peut-être obligé de fuir, démasqué, poursuivi. Mais, ce qui lui importe, c’est que son étoile soit pleinement brillante aujourd’hui, même si c’est pour une courte durée ; il sait que viendra un autre moment où son éclat sera à nouveau souriant. Il est voyageur par choix et par force, au gré de ses projets et de ses fuites.


Individualiste, il ne se bat pas pour la liberté d’un peuple dans lequel il ne se reconnaît pas, dans lequel il ne veut pas, il ne veut plus être. Mais il n’est pourtant pas égoïste, partageant les plaisirs plutôt que les prenant pour lui seul, que ce soit à table ou dans les boudoirs. Rien à voir, donc, avec les séducteurs-prédateurs comme un Valmont ou un Don Giovanni.
Péripéties voluptueuses ou cruelles, toujours en mouvement, Casanova se met en scène. Et quelle scène : une grande partie de l’Europe !, et avec quels autres acteurs : des comédiennes de théâtres au prince de Ligne, de la marquise d’Urfé, férue d’ésotérisme, à Lorenzo da Ponte, librettiste de Mozart.


L’Histoire de ma vie, c’est l’Odyssée au XVIIIe siècle. Deux aventuriers qui parcourent « leur » monde en utilisant la ruse plutôt que la force, charmant ici, bernant là, poussant leur propre bonne fortune sans attendre que les autres la leur offrent. Ne perdez pas votre temps à vous demander ce qui est vrai ou inventé ; laissez-vous emporter par les mots et les rebondissements, pour plus de mille pages.



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Les éditions des mémoires de Casanova ne manquent pas. En première approche, quelques informations sur les différentes éditions des Mémoires sont présentées dans la page qui leur est consacrée sur Wikipedia.



Pour les découvrir en détail, en intégralité, sous sa propre plume, sans se ruiner, tout en profitant du regard critique de spécialistes du personnage et de son temps, une seule édition est à retenir : celle, basée sur le manuscrit original intégral et complétée de textes inédits, parue en coffret de 3 tomes (éditions Robert Laffont, collection Bouquins, 1993, ISBN 2-221-06520-4). De la préface écrite par Francis Lacassin, je retiendrai surtout ces mots-ci : « Pour les mortels, la vie est un combat, pour les poètes, un voyage ; pour le Vénitien Giacomo Casanova – autoproclamé chevalier de Seingalt – elle est encore un festin où il trouve toujours sa place, un jeu ininterrompu, prétexte à un éternel défi. »



Mais, cette édition « Laffont-Bouquins », aussi fidèle et riche soit-elle, reste sous la forme de livres un peu quelconques, en papier bible et couverture souple. Alors, le casanovaphile ou l’amateur de beaux livres – qui peut, d’ailleurs, être l’un et l’autre à la fois – peut aussi mettre la main sur des éditions moins complètes, voire réécrites par rapport à l’original par des éditeurs peu scrupuleux, pour le plaisir de disposer d’une édition bien illustrée.

Ainsi, l’édition dite « de la Sirène », en douze tomes, publiée de 1924 à 1935, aux éditions de la Sirène, avec ses couvertures en cuir fin, ses illustrations en pleine page sous serpentes, ses gravures hors-texte et dans le texte, ses notes abondantes.
Ainsi, aussi, l’édition de Javal & Bourdeaux (1931-1932), remarquablement illustrée par environ 200 aquarelles du peintre français Auguste Leroux, dont une partie est trouvable sous forme de reproductions.



Ainsi l’édition d’extraits de ces Mémoires (éditions Gibert Jeune, 1950) en deux volumes, illustrée de 32 hors-texte, de nombreux in-texte, par Brunelleschi, édition tirée sur vélin de Condat et en tirage limité à trois mille exemplaires, tous numérotés. On peut regretter que les illustrations aient, dans leur très grande majorité, un penchant vers la grivoiserie (sans pour autant que cela tombe dans la vulgarité ou la pornographie). Mais force est de reconnaître que le trait et les mises en couleurs de Brunelleschi sont empreints de finesse et de délicatesse. C’est donc, là, une édition très plaisante.



Par ailleurs, certains extraits de l’Histoire de ma vie ont fait l’objet d’éditions très particulières.

L’ouvrage de Didier Kihli-Sagola, La comédie médicale de Giacomo Casanova (édition Thélès, 2005, ISBN 2-84776-420-8 ; fiche de l’ouvrage sur le site de l’éditeur) n’est pas simplement une compilation des extraits des mémoires de Casanova ayant trait à la médecine, aux maladies et aux remèdes. C’est une mise en perspective par rapport aux connaissances médicales et usages de l’époque, et un éclairage par rapport aux réalités cliniques et curatives. Même si vos connaissances médicales sont squelettiques, n’ayez pas peur de vous plonger dans cet ouvrage passionnant, car son auteur fait preuve d’un grand didactisme.



Quant au livre Fragments de Mémoires, de Casanova et Brody Neuenschwander (éditions Alternatives, 2005, ISBN 2-86227-432-1, fiche du livre sur le site de l’éditeur), il a été un de mes coups de cœur graphique. Il est constitué d’extraits des Mémoires de Casanova, sur les pages de gauche, et des travaux graphiques (calligraphies, collages, etc.) sur les pages de droite. Un exercice audacieux, original, qui ne laisse pas indifférent : on adore ou on déteste. Moi, j’adore !



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Défis. Ce billet répond aux défis suivants :


dimanche 26 décembre 2010

Casanova & Brunelleschi

Ma bibliothèque personnelle ne manque pas d’éditions des Mémoires de Casanova, éditions entières ou extraits, à partir des textes originaux ou de textes tronqués voire réécrits, sans pour autant que je sois un acheteur compulsif de tout ce qui sort ou est sorti en la matière. Pour le « sérieux », je m’en tiens à l’édition publiée dans la collection Bouquins chez Laffont. Mais, pour le plaisir bibliophile et casanoviste, j’achète aussi des éditions pour lesquelles j’ai un coup de cœur. 



C’est ainsi que j’ai acquis une édition d’extraits de ces Mémoires (éditions Gibert Jeune, 1950). La justification de ce tirage numéroté est ainsi rédigée (l'ai repris les mises en italiques et en capitales telles que dans le livre) :


JUSTIFICATION DU TIRAGE
_________

La présente édition
MEMOIRES DE JACQUES CASANOVA
DE SEINGALT
- Deux Volumes -
(Extraits de 1734 à 1755. - 1755 à 1772, colligés par René Groos)
est illustrée de 32 hors-texte, de nombreux in-texte, fleurons et culs
de lampe en couleurs, de BRUNELLESCHIentièrement tirée sur
velin de Condat, son tirage a été limité à trois mille exemplaires
tous numérotés.
Aux cent premiers exemplaires sont ajoutées une suite en noir des
hors-texte et les épreuves de deux planches refusées.

EXEMPLAIRE N° 2205




On peut regretter que les illustrations aient, dans leur très grande majorité, un penchant vers la grivoiserie (sans pour autant que cela tombe dans la vulgarité ou la pornographie). Mais force est de reconnaître que le trait et les mises en couleurs de Brunelleschi sont empreintes de finesse et de délicatesse. C’est donc, là, une édition très plaisante.


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mardi 23 février 2010

Milo et Wolfgang Amadeus


Dans le cadre du projet Mozart Ways, à l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de Mozart, la collaboration entre Milo Manara (dont j'ai déjà dit à quel point j'apprécie l'art pictural, à défaut de toujours apprécier ses talents de conteur), du professeur Rudolph Angermueller, secrétaire général de l'Internationale Stiftung Mozarteum de Salzbourg, et des éditions Leopoldo Bloom Editore, a donné naissance au livre Péntiti! (2005, ISBN 88-89350-00-8), autour de la trilogie de Mozart et de son librettiste Carlo da Ponte : Don Giovanni, Così fan tutte et Le nozze di Figaro.

En illustrations en couleurs ou simplement au trait, Manara fait revivre des scènes de théâtre ou de vie quotidienne, glissant parfois vers l'image licencieuse, mais sans en faire trop dans ce registre.


J'apprécie tout particulièrement l'image de Mozart composant ce que l'on peut penser être sa dernière œuvre, son Requiem qu'il n'achèvera pas. Sous le regard de l'écho du Commandeur qui s'est vengé de Don Giovanni ?



L'ouvrage n'est pas impossible à trouver, en passant par des librairies étrangères en ligne, par exemple. À moins que vous ne mettiez la main sur un exemplaire chez un bouquiniste ou auprès d'un particulier qui décide de se séparer de son exemplaire. Qui sait, vous aurez peut-être autant de chance que moi !

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  • Pour quelques détails supplémentaires, en italien, consultez cette page-là.

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mardi 5 janvier 2010

Federico, Milo et Giacomo



Milo Manara est un des dessinateurs dont le trait me ravit. Je le trouve précis, vivant. Mais j'ai deux reproches à lui faire : je n'arrive que très rarement à accrocher aux histoires qu'il raconte (une exception notable est Quatre doigts, l'homme de papier), et je trouve qu'il tombe trop souvent et facilement dans la pornographie. Non que je sois prude au point de fuir en courant quand il dessine une femme nue (ce qu'il fait remarquablement bien), mais parce que ce n'est pas le genre de récit que je préfère.

J'invite donc Milo Manara dans mes salons non pour qu'il les peuple de femmes léger et court vêtues, mais parce qu'il a invité, dans son univers artistique, ce personnage sous l'égide duquel j'ai placé mes salons : Giacomo Casanova.

Un de ses dessins au moins a été réalisé en clin d'œil à Federico Fellini et à son Il Casanova, dont j'ai déjà parlé par ici (tirage de 599 exemplaires numérotés).




Et une série de 14 dessins ont été rassemblés dans un port-folio publié en 2000 par les éditions BFB, en tirage limité à 480 exemplaires dont 30 exemplaires hors commerce.
Et si certains de ces dessins sont « galants », la majorité d'entre eux peut être mise sous tous les yeux, et font écho à divers épisodes de la vie de Casanova, comme son évasion de la prison des Plombs, son passé de « confident » du Conseil des Dix déposant ses lettres de dénonciation dans  les « bouches de lion », ou encore sa mort à Dux, loin de sa chère Venise.




J'ai pu feuilleter un exemplaire de ce port-folio, et il n'est pas impossible que j'essaie de m'en porter acquéreur.

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dimanche 6 septembre 2009

Mais combien de fois s'évadera-t-il ?


Des éditions d'Histoire de ma fuite des prisons de la république de Venise qu'on appelle les Plombs, de Casanova, ça ne manque pas sur le marché. Et j'en ai déjà quelques-unes.
 
Avais-je donc besoin d'une édition supplémentaire de ce livre que j'ai déjà lu et relu ? Besoin, non. Mais quand j'ai trouvé, chez le bouquiniste des étalages duquel je suis devenu un habitué, une version publiée aux éditions Jean de Bonnot (1986), je n'ai pas résisté.
 
Je n'avais jamais rien acheté chez cet éditeur-là, dont je vois pourtant souvent les encarts publicitaires dans des magazines. Mais en feuilletant ce volume-ici, je me suis vite trouvé conquis. Le format, le toucher du papier vergé et surtout les illustrations de Pieter Van der Aa à chaque page, impossible de résister. Et comme le prix était tout à fait conforme à la cote de cette édition, je ne me suis pas privé.
 


Elle rejoindra donc mes autres exemplaires dans d'autres éditions, dont un petit format publié aux éditions Allia (2007, 9-782-911-188985), que j'ai récemment acheté aussi et qui est plus pratique à bouquiner dans le train.
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dimanche 19 octobre 2008

Autoportrait d'un village


F
ouiller les bacs des bouquinistes est un exercice dont je ne me prive pas. Même quand lesdits bacs sont dans un profond désordre. Car je me dis que, devant un tel désordre, d'autres que moi, moins patients, se seront peut-être lassés avant de mettre la main sur une pièce intéressante.
C'est ainsi que, voici quelques semaines, j'ai eu la bonne fortune de mettre la main sur le livre de Christian Desplat, Village de France au XVIIIe siècle. Autoportrait (éditions Atlantica, 1997, ISBN 2-84394-006-0).

Étonnant ouvrage que celui-là. Son thème est, en effet, très particulier. Si particulier que je me demande comment un éditeur, même reconnu pour les publications d'intérêt régional, se lance dans la publication d'un tel livre, au risque de ne pas en vendre suffisamment pour rentrer dans ses frais. Mais je ne vais pas me plaindre que des éditeurs prennent ces risques. Je suis très content de pouvoir trouver des ouvrages de ce genre, aussi « pointus » soient-ils.
Ce livre de Christian Desplat met en lumière des « compoix », le nom donné dans le sud de la France aux ancêtres des cadastres. Ici, il s'agit de ceux de Sadournin en Astarac et de la baronnie d'Esparros, dans les Baronnies des Pyrénées (aujourd'hui dans les Hautes-Pyrénées). S'ils ont un caractère exceptionnel, c'est parce que le prud'homme ordonnateur et rédacteur qui les a établis, Arnaud Marin d'Espouey, les a très abondamment illustrés. Christina Desplat a retenu ce qui couvre la période 1772-1773, à quelques années des grands soubresauts qui vont bouleverser la France. L'historien nous aide à comprendre la vie de ces contrées, la vie individuelle et la vie collective, les labeurs et les fêtes.

Un extraordinaire témoignage de première main, de l'intérieur, accompagné par l'analyse d'un historien spécialiste des mentalités et cultures traditionnelles, notamment pyrénéennes.

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vendredi 17 octobre 2008

La Bête dans tous ses états


S
'il y a bien un domaine dans lequel je ne pensais pas croiser Eric Mazel, membre du groupe de rap IAM sous le pseudonyme de Kheops, c'était bien celui de la Bête du Gévaudan. Et voici que je l'ai découvert amateur du sujet et grand collectionneur d'objets qui y sont liés.

Quand je dis que je l'ai ainsi découvert, je ne prétends pas qu'il m'a glissé cela à l'oreille lors d'une conversation en tête à tête. Ma découverte, vous pouvez la faire vous aussi, grâce à l'ouvrage qu'il a coécrit avec Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images (éditions Gaussen, 2008, ISBN 978-2-356-98003-8).

Ce livre est tout bonnement passionnant. Il ne cherche pas à livrer un solution au mystère de la Bête. Sur ce plan-là, l'ouvrage a choisi de ne pas choisir, de ne pas défendre une thèse plutôt qu'une autre, et de les présenter toutes, dans leur diversité. Mais l'intérêt premier du livre ne se trouve pas là ; il se trouve dans l'exploration de l'abondante production que la Bête a suscité au cours de ces deux siècles et de mi qui nous sépare de ses exactions.

Des gazettes de l'époque aux enseignes des agences de voyage d'aujourd'hui, des cartes postales aux images à collectionner, des couvertures de revues mystico-fumeuses aux bandes dessinées, la Bête a fait fulgurer les imaginations, a nourri les plumes et les crayons.
Le panorama qu'en dresse cet ouvrage est le reflet de ce foisonnement. Béotien ou initié de la Bête, chacun pourra y trouver son content.


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Merci au "Sgt Perry" qui, en d'autres lieux, avait attiré l'attention de forumistes, dont la mienne, sur cet ouvrage.

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lundi 1 septembre 2008

Lumières des lignes et formes


E
n feuilletant, il y a quelques semaines, le catalogue des éditions Parenthèses, surtout centrées sur l'art, l'architecture, la musique, la photographie et les sciences humaines, j'ai été attiré par la mention du livre d'Antoine Picon, Architectes et ingénieurs au siècle des Lumières (éditions Parenthèses, ISBN 978-2863640494).

Je ne l'ai pas eu entre les mains, et n'ai donc pas pu m'en faire une idée précise.
Et les quelques lignes publiées sur le site de France Culture à l'occasion d'une émission de 2006 sur les Lumières ne m'éclairent pas beaucoup :
« Le XVIIIe siècle est pour l'architecture une époque de transition, avec l'apparition d'une nouvelle division du travail entre architectes et ingénieurs. L'architecture classique et la rationalité scientitifique et technique se confrontent : plaisir de l'œil, tension entre invention et rigueur, fidélité au passé et urgence du renouvellement. »

Alors, si vous connaissez ce livre, n'hésitez pas à faire part de vos commentaires.

A votre bon cœur, Mesdames et Messieurs !

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Le XVIIIe au quai Branly


J
e n'ai pas encore eu l'occasion de visiter le musée du quai Branly. Mais je suis bien impatient de m'y rendre.

En attendant d'en franchir les portes et de m'y laisser porter au gré de ma curiosité, j'attise mon impatience déjà grande en feuilletant le catalogue de ses publications.

J'y ai repéré le catalogue d'une exposition très originale, catalogue que je me suis empressé de commander (Jardin d'Amour, Yinka Shonibare, coédition musée du quai Branly Flammarion,, 2007, ISN 978-2-915133-35-6 / 978-2-080116-22-2) à défaut d'avoir pu visiter l'exposition qui s'est déroulée du 2 avril au 8 juillet 2007.

Le jardin d'amour de Yinka Shonibare est découvrir à plusieurs niveaux, celui de la création artistique, bien sûr, mais aussi celui de la rencontre des cultures, celui du choc des histoires, celui de la satire, et peut-être d'autres encore.

Le XVIIIe siècle français, celui de Fragonard, revisité par un artiste nigérian. Un régime où les nantis se pavanent dans la frivolité, mis en scène avec des mannequins sans tête préfigurant les décapitations révolutionnaires, les soies et velours dix-huitièmistes représentées par les tissus « wax » qui nous semblent typiquement africains (ce sont les tissus des « boubous ») mais qui ont des origines indonésiennes, la richesse des Européens construite en partie sur le commerce et l'exploitation des esclaves africains, ...

Une « installation » qui est donc une interpellation.


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La présentation de cette exposition sur le site du musée.
Un regard autre que le mien, avec lequel je trouve beaucoup de convergences, sur cette page-là.


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samedi 26 avril 2008

Leroux au service de Casanova


I
l m'est difficile de cacher ma curiosité pour les diverses éditions de l'Histoire de ma vie, de Giacomo Casanova. Avec celle publiée aux éditions Robert Laffont, collection Bouquins, j'ai trouvé la plus fidèle au texte original, et la plus complète grâce aux textes introductif, aux notes, etc.

Mais, tout aussi fidèle et riche soit-elle, cette édition reste sous la forme de livres un peu quelconques, en papier bible et couverture souple. Des éditions plus anciennes, certes incomplètes, voire trahies, m'intéressent également, pour leur forme. J'aime les reliures en cuir, les livres illustrés de gravures ou de dessins.

En fouinant sur le net à la recherche d'autres éditions de ces Mémoires de Casanova, j'ai trouvé la mention de l'édition de Javal & Bourdeaux (1931-1932), remarquablement illustrée par le peintre français Auguste Leroux. Cette édition est un peu chère pour ma bourse (si un lecteur se sent l'envie de me l'offrir, il peut prendre contact avec moi !), mais une partie des illustrations est trouvable sous forme de reproductions.
Plusieurs sites de vente en ligne de posters reproduisant des tableaux en vendent (un coup de moteur de recherche avec « casanova » et « leroux » comme mots-clés vous permettra d'en trouver facilement).

Mais la source la plus riche est un site néerlandais, présentant environ 200 aquarelles tirées de cette édition de Javal & Bourdeaux.
Un vrai coffre au trésor, pour les amoureux de Casanova, de Venise et d'ailleurs, ou des arts.

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mercredi 23 avril 2008

Un mystère sur l'étagère


J
'avais signalé l'existence d'un DVD fort intéressant présentant les recherches menées pour retrouver et analyser les traces de la disparition de Lapérouse.

Dans le prolongement de l'exposition au Musée national de la Marine, j'ai craqué pour le catalogue Le mystère Lapérouse, ou le rêve inachevé d'un roi, sous la direction de l'association Salomon (édition de Cont, 2008, ISBN-13 : 978-2-35103-012-7).

Un ouvrage qui passionnera les amateurs de voyage, les naturalistes, les passionnés d'histoire et de mer, les curieux d'archéologie, les amoureux des beaux-livres.

Pourtant, comme j'ai eu l'occasion de le dire par ailleurs, je suis partagé entre des sentiments un peu antagonistes : la curiosité d'en savoir toujours un peu plus sur Lapérouse, et l'envie qu'il reste néanmoins entouré d'un peu de mystère. Finalement, je suis bien content que l'on n'ait pas retrouvé son crâne, par exemple.

J'espère que nous n'aurons pas trop de nouvelles de Monsieur de Lapérouse.

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mardi 22 avril 2008

Signé Boucher, à tort ?


En présentant le livre La France au temps des libertins, que je trouve à la fois très intéressant et visuellement superbe, j'avais écrit que « Le livre se termine sur un cahier fermé regroupant des reproductions de gravures (d'après Antoine Robel ou François Boucher, par exemple) ».

Un lecteur de mes colonnes m'a envoyé une missive électronique attirant mon attention sur le fait que ce commentaire, que j'avais basé en toute bonne foi sur les légendes des illustrations présentent dans ledit cahier, contribuait à rapporter une information erronée. Je me permets de reproduire ici une partie des échanges que j'ai eus avec lui, pour partager avec vous son regard affûté, ses arguments et ses pistes pour en savoir plus.


Découvrant votre très plaisant site et y navigant au hasard des pages, j'ai remarqué que vous parliez de l'ouvrage intitulé "La France au temps des libertins".

Voici un très bel ouvrage mais je doute fort que les tableaux érotiques figurant dans le livret scellé soient attribuables à François Boucher.

Beaucoup de commanditaires du XIXème ont fait faire des retouches sur des tableaux du XVIIIème pour leur donner ce côté égrillards qui les attiraient temps dans ce siècle dit "de la douceur de vivre".
De plus si vous comparez les dates de naissances du dauphin, du peintre, etc., vous vous apercevrez que c'est un François Boucher reconnu mais débordé par les commandes, âgé et malade (sa vue éteint) qui aurait fait ces tableaux licencieux.
Louis (1729-65), Louis XVI (1754-93), Boucher (1703-70) et la date du mariage de Louis XVI avec Marie-Antoinette (1770) ; il apparaît donc que le peintre aurait donné ces cours d'éducation sexuelle dans les dernières années de sa vie.


Le catalogue de la rétrospective de 1986 consacrée à Boucher
et les ouvrages de Georges Brunel -spécialiste reconnu- ne les citent même pas comme pouvant être du peintre.


Le catalogue auquel ce correspondant fait référence est celui de l'exposition François Boucher, 1703 - 1770. Paris, Galeries nationales du Grand palais, 18 Sept. 1986 - 5 Janv. 1987 , édité par la Réunion des musées nationaux.


Ayant cité ses mots, je lui tire mon tricorne et le remercie ici de ces précisions (et de ses compliments à l'égard de ces colonnes).

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mardi 5 février 2008

Thalassa dix-huitièmiste


C
onti. Que voilà un grand nom du dix-huitième siècle.
Notamment porté par Louis François de Bourbon, prince de Conti. Après s’être distingué dans le services des armes, notamment pendant la guerre de Succession d’Autriche, il a été un fin diplomate, embarqué dans les manœuvres du Secret du Roi aux côté du comte de Broglie.
Nom porté aussi par plusieurs navires, dont au moins quatre vaisseaux de la deuxième Compagnie des Indes orientales.

L’Edition de Conti se place donc sous l’égide d’un grand nom. Et en ouvrant une collection dénommée Grande bibliothèque Thalassa, il était impossible qu’elle publiât des livres parmi lesquels je ne trouverais pas mon content.

A ce jour, j’ai acheté quatre livres de cette collection, tous de la plume de Julia Ferloni :
- Lapérouse : Voyage autour du monde
- De Lapérouse à Dumont d'Urville : Les explorateurs français du Pacifique
- Marchands d'esclaves : De la traite à l'abolition
- Bougainville, Cook, Lapérouse : Marins des lumières dans le Pacifique





Ces ouvrages, en grand format, démontrent pleinement la double casquette de Julia Ferloni, professeur d’histoire et diplômée de l’Ecole du Louvre, car ils offrent aussi un éclairage historique sur les différents thèmes traités qu’un choix très sûr de nombreuses et belles illustrations.

Ne vous éloignez pas, je dirai bientôt quelques mots de chacun de ces livres.

dimanche 6 janvier 2008

Fragonard méconnu

Début octobre dernier, je signalais dans un billet l'ouverture de l'exposition Fragonard, les plaisirs d'un siècle, au musée Jacquemart-André à Paris.

A l'occasion de mon récent passage à la capitale, j'ai profité pour visiter ce musée pour la première fois et pour découvrir cette exposition.

Première bonne surprise, la longueur de la file d'attente était tout à fait supportable, même pour un visiteur sans billet coupe-file.

Deuxième bonne surprise, l'élégance de ce musée : autant sa façade sur le boulevard Haussmann est plutôt quelconque, autant celle sur sa cour intérieure est dégagée et agréable. Les intérieurs, eux aussi, sont très plaisants à l'oeil, comme le double escalier du jardin d'hiver.

Quant à l'exposition sur Fragonard, elle m'a conduit bien loin de l'image étriquée du Fragonard peintre de l'escarpolette. Bien évidemment, ce tableau est présent parmi les pièces rassemblées pour cette occasion mais, finalement, en se laissant porter à apprécier toutes les autres oeuvres présentées, on passe devant l'escarpolette presque sans s'en rendre compte. Certes, les pièces libertines ont leur place dans cette exposition, mais elles n'en sont qu'un des volets, à côté des oeuvres religieuses, des portraits pleins de vie, des scènes champêtres, ou encore des illustrations pleines de force pour Don Quichotte de Cervantes ou l'Orlando furioso de l'Arioste. Ce sont d'ailleurs les dessins de ces deux dernières séries qui m'ont quasiment le plus emballé parmi toutes les créations présentées.

Il vous reste encore quelques jours pour savourer cette remarquable exposition et vous rendre compte à quels points les talents de Fragonard dépassaient le petit pré libertin auquel certains s'échinent à le confiner.

Pour le cas où vous n'auriez pas la chance de hanter ces parages-là, rabattez-vous les yeux fermés – enfin, les yeux ouverts, nous nous comprenons – sur le catalogue de l'exposition : Marie-Anne Dupuy-Vachey, Fragonard, les plaisirs d'un siècle (éditions Snoeck, 2007, ISBN 978-90-5349-655-8).

mardi 4 septembre 2007

La gravure pour les gens de goûts

« Une façon de graver facile et propre pour les peintres et autres gens de goût » (Charles-Nicolas Cochin).

Voilà une façon de présenter la technique de gravure en matière noire que l'on peut trouver condescendante, ainsi sortie de son contexte, surtout pour sa référence aux « gens de goût ».

Mais, après avoir lu Ars nigra, la gravure en manière noire aux XVIIe et XVIIIe siècle (Editions Somogy, 2002, ISBN 2-85056-896-2), je 'y vois plus aucune condescendance. Cet ouvrage collectif réalisé, sous la direction de Caroline Joubert, à l'occasion de l'exposition éponyme présentée au musée des Beaux-Arts de Caen fin 2002 et début 2003, m'a permis de découvrir en détail cette technique de gravure que je méconnaissais jusque là.
Je ne vais pas détailler ici cette technique, et vous renvoie plutôt à ce site-là, qui la décrit et l'illustre en détail.

Le livre Ars nigra m'a permis de la découvrir et de l'apprécier, à la fois dans le savoir-faire technique qu'elle représente et dans des aspects plus généraux, grâce à des articles la replaçant dans son temps. Ce livre aide à comprendre aussi bien les raisons de son succès (par exemple l'extraordinaire velouté du résultat) et celles de son abandon progressif (notamment la fragilité de la plaque de cuivre ainsi gravée) au profit d'autres modes de gravure, comme l'aquatinte.

Ars nigra, l'art de la lumière dans le noir.

jeudi 9 août 2007

Crayon artiste

J'apprécie grandement les peintres qui manient la couleur, la lumière et les ombres, et les toiles abouties. Mais il m'arrive souvent de préférer les croquis, les esquisses, les dessins préparatoires aux tableaux eux-mêmes. Peut-être parce que j'y perçois plus de spontanéité, la capacité à faire naître un mouvement, une expression, en quelques coups de crayon, de plume ou de fusain.

Comment résister, dans ce cas, au livre de Pierre Rosenberg, Du dessin au tableau. Poussin, Watteau, Fragonard, David & Ingres (Flammarion, 2001, ISBN 2080106562) ?

Evidemment, un ancien directeur de Louvre qui vous invite à comprendre un tel sujet, en convoquant sous vos yeux les réalisations de tels artistes, voilà qui compose de belles fondations. Ajoutons-y des textes à la fois riches et abordables, une maquette agréable pour les yeux et une iconographie abondante, et nous tenons en main un beau et bon livre.
Pierre Rosenberg ouvre des fenêtres sur ces oeuvres, pour nous aider à les comprendre, à les apprécier. Mais il sait aussi soulever un coin du voile sur les artistes eux-mêmes, leur vie personnelle, ou encore leur façon de conserver ou au contraire d'oublier leurs propres dessins.

Avant de lire ce livre, je savais simplement que j'étais grand amateur de ces dessins. Après avoir lu et relu le livre, je crois que je commence à comprendre pourquoi.

jeudi 21 juin 2007

Paris en portfolio

J'avais éclairé de ma lanterne le livre Le Paris des Lumières, superbe invitation au voyage.

Parfois, je me demande si je finirai par craquer pour la reproduction du plan de Turgot présenté en portfolio en tirage limité...

A moins qu'une bonne âme ne se décide à me l'offrir...

Qui sait ? On peut toujours rêver, non ?

jeudi 14 juin 2007

Paris des Lumières

Il n'a pas dû vous échapper que je suis un amateur de beaux livres. Pas des livres pour décorer ma bibliothèque en les achetant au mètre, en fonction de la taille et de l'aspect de leur reliure. Mais de ces livres que l'on prend plaisir à tenir entre ses mains, à lire et relire, de ces livres qui vous font voyager sans bouger de votre fauteuil.

Celui dont je vais vous entretenir aujourd'hui nous entraîne dans Paris. La Réunion des musées nationaux avait en effet publié, voici quelque temps déjà, un livre à l'occasion de l'exposition Paris 1730 d'après le plan de Turgot : Le Paris des Lumières, d'Alfred Fierro et Jean-Yves Sarazin (ISBN 2 7118 4985 6).


Le livre aurait été bien tristounet, s'il s'était contenté de reproduire les vingt planches du plan dit « de Turgot ». (Soit dit en passant, la dernière fois que je suis allé au musée Carnavalet, à Paris, j'ai cru m'étouffer en voyant le prix auquel est vendu la reproduction grand-format de ce plan...).
Mais là, c'est à un tout autre voyage que le livre nous convie, et les reproductions des planches du plan de Turgot ne font pas tout le charme. Les autres illustrations de cette époque - tableaux, gravures, seynettes, etc. - donnent corps à ce Paris du XVIIIe siècle. Debucourt, Raguenet, Wille nous font voir, sentir, entendre la ville, ses rues, son peuple, ses jardins. Et les photographies d'aujourd'hui révèlent la permanence de certains de ces lieux.
L'immersion est d'autant plus facile que le livre est organisée de manière thématique : « Le roi, le prévôt, le peuple de Paris », « Au fil de l'eau, la Seine et ses îles » et autres « Faubourgs des deux rives ».

Osez donc le voyage immobile !

lundi 4 juin 2007

Moi, vu par moi

Qu'ils aient été peintres, sculpteurs ou graveurs, de remarquables artistes ont marqué l'histoire des arts du dix-huitième siècle. Mais il n'est pas toujours aisé de mettre un visage sur leurs noms. Fort heureusement, Philippe Renard, déjà auteur d'une superbe monographie sur Jean-Marc Nattier (éditions Monelle Hayot), a publié Portraits & autoportraits d'artistes au XVIIIe siècle (2003, éditions La Renaissance du livre, collection Références, ISBN 2-8046-8016-6). Et voilà qu'au-delà de têtes connues, si j'ose dire, comme celles de Quentin Latour ou de Fragonard, cet ouvrage nous fait découvrir un Van Loo, un Watteau, un Vernet.

A l'huile, au pastel, à la sanguine, à la pierre noire, pas moins d'une centaine de portraits et autoportraits dans cette superbe galerie.
Le livre s'ouvre sur une étude fort didactique sur « le portrait français au XVIIIe siècle », et se termine sur un dictionnaire des peintres.

Alors, pas de tergiversation : offrez-vous cette galerie, et ne la laissez pas dormir sur une étagère, mais régalez-vous de temps en temps en vous y replongeant.