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dimanche 4 janvier 2015

Casanova en grands voyages

Un bateleur de foire pourrait en crier les dimensions hors normes : 48cm de haut par 33cm de large, près de 3kg sur la balance !
Mon retour dans les salons de Monsieur de C., après une si longue absence épistolaire, se devait d’être à la (dé)mesure de Casanova. Et il devait aussi être un clin d’œil au thème du voyage. Le livre en très grand format Les voyages de Casanova (Citadelles & Mazenod, 2014, EAN 9782850886256 ; fiche sur le site de l’éditeur) ravira les amateurs de beaux livres et plaira à ceux qui, même s’ils connaissent déjà bien la vie du célèbre Vénitien, aime à découvrir des ouvrages exploitant cet univers si riche.



Ici, pas de surprise sur les textes extraits d’Histoire de ma vie, la somme (plus ou moins) autobiographique de Casanova, dans l’édition passionnante établie par Francis Lacassin (Ed. Robert Laffont, collection Bouquins, 1993), dont j’ai déjà eu l’occasion du dire du bien. Les autres textes, de la plume de Marco Carminati, historien de l’art – qui aussi écrit, par ailleurs, sur Piero della Francesca –, apportent quelques perspectives complémentaires.

Casanova a parcouru la grande Europe avec, comme principaux bagages, son esprit éclairé, son bagout bien d’aplomb, son charme sur les femmes comme sur les hommes, son élégance jusque dans la tricherie, sa capacité à retomber sur ses pattes comme les chats.
Ce beau livre évoque les voyages de Casanova au travers de textes touchant à des villes (Venise, Vienne, Paris, Londres, Berlin, Moscou, Madrid), des grandes plumes (Jean-Jacques Rousseau, Voltaire) et des despotes plus ou moins éclairés (Frédéric II de Prusse, Catherine II de Russie), des amours pas toujours faciles (Ester), et des épisodes peu glorieux dont il fera des moments de gloire (son incarcération puis évasion de la prison des Plombs, ou encore le duel au pistolet contre le comte Braniski).

Quant aux illustrations, elles mêlent, de façon assez originale, des images très différentes : des photographies en noir et blanc des villes évoquées, remontant aux années 1870 à 1930 ; quelques tableaux de peintres contemporains de Casanova, dont celui de Jean-François de Troy en couverture, La déclaration d’amour (1724) ; et des aquarelles d’Auguste Leroux, qui illustraient l’édition d’Histoire de ma vie de Javal et Bourdeaux (1932).



Même s’il n’a rien de révolutionnaire ou de renversant dans la production autour de Casanova, c’est un ouvrage qui saura faire plaisir aux amateurs de beaux livres et aux passionnés de Casanova.


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 Défi. Ce billet répond au défi suivant :






samedi 7 janvier 2012

Foi de Giacomo

L’année 2011 est désormais derrière nous, et 2012 fait ses premiers pas. Avec qui d’autre que Giacomo Casanova pouvais-je lever le rideau sur cette nouvelle année, dans ce blog dont le nom est un clin d’œil à ce célébrissime Vénitien ?

C’est donc à un ouvrage de qualité et accessible à toutes les bourses que je vais consacrer ce premier billet de 2012. Voilà bien des années que je suis fidèle à la collection Découvertes des éditions Gallimard, pour la synthèse qu’offre chaque livre qui la compose et pour l’abondante iconographie qui l’accompagne. Ce Casanova, Histoire de sa vie, de Michel Delon (2011, ISBN 978-2-07-044012-2) ne dépare pas dans cette belle collection.


La quatrième de couverture est un reflet fidèle du contenu du livre et du propos de son auteur :
Prédateur sexuel qui accumule les conquêtes ? beau parleur qui séduit les plus riches et les plus crédules ? aventurier qui passe son temps à fuir les polices et les créanciers ? Casanova n’est pas seulement ce fruit vénéneux d’une Venise décadente auquel la postérité a voulu le réduire. Vénitien, il l’est pleinement par son goût du théâtre et de l’opéra, par son sens des échanges et de la diplomatie, par sa famille avant tout, parents comédiens, frères peintres. Après avoir essayé la soutane religieuse et l’uniforme militaire, il se veut un maître des mots. Mots de poète : il traduit, compose, souffle peut-être une tirade à Mozart. Mots de savant : il argumente, polémique. Mots de mage : il prédit, révèle des secrets. Mots de politique : il propose des réformes. Mis à la retraite par l’âge et par l’histoire, il trouve enfin les mots qui l’imposent à la postérité. Ce sera l’Histoire de ma vie, qui fait de lui un écrivain français majeur, et, selon Michel Delon, une figure de proue de l’Europe moderne.

Quant au communiqué de presse, il éclaire, lui aussi, la richesse du personnage :
Synonyme de séducteur ou d’aventurier, Casanova est avant tout un artiste, qui s’est voué aux mots. Il manie les langues : le vénitien et l’italien, le latin et le grec, puis le français, l’espagnol et possède même quelques rudiments de langues lointaines et mystérieuses pour abuser les badauds. Il est homme de théâtre, directeur de troupe, mais aussi magicien, joueur, alchimiste, savant parfois, bibliothécaire pour finir. Il raconte sa vie comme nul autre, puis finit par l’écrire. À travers les milliers de pages de l’Histoire de ma vie, réinvention de soi, « autofiction », roman des plaisirs et des rêves d’un Vénitien à la chasse au bonheur, Casanova entraîne le lecteur à travers l’Europe du XVIIIe siècle. Celle des cours aristocratiques et des arrière-cours populaires, dans un monde où le jeu est plus important que le travail, la séduction que la famille, le bagout que le savoir. Prisonnier ni du passé ni de l’avenir, il est épris du présent et donne une superbe leçon de vie.
Un nouveau chapitre de l’histoire du casanovisme s’est ouvert fin 2010 avec l’achat par la Bibliothèque nationale de France d’un ensemble exceptionnel de manuscrits resté deux siècles dans les coffres de l’éditeur Brockhaus, en Allemagne. Une édition critique devient possible - elle est confiée à La Pléiade - , qui fera mieux comprendre l’aventurier, sans pourtant jamais épuiser les ressources romanesques de son existence. Sa vie s’est déroulée entre réalité et invention, sa postérité s’est étendue entre un texte, toujours mieux connu, et un mythe, toujours déplacé, toujours renouvelé.

Michel Delon nous entraîne loin des clichés réducteurs, et ouvre le regard des lecteurs sur ce personnage aux multiples facettes, en cinq chapitres intitulés « Un Vénitien en Europe », « Théâtres », « Libertinages », « Savoirs » et « Mémoires ».
Fidèles connaisseurs de Casanova ou simples curieux, les lecteurs de cet ouvrage ne pourront sortir que ravis de cette « Découverte » dont nous régale Michel Delon et les éditions Gallimard.


lundi 29 août 2011

C’est Vivaldi qu’on assassine


Antonio Vivaldi est mort à Vienne en 1741, dans un grand dénuement. Mais il a également été assassiné en 2006, et le coupable est connu : Jean-Louis Guillermou. Est-ce là un pseudonyme, un nom d’emprunt pris par ce criminel pour ne pas que la honte de son forfait rejaillisse sur sa famille et ses amis ? Je ne crois pas. Non, ce Guillermou est probablement un criminel qui s’assume. Ainsi, c’est de ce même nom qu’il avait signé l’assassinat de Jean-Sébastien Bach en 2003. Faut-il croire qu’il déteste à ce point-là les grands compositeurs qu’il a décidé de se lancer dans le massacre posthume ?



Son Antonio Vivaldi est un désastre cinématographique. Même son sous-titre – Un prince à Venise – est à pleurer. Ce film est à peu près aussi emballant que la mise en image d’une notice de dictionnaire sur Vivaldi. Aucun intérêt narratif, aucun rythme, une réalisation à pleurer sur le plan technique et esthétique, un jeu d’acteurs inexistant. Mais, bon sang, personne, parmi l’équipe du film ou les producteurs, ne s’est rendu compte que c’était mauvais à ce point ? Et le public du Festival international de Besançon était-il sourd et aveugle au point d’attribuer à ce film le « grand prix du public » ? Mince, si ce Vivaldi méritait le grand prix, les autres films en compétition devaient être des catastrophes encore pire.

Même si vous trouvez le DVD de ce film pour 3 sous, ne l’achetez pas. Ou alors juste pour avoir, dans votre dvdthèque, un des étalons du zéro du cinéma, tous genres confondus. Au lieu de céder à ma curiosité quand j’ai vu ce film proposé à petit prix, j’aurais dû rentrer chez moi et consulter quelques critiques sur le net. En lisant celle publiée sur le site de Muse baroque (le magazine de la musique baroque) sous la signature de Viet-Linh Nguyen ou celle de Dr Devo sur le site Matière focale, j’aurais immédiatement compris quel raté abyssal est ce film.
La curiosité est un vilain défaut, et ma curiosité m’a infligé, avec cet Antonio Vivaldi, un de mes pires voyages cinématographiques (à égalité, je pense, avec Blanche, de Bernie Bonvoisin... c’est dire!).

Amateurs de cinéma, amateurs du XVIIIe siècle, amateurs de Vivaldi, passez votre chemin. Ou ne venez pas vous plaindre que je ne vous avais pas prévenus.

lundi 10 janvier 2011

Masques et ombres

 
Il n’y a pas d’âge pour se lancer à l’aventure dans les rues de la Venise du Settecento, et avec L’Arlequin de Venise, d’Odile Weulersse (édition Hachette Livre, Le livre de poche Jeunesse, 1994, ISBN 2-01-019896.4), tant les personnages principaux du roman que ses lecteurs n’attendent pas le nombre des années pour être confrontés aux lumières et aux ombres de la Sérénissime.



Tonina, la fille du sénateur Zolio, est une de ces héroïnes comme on en trouve dans nombre de romans historiques pour un lectorat jeune ou adolescent : elle est, certes, une jeune fille de ce temps qui sert de décor au roman, mais elle est aussi aussi une jeune fille un peu anachronique, animée de l’esprit de notre temps.
Faut-il pour autant bouder un tel roman ? Point du tout.
D’abord parce qu’il peint un portrait bien vivant de Venise. Ses rues et ses places, ses canaux, ses marchés et ses palazzi, son peuple bigarré, ses patriciens qui tiennent le pouvoir entre leurs mains, les fortunes qui se font (parfois) et se défont (souvent) dans les casini, ses contrebandiers qui trafiquent les marchandises trop réglementées, à leurs yeux, par la Sérénissime, ses chevaliers servants aux petits soins avec les damoiselles, ses prisons où la justice arbitraire envoie croupir même des innocents, etc.
Ensuite parce que cette jeune héroïne permet aux lecteurs adolescents de s’en sentir facilement proches. Les relations de Tonina avec son père veuf, avec son frère, avec son chevalier servant, avec le jeuen noble de Terre ferme qui voudrait la courtiser, bref, sa façon de trouver sa place entre le monde des enfants et celui des adultes, et de bâtir sa propre indépendance, autant de sujets qui peuvent se prêter à la réflexion des jeunes lecteurs.
Et comme l’identification avec les personnages est, semble-t-il, un moyen de rendre la lecture attrayante, je ne vais certainement pas me plaindre qu’un roman « pour la jeunesse » ouvre à ses lecteurs les portes de la Venise du Settecento.

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dimanche 13 septembre 2009

Intrigues vénitiennes


Tant qu'à prendre un pseudonyme pour écrire un roman policier vénitien, pourquoi ne pas prendre le nom d'une grande famille de la Sérénissime ? Les Loredan ont donné trois doges à la ville, dont un au Settecento : Francesco Loredan fut le cent seizième doge, de mars 1752 à mai 1762 (il était donc doge quand Casanova fut enfermé dans la prison des Plombs et s'en évada).

Le Loredan qui nous préoccupe aujourd'hui n'est pas doge, mais auteur. Et s'il n'est pas vénitien de naissance (enfin, je ne le pense pas), il semble l'être de cœur. Et amateur du dix-huitième siècle. Il s'agit du Loredan dont j'avais signalé, voici déjà quelques semaines, qu'il m'avait fait le plaisir de m'offrir un exemplaire d'un de ses romans.



Voici venu le temps que je lui rendre la politesse, non en lui offrant l'un de mes romans (il me reste encore à écrire le premier !), mais en vous disant ce que j'ai pensé de sa Nuit de San Marco (Fayard, 2009, ISBN 978-2213643441).
Je n'avais pas fait connaissance avec son héroïne, Leonora, dans le roman Leonora, agent du doge, premier volume de cette série des Mystères de Venise. Fort heureusement, la lecture du premier roman n'est pas un passage obligé avant de lire le deuxième, même si lire l'un puis l'autre apporte certainement de la profondeur aux personnages.

J'ai donc chaussé mes souliers à boucle d'argent et coiffé mon tricorne, pour parcourir Venise en suivant les mots de Loredan et les aventures de Leonora. Esprit libre et fonceuse, la demoiselle joue autant de son indépendance que de la situation sociale de son père pour jouer des coudes dans ce monde à la fois compassé et libertin qu'est Venise. Et elle va avoir besoin de toutes ses ressources personnelles et familiales, et de l'aide de quelques autres personnes à la moralité plus ou moins bien établie pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'affaire qu'on lui a demandé de résoudre.
Un membre du Grand Conseil poignardé en pleine séance de cette illustre assemblée sans qu'aucun de ses collègues présents n'ait rien vu, voilà qui n'est pas commun.
D'ailleurs, rien n'est commun dans cette affaire. Ni les personnages impliqués, illustres ou inconnus, que croise Leonora, ni les lieux, lumineux ou sombres, dans lesquels Leonora fouine. Et Loredan sait faire vivre ces personnages, ces lieux, dans leur variété, dans leur richesse, dans leurs contrastes. Sous sa plume, Venise elle-même devient un personnage de l'aventure.

Je n'ai pas lâché de livre, de sa première à sa dernière page, porté par le style et le rythme, et si le dénouement m'a amené à me demander « n'est-ce pas un peu trop, là ? », j'ai pris grand plaisir à la lecture de ce roman. Il me reste désormais à lire le précédent... et à attendre les suivants !

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dimanche 6 septembre 2009

Mais combien de fois s'évadera-t-il ?


Des éditions d'Histoire de ma fuite des prisons de la république de Venise qu'on appelle les Plombs, de Casanova, ça ne manque pas sur le marché. Et j'en ai déjà quelques-unes.
 
Avais-je donc besoin d'une édition supplémentaire de ce livre que j'ai déjà lu et relu ? Besoin, non. Mais quand j'ai trouvé, chez le bouquiniste des étalages duquel je suis devenu un habitué, une version publiée aux éditions Jean de Bonnot (1986), je n'ai pas résisté.
 
Je n'avais jamais rien acheté chez cet éditeur-là, dont je vois pourtant souvent les encarts publicitaires dans des magazines. Mais en feuilletant ce volume-ici, je me suis vite trouvé conquis. Le format, le toucher du papier vergé et surtout les illustrations de Pieter Van der Aa à chaque page, impossible de résister. Et comme le prix était tout à fait conforme à la cote de cette édition, je ne me suis pas privé.
 


Elle rejoindra donc mes autres exemplaires dans d'autres éditions, dont un petit format publié aux éditions Allia (2007, 9-782-911-188985), que j'ai récemment acheté aussi et qui est plus pratique à bouquiner dans le train.
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mercredi 22 juillet 2009

Saluons la générosité


Même quand le monde autour de vous semble se replier dans l'individualisme, la course au profit personnel, ou la mesquinerie, il y a toujours de bonne surprises qui vous consolident dans votre confiance en la générosité qui peut surgir sans crier gare.

Voici quelques semaines, j'ai reçu un courrier électronique plutôt surprenant : un auteur de romans ancrés dans la Venise du Settecento, tombé dans les salons de Monsieur de C. en cherchant des informations sur Casanova, avait été si content de cette découverte qu'il voulait m'envoyer un exemplaire de son dernier opus.

Me départissant de la paranoïa qui m'étreint généralement quant un inconnu croisé sur le net me demande directement qui je suis et où j'habite, j'ai accepté de me dévoiler. Et, plus tard qu'avant hier, j'ai reçu par courrier postal un exemplaire (dédicacé, qui plus est !) de La nuit de San Marco, roman policier signé du pseudonyme de Loredan (éditions Fayard, 2009, 978-2213643441).

Je viens d'en entamer la lecture, et les premiers chapitres sont fort plaisants. D'ici peu de temps, je reviendrai donc ici prendre la plume pour vous en dire plus sur ce roman. Comme j'en avais prévenu le généreux auteur en acceptant son offre, une telle générosité ne saurait transformer un éventuel coup de gueule en coup de cœur ; c'est donc en toute sincérité que je rédigerai mon billet.

Mais, en attendant, je tire mon tricorne au généreux Loredan !

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mardi 25 novembre 2008

Casanova, Fellini et Arte


V
ous ne l'avez pas encore vu ?

Vous l'avez raté le 24 novembre dernier ?

Il vous reste une chance de le voir : Arte difuse à nouveau le Casanova de Fellini le jeudi 27 novembre 2008 à 00h10 et le vendredi 5 décembre à 14h55.




N'hésitez pas à en lire la critique publiée sur cette page-là.

En attendant mon billet, que je vous promets de si longue date...

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lundi 13 octobre 2008

Encore Casanova, déjà les Anglais


A
lors que mon précédent billet traitait d'une récente biographie de Casanova écrite par un Anglais, ce billet-ci fait un petit bond en arrière dans le temps, mais encore outre-Manche, lui aussi, et encore sur Casanova.

J'ai récemment reçu le DVD de la mini-série télévisée Casanova (2005), réalisée pour le compte de la BBC par Sheree Folkson, sur un scénario écrit par Russell T. Davies (qui a prêté sa plume à diverses séries comme Torchwood ou Doctor Who).

Cette série comprend 3 épisodes de 45 minutes chacun, et le rôle de Casanova y est tenu par David Tennant, qui a été acteur dans la série Doctor Who citée ci-dessus. Pourquoi fais-je ainsi doublement référence à cette série Doctor Who ? Tout simplement parce qu'elle est aux antipodes de ce vers quoi mes goûts me poussent. Vous comprendrez donc, je l'espère, que si je dis du bien de cette série Casanova, ce ne sera pas par copinage avec l'équipe du Doctor Who.

Car du bien, je vais en dire de ce Casanova-là. J'en ai apprécié l'écriture fine et grinçante, parfois irrévérencieuse, le ton qui passe de la comédie au drame, le jeu des acteurs de premier et second plan (mention spéciale à Peter O'Toole en « vieux » Casanova, bibliothécaire irascible et pourtant attachant).
Un petit bémol sur la musique, parfois un brin intrusive.

Mais, dans l'ensemble, un divertissement de grande qualité. Chaudement recommandé à tous les casanovaphiles et, plus largement, à tous les amateurs de fiction de qualité.

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Je ne vais pas trop m'étendre, une nouvelle fois, sur ce point-là, mais ce Casanova est l'exemple même de fiction de qualité que j'aimerais beaucoup voir produite par des télévisions françaises. Je ne pense pas que nous soyons, en France, condamnés par quelque malédiction insurmontable, à ne produire que des soupes sans saveur. Mais, quand je vois ce que nos télés nous offrent, je me demande de quoi elles souffrent, si ce n'est pas d'une malédiction. L'incapacité à l'audace, peut-être ?

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dimanche 17 août 2008

Casanova en bulles satiriques


J
e ne connaissais pas le magazine de BD italien Linus avant de tomber sur un article de blog faisant référence à 16 planches que le dessinateur Atlan y a publié, en août 1976, et mettant en scène Casanova.
Le billet de ce blog en donne quelques extraits, dans le trait desquels le mordant du satiriste Altan est bien présent.



Je serais bien intéressé de trouver et lire l'intégralité de ces pages casanoviennes.

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Venise settecentiste pour les jeunes... et les autres


Toujours à l'affût de livres permettant de franchir facilement les portes du XVIIIème siècle, j'ai découvert l'existence d'un livre italien, manifestement destiné à « la jeunesse » (un critère qui ne m'a jamais empêché d'acheter un livre, bien au contraire), et qui vise à faire découvrir la Venise du Settecento à ses lecteurs.

La couverture ici illustrée est celle d'une édition de 1970, d'après ce que j'en ai lu, mais il en existe une édition pas trop ancienne : Elisabetta Pasqualin & Giovanni Nucci, Venezia nel Settecento (éditions Palombi Fratelli, 1998, ISBN 88-7621-108-X).

Une seule réaction de ma part : il me le faut !

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vendredi 8 août 2008

Il voulait faire durer Venise


E
n me rendant, le 3 août, au salon du livre régional de Vic-en-Bigorre (65), je m'attendais évidemment à trouver des ouvrages sur la Bigorre, le Béarn ou encore l'Armagnac.

Quelle ne fut donc pas ma surprise en tombant, parmi les auteurs présents au Salon, sur Anne Quéruel qui y présentait un ouvrage sur Andrea Tron, éminent personnage de la Venise du Settecento !
La raison de sa présence était que la société éditrice de ce livre, Loubatières, est basée en Haute-Garonne.

Très heureuse surprise, en tout cas, et à double titre : d'abord parce que la discussion que j'ai pu avoir avec Anne Quéruel a été fort sympathique, tant autour de ce personnage que sur quelques « tuyaux » sur la période à laquelle se rendre à Venise ou les endroits à ne pas y manquer ; ensuite parce que ce livre, Andrea Tron, Le maître de Venise (Nouvelles Editions Loubatières, 2008, ISBN 978-2-86266-551-1) est d'une lecture fort plaisante.
Cette biographie ne retrace pas uniquement la vie d'Andrea Tron, sa carrière diplomatique et son influence politique sur la vie de la Sérénissime, mais elle donne vie, également à Venise elle-même, dans les couloirs du palais ducal, les loges de théâtres ou les villas de la Brenta.

Dans ce portrait qu'en trace Anne Quéruel, Andrea Tron apparaît comme un personnage un peu paradoxal : nourri des enseignements des Lumières, dont il s'est imprégné dans ses années de jeunesse à La Haye ou de diplomate à Paris et Vienne, il veut sauver Venise du marasme dans lequel elle s'enfonce ; mais, s'il comprend que des changements profonds, y compris dans l'organisation politique de la cité sont nécessaires, il tient pourtant à en conserver la colonne vertébrale institutionnelle. Le voici donc pris entre ses projets de modernisation et son souhait d'une préservation d'un héritage millénaire. Complexité qui le rend d'autant plus intéressant à connaître.


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Le portrait d'Andrea Tron a ét peint par Nazario Nazari, vers 1750. Il est à la National Gallery, à Londres (voir ).

Pour aller plus loin : la fiche du livre et un extrait de l'ouvrage sur le site de l'éditeur.


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samedi 21 juin 2008

Ces murs ne sont rien


D
e quelle étrange confrérie Giacomo Casanova pourrait-il donc faire partie pour y côtoyer des repris de justice plus ou moins recommandables, plus ou moins célèbres, d'Eugène-François Vidocq à Pascal Payet, en passant par Frank Morris et Albert Spaggiari ?

La confrérie des évadés !

Et Casanova est le premier des onze personnages composant ce petit panorama de ceux qui ont su se faire la belle, panorama dressé par le Journal du Dimanche en juillet 2007. Découvrez-les avec un peu plus de détails sur le site du JDD, ce « petit » dossier y est encore accessible à la date où je publie ce billet.



Casanova nous a livré lui-même le récit de son évasion, sous le titre Histoire de ma fuite des prisons de la République de Venise qu'on appelle les Plombs, dont il existe de nombreuses éditions. En petits ou en grands caractères, choisissez la vôtre et écoutez-le vous conter cela dans le détail. Libre à vous de le croire ou pas.

Pour ma part, j'adore l'entendre me raconter des histoires. Vraies ou fausses, est-ce vraiment important, quand le conteur a du talent ?

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mercredi 21 mai 2008

Giacomo contre les Mongols


D
isques, livres, films, tarots, Casanova a inspiré bien des « produits dérivés », comme diraient les loups de la mercatique. Il a même inspiré un jeu vidéo, Casanova – Le duel de la rose noire (développement et édition Arxel Tribe, 2001).

Inspiré de loin, précisons-le d'emblée. Ce jeu propose au joueur d'incarner un Vénitien, grand séducteur et pas manchot quand il s'agit de manier l'épée, déjouant un sombre complot (est-il des complots lumineux ?) visant à livrer la Sérénissime à un non moins sombre ennemi. Un ennemi plutôt inattendu, puisqu'il ne s'agit ni plus ni moins que des Mongols, arrivés jusque là dans les navires de leur flotte...
Ah, j'en entends qui toussent. De saisissement, peut-être. Je peux comprends, j'ai toussé, moi aussi. De saisissement.

La première stupeur passée, et bien revêtu de votre costume casanovien, vous voici parti dans les rues et les palazzi de Venise, courtisant une jeune femme ici, affrontant un aristocrate en duel là. Le jeu est construit autour d'énigmes, surtout dans sa première partie, et d'affrontements à l'épée ou à l'arbalète (tiens, j'en entends encore qui toussent), surtout dans la deuxième partie.

Si le rendu visuel est plutôt saisissant – dans le sens positif du mot -, et si le jeu ne souffre pas, avec un ordinateur d'aujourd'hui, de la lenteur dont il souffrait avec une machine standard lors de sa sortie il y a plus d'une demi-douzaine d'années, ce Duel de la rose noire reste un jeu inégal, où les énigmes sont trop peu nombreuses pour donner un vrai sel à l'aventure et où les commandes peu ergonomiques, au clavier et à la souris, rendent les scènes d'action peu plaisantes.

Le jeu vidéo est un univers dont je suis très peu familier et très peu friand. Mais ma curiosité est un vilain défaut que j'assume. Ce jeu, acheté d'occasion, ne m'a coûté que quelques sequins. Ni coup de cœur, ni coup de gueule, il m'a permis d'explorer un univers casanovien étonnant.


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Si vous souhaitez en savoir plus, parcourez ces trois critiques détaillées, une en français (ici), deux en anglais (ici et ), dont j'ai pu constater que leurs auteurs partageaient mes vues sur ce jeu..


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samedi 26 avril 2008

Leroux au service de Casanova


I
l m'est difficile de cacher ma curiosité pour les diverses éditions de l'Histoire de ma vie, de Giacomo Casanova. Avec celle publiée aux éditions Robert Laffont, collection Bouquins, j'ai trouvé la plus fidèle au texte original, et la plus complète grâce aux textes introductif, aux notes, etc.

Mais, tout aussi fidèle et riche soit-elle, cette édition reste sous la forme de livres un peu quelconques, en papier bible et couverture souple. Des éditions plus anciennes, certes incomplètes, voire trahies, m'intéressent également, pour leur forme. J'aime les reliures en cuir, les livres illustrés de gravures ou de dessins.

En fouinant sur le net à la recherche d'autres éditions de ces Mémoires de Casanova, j'ai trouvé la mention de l'édition de Javal & Bourdeaux (1931-1932), remarquablement illustrée par le peintre français Auguste Leroux. Cette édition est un peu chère pour ma bourse (si un lecteur se sent l'envie de me l'offrir, il peut prendre contact avec moi !), mais une partie des illustrations est trouvable sous forme de reproductions.
Plusieurs sites de vente en ligne de posters reproduisant des tableaux en vendent (un coup de moteur de recherche avec « casanova » et « leroux » comme mots-clés vous permettra d'en trouver facilement).

Mais la source la plus riche est un site néerlandais, présentant environ 200 aquarelles tirées de cette édition de Javal & Bourdeaux.
Un vrai coffre au trésor, pour les amoureux de Casanova, de Venise et d'ailleurs, ou des arts.

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dimanche 13 avril 2008

Jouons les espions à Venise


E
ntorse, avec ce billet, avec ma ligne éditoriale qui veut d'en tenir au dix-huitième siècle. Mais petite entorse seulement, je pense, en présentant ce jeu, Intrigues à Venise.

Certes, le jeu n'est pas ancré dans la Venise du Settecento, celle de Giacomo Casanova et des denunzie segrette au Conseil des Dix. Mais il a un côté intemporel qui fait qu'on peut tout à fait s'imaginer jouer à cette période-là.
Le jeu se base sur l'affrontement entre quatre espions à Venise, à la période du Carnaval. Chaque espion doit d'abord arriver à déterminer avec quel autre espion il est censé faire équipe, puis la paire ainsi constituée doit l'emporter sur l'autre paire en accomplissant la mission qui lui est dévolue.

Intrigues à Venise, création du duo Alex Randolph et Leo Colovini (ce dernier étant vénitien, précisons-le pour l'anecdote) chez l'éditeur de jeux MB, fête ses vingt ans cette année. Après être resté indisponible pendant des années, il a retrouvé une nouvelle vie en 2001 chez un autre éditeur, Winning Games, sous le nom qu'il avait déjà à sa création, Inkognito.

Le matériel de jeu est très bien réalisé. Je me permettrai toutefois de regretter que les pions de jeu n'aient pas une apparence un peu plus "artistique" que ces silhouettes qui font passer les Playmobil pour des Verrocchio.

Si vous appréciez les jeux d'enquête comme le Cluedo, avec une touche d'esprit de collaboration, alors Intrigues à Venise est fait pour vous.


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Pour en savoir un peu plus :
- la fiche du jeu sur le site Trictrac ;
- l'avis de Bruno Faidutti, figure célèbre du monde du jeu de société ;
- un compte rendu de partie.

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samedi 12 avril 2008

Passez-moi la pince


E
n consultant divers ouvrages sur Tiepolo et sur l'histoire de l'art en général, je suis tombé à plusieurs reprises sur son tableau L'arracheur de dents (peint vers 1754).


Crédit photographique : (C) RMN - ©Droits réservés


J'apprécie ce tableau tant dans son ensemble que dans la richesse de ses détails, le charlatan dans sa splendeur démonstrative, les costumes vénitiens du quotidien et du Carnaval, le choc du rêve et de la réalité.




Cette image est présentée ici grâce à un lien vers le site de l'Agence photographique de la Réunion des musées nationaux, sans intention de porter atteindre à ses droits sur cette image. Vous en trouverez la fiche détaillée sur cette page-là.

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mardi 18 mars 2008

Suites originales


S
'il m'arrive d'avoir un peu de mal avec le graphisme de certaines cases ou planches des Suites vénitiennes de Warnauts et Raives, parfois du simple fait des choix dans la mise en couleurs, certaines illustrations en couleurs ou certains crayonnés sont nettement plus à mon goût.
Certains d'entre eux sont visibles sur le site de la galerie Daniel Maghen, une caverne d'Ali Baba pour les bédéphiles passionnés de dessins originaux.



Cette planche-ci me plaît tout particulièrement :





Elle rend particulièrement bien l'ambiance des Suites vénitiennes, avec ciel de sang et jeux de masques sur la Sérénissime.

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lundi 10 mars 2008

A la table des doges


P
eut-être qu'à l'image d'un Orazio Bagnasco ou d'un Jean-François Parot, et sans pour autant prétendre que je tire l'épée ou la plume avec le même talent qu'eux, j'apprécie que les plaisirs de la table prennent une place qui dépasse l'anecdote, dans les récits, dans la grande Histoire et la petite.
Et je vous avais invités à ouvrir deux ouvrages, deux beaux livres autour de Casanova et des arts de vivre : Casanova gourmand, et Casanova, les plaisirs de la chère.


Je ne pouvais donc que continuer dans cette voie, avec un livre qui nous régale de l'histoire et des recettes de la grande cuisine vénitienne : La table des doges, de Pino Agostini et Alvise Zorzi (éditions Casterman, 1992, ISBN 2-203-603303-8). Un grand connaisseur de la cuisine méditerranéenne, un maître de l'histoire et de la civilisation vénitienne, servis par les superbes photographies de Luca Steffenoni.

Hors d'oeuvre, entrées, poissons, viandes, desserts. Des recettes en-veux-tu en-voilà, à la fois en français et en vénitien.

A savourer avec des amis, ou en égoïste. ;-)

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lundi 25 février 2008

Poète, obscène, vénitien


P
oète, Zorzi Baffo l'était, indubitablement.

Obscène aussi, tout aussi indublitablement.

Et vénitien, bien sûr.


Une édition chez Vertige Grafic nous avait présenté certains de ses sonnets érotiques servis par les aquarelles d'Hugo Pratt, l'art délicat de celui-ci permettant aux mots de celui-là de prendre quelque hauteur.

L'édition chez L'Archange Minotaure (Collection Le rose et le noir, 2008, ISBN-13 978-2354630126), au titre sans ambage, Poèmes luxurieux de la Venise du XVIIIe, met cette fois un pinceau féminin au service des vers de Zorzi Baffo. Le pinceau de Michèle Teysseyre, que j'avais découverte dans un ouvrage bien plus « sage », Saveurs et senteurs de la Sérénissime : 80 recettes vénitiennes (éditions Clairsud, 1999, ISBN 978-2951470606), dont il faudra que je vous dise quelques mots également.

En attendant que je vous parle des plaisirs de la table vénitienne, vous pouvez découvrir le contraste entre la délicatesse d'un pinceau sans pudibonderie et la crudité des mots sans retenue.

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