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jeudi 12 mars 2015

Des couteaux pour Giacomo


Bien présomptueux serait celui qui prétendrait savoir quel style précis de couteau a eu la préférence de Giacomo Casanova. Les mentions d’un tel objet dans son Histoire de ma vie sont relativement rares. Et elles sont le plus souvent réduites à une très simple expression, comme « mon couteau ».
Je retiendrai ici quelques-unes de ces mentions, pour me laisser aller à quelques propositions, à partir de couteaux qui pourraient être « dans l’esprit casanovien ».




« Car par hasard je n’avais pas même sur moi le petit couteau que dans ma chère patrie tous les honnêtes gens sont obligés de porter pour défendre leur vie. »
Voilà donc un « petit couteau » avec lequel on pourrait « défendre sa vie ». Ces temps-là n’étaient pas encore, comme ceux d’aujourd’hui, au « couteau tactique », croisement survitaminé du couteau de poche et du couteau de combat.
Pour mon Giacomo, il me faut donc penser à un couteau assez élégant pour être celui d’un « honnête homme » amateur – comme lui – de belles choses, de taille suffisamment modeste pour qu’il soit légitime qu’il le qualifie de « petit » et, dans le même temps, assez conséquente pour être une arme et pas un simple ustensile à peler des fruits.
La « roncola veneta » ne convenait pas : elle est bien typique de la Vénétie, mais avec sa lame en serpette, c’est plutôt un outil agricole qu’un couteau pour défendre sa vie ! Je me suis donc permis d’explorer le répertoire des couteaux au-delà des frontières de la Vénétie, en particulier dans la production actuelle, artisanale voire haut de gamme, et plus particulièrement dans les catalogues des couteliers Consigli, Nino Nista, et Gian Claudio Pagani.


Modèle "Romano", coutellerie Consigli




Modèle "Romano", coutelier Nino Nista


Modèle "Balestra di Avigliano", coutelier Gian Claudio Pagani




« Tandis que celui-ci buvait avec ma garde, j’étais couvert de ma pelisse, mon couteau de chasse à la ceinture, car je n’avais plus d’épée, et deux pistolets chargés dans mes poches. »
Je me laisse aller à imaginer que Casanova n’avait pas, à la ceinture, un couteau de chasse quelconque. Mais plutôt ce que l’on appelle une dague de vénerie, à la lame longue et solide, capable de « servir » – c’est-à-dire d’achever – un gibier aussi résistant qu’un cerf ou un sanglier. Plus longue qu’un couteau de chasse sans pour autant atteindre la longueur d’une forte-épée, plus courte et plus épaisse qu’une épée de gentilhomme, la dague de vénerie avait probablement de quoi tenir en respect un malandrin. Et, si la dague au fourreau ne suffisait pas à faire réfléchir l’importun, les deux pistolets formeraient, assurément, des arguments convaincants.








« Le fils du commissaire du Canon vint me prendre, et je trouvai dans M. son père un original des plus bizarres. Les raretés de son cabinet consistaient dans la généalogie de sa famille, dans des livres de magie, reliques de saints, monnaies soi-disant antédiluviennes, dans un modèle de l’arche pris d’après nature au moment où Noé aborda dans le plus singulier de tous les ports, le mont Ararat en Arménie ; dans plusieurs médailles, dont une de Sésostris, une autre de Sémiramis, et enfin dans un vieux couteau d’une forme bizarre, tout rongé de rouille. » […] « Il déploya tous les trésors de sa burlesque érudition sur tout ce qu’il avait, finissant par son couteau rouillé, qu’il prétendit être celui avec lequel saint Pierre avait coupé l’oreille à Malek. »
L’Évangile selon Saint-Jean (Jn, 18:10), au moins dans sa traduction en français, indique que Simon-Pierre a utilisé son épée – et non un couteau – pour couper l’oreille de Malchus (que l’interlocuteur de Casanova appelle « Malek »). Mais, bon, pour un gogo, qu’importe la nature exacte de l’instrument tranchant, pourvu que la légende soit belle.
Quelle pourrait donc être, aux yeux de notre Vénitien, la « forme bizarre » (que Casanova qualifie plus loin de « baroque ») d’un tel couteau coupeur d’oreille ? Il me fallait trouver un couteau de fabrication actuelle qui, aux yeux d’un homme du XVIIIe siècle, aurait pu passer pour un couteau exotique remontant peut-être au temps de Jésus.
J’ai donc fouiné du côté des couteaux pouvant arriver des Indes orientales ou de parages similaires. Les kandjars indiens traditionnels ont retenu mon attention.




Mais, pour muser vers le côté un peu charlatanesque dans lequel Casanova aimait à nager, je me suis finalement rabattu sur l’ouvre-lettres « façon khandjar » de Sherry Cordova (http://www.sherrycordova.com/html/sterling_fine_silver_letter_opener.html). Qu’importe si cela ouvre plus de lettres que ça ne coupe d’oreilles !






Cela étant dit, un couteau d’Afrique du Nord ou du Congo aurait tout aussi bien pu faire l’affaire.





Reste à savoir comment Simon-Pierre aurait eu un tel couteau en sa possession pour couper l’oreille de Malchus…




Enfin, en clin au côté séducteur-amoureux de Casanova, un dernier couteau, de la série des « gages d’amour » (Pegni d’amore) des couteliers Consigli. Ce n’est peut-être pas vraiment vénitien, ni peut-être pas vraiment XVIIIe siècle, mais je me suis laissé aller à imaginer Casanova portant sur lui un ou plusieurs de ces « gages », en offrant un à chaque « amour de sa vie », quitte à en offrir – toujours aussi sincèrement – à son prochain « amour pour toujours ».

Modèle "Coltello dell'amore costante", coutellerie Consigli



* * * * *


lundi 9 mars 2015

Du cul, du cul, du cul !


J’ai emprunté ce slogan aux Guignols de l’info, qui le faisait proférer par la marionnette de Patrick Le Lay (qui était alors la moitié du duo cynique formé avec Etienne Mougeotte à la tête de TF1) pour souligner une des lignes directrices de la chaîne à cette période-là. Trivialité et vulgarité étaient les deux mamelles auxquelles ce duo voulait nourrir leur public.

Si je l’emprunte aujourd’hui, ce n’est pas pour proclamer que c’est le virage que je compte prendre avec mes blogs, mais pour souligner le virage pris par les administrateurs de blogger quant au contenu « pour adultes » qui sera désormais acceptable sur ces plates-formes.
Finalement, ce ne sera pas la chasse aux sorcières dont les auteurs de blogs sur Blogger avaient été menacés. Les conditions futures seront celles prévalant aujourd’hui.


Mise à jour du règlement relatif au contenu pornographique sur Blogger
La semaine dernière, nous avons annoncé un changement du règlement relatif au contenu pornographique sur Blogger. Il était question que les blogs diffusant des images sexuellement explicites ou illustrant des scènes de nu deviennent privés.
Vous avez été très nombreux à réagir à cette annonce, notamment à l'effet d'un tel changement sur les blogs de longue date, et à son impact négatif sur les internautes qui publient du contenu sexuellement explicite pour exprimer leur identité.
Nous vous remercions pour vos commentaires. Ce changement n'est donc plus à l'ordre du jour et les règlements existants restent en vigueur.

Conséquences pour les propriétaires de blogs

  • La pornographie commerciale reste interdite.
  • Si votre blog comporte du contenu pornographique ou sexuellement explicite, vous devez activer le paramètre Contenu réservé aux adultes, de manière à faire apparaître un avertissement. Si Google est informé de l'existence d'un blog dont le contenu est réservé aux adultes et pour lequel l'avertissement n'est pas activé, il intégrera une page interstitielle. Si cela se produit à plusieurs reprises, le blog pourra être supprimé.
  • S'il n'y a pas sur votre blog de contenu sexuellement explicite et que vous respectez le Règlement relatif au contenu de Blogger, vous n'avez pas à apporter de modifications à votre blog.


Ce qui me fait le plus marrer, c’est la phrase sur l’« impact négatif » qu’aurait eu le changement de règlement « sur les internautes qui publient du contenu sexuellement explicite pour exprimer leur identité. »
J’ai l’impression qu’on est passé du « si nous repérons un téton ou un buisson pubien dans vos billets, alors nous torpillerons votre blog » à « si vous avez besoin de publier du cul, du cul, du cul, pour vous construire, alors nous n’allons pas porter préjudice à votre identité ». Le coup de balancier d’un extrême à l’autre.


Comme je l’avais écrit dans mon précédent billet à ce sujet, je ne vais pas changer de « ligne éditoriale ».


Mais, tant qu’à être un peu provocateur, j’invite ici, à titre exceptionnel, le commissaire San Antonio, avec ce titre à l’élégance toute vénitienne !




mardi 24 février 2015

Contenu explicite... ou pas


Il n’est pas impossible que, dans moins d’un mois, au moins de mes blogs sur Blogger se voie frappé d’une obligation d’être rendu « privé », c’est-à-dire d’un accès limité à des personnes s’inscrivant auprès de moi.
La raison en est le « Règlement relatif au contenu réservé aux adultes sur Blogger », dont voici le texte intégral :

À compter du 23 mars 2015, vous ne pourrez plus partager publiquement d'images ni de vidéos à caractère sexuel explicite ou montrant de la nudité sur Blogger.
Remarque : La nudité restera autorisée dans le contenu présentant un intérêt important pour le public, par exemple dans un contexte artistique, éducatif, documentaire ou scientifique.
Les modifications apportées à vos blogs existants
Si vous n'avez pas publié d'images ni de vidéos à caractère sexuel explicite ou montrant de la nudité sur votre blog, vous ne remarquerez aucun changement.
Si, par contre, votre blog inclut ce type de contenu, il ne sera plus accessible qu'en mode privé à compter du 23 mars 2015. Nous ne supprimerons pas de contenu, mais seuls le propriétaire ou les administrateurs du blog et les personnes avec lesquelles le propriétaire l'a partagé ont accès au contenu privé.
Les paramètres de vos blogs existants à modifier
Si votre blog a été créé avant le 23 mars 2015 et présente du contenu qui ne respecte pas cette nouvelle règle, plusieurs options s'offrent à vous avant son entrée en vigueur :
- Supprimer de votre blog les images ou les vidéos à caractère sexuel explicite ou avec des scènes de nudité
- Rendre votre blog privé

Si vous préférez supprimer votre blog de Blogger, vous pouvez l'exporter au format XML ou archiver le texte et les images qu'il contient à l'aide de Google Takeout.
Les conséquences pour les nouveaux blogs
Pour les blogs créés après le 23 mars 2015, nous pouvons être amenés à supprimer le blog ou à prendre d'autres mesures s'il présente du contenu à caractère sexuel explicite ou montrant de la nudité, conformément à notre Règlement relatif au contenu.

Il restera donc à voir si les billets dans lesquels j’ai utilisé des images comportant de la nudité entreront dans le champ des exceptions, à savoir « le contenu présentant un intérêt important pour le public, par exemple dans un contexte artistique, éducatif, documentaire ou scientifique ».

Je ne compte pas changer la façon de faire à laquelle je me suis tenu depuis que j’ai ouvert ces blogs : je ne cherche pas à être racoleur, mais, pour autant, je ne vais pas tourner le dos à toutes les œuvres qui comportent de la nudité, que ce soit celles qui décorent les salons de Monsieur de C., ou celles que je déniche dans le sillage de Corto, et que je relaie en sifflotant un air de défi.

Je ne tournerai pas le dos aux œuvres de François Boucher.



Ni à celles de Jean-Louis Sieff.




Ni à celles d’Hugo Pratt.



Et peut-être même irais-je jusqu’à écrire un billet spécifique sur une femme nue. Lulu, par exemple.




Chacun mène les combats qu’il peut !

mercredi 31 décembre 2014

De retour d'un Grand Tour


Que dire pour expliquer ma si longue absence des salons de Monsieur de C. ? Rien de plus que quelques mots pour vous assurer qu’il n’y a eu aucune fâcherie entre ce cher Giacomo et moi. Et même si j’ai délaissé ce journal dix-huitiméiste, je n’en ai pas pour autant cessé d’explorer cet univers si foisonnant, dans ses aspects d’hier et d’aujourd’hui.

The Custom House at Boulogne, by Rowlandson, Thomas, 1790s. © Yale Center for British Art, Paul Mellon Collection


Je serai donc de retour sous peu, le temps de retirer mes guêtres et de changer de souliers, pour ne pas crotter parquet et tapis, mais les bras chargés de quelques souvenirs de voyage (par l’esprit) à partager avec vous.

* * * * *

dimanche 9 janvier 2011

Bientôt un « défi dix-huitiémiste »

 
Ces dernières semaines, j’ai continué à cogiter à mon idée un peu folle de projet de zine dix-huitiémiste, qui prend peu à peu forme dans mon esprit. J’espère pouvoir exposer, dans les semaines à venir, sous une forme structurée, les idées qui me sont venues à ce sujet.
Une idée complémentaire m’est venue, qui pourrait permettre de faire se côtoyer, dans une dynamique éclectique et moins formalisée qu’un zine, des amateurs du XVIIIe siècle très variés.

De nombreux blogueurs du net font se rencontrer leurs passions à l’occasion de « défis » amicaux. Il peut ainsi s’agir de relever le défi de publier, au cours d’une année, une critique de cinq romans policiers, chacun écrit par un auteur de l’un des cinq continents. Ou de publier une critique d’un roman historique par mois de l’année. Les exemples en sont très nombreux, et ces défis n’ont généralement aucun autre objectif qu’un joyeux « rassemblement à distance » de passionnés. Il n’y a pas d’enjeu autre que d’essayer de relever le défi ; il y a du plaisir à y arriver, et aucune honte à ne pas y arriver.

L’idée m’est donc venue de lancer un défi dix-huitiémiste, en proposant à qui le veut bien de publier, au cours de l’année 2011, des billets de blog sur des sujets variés, à condition qu’ils soient liés au XVIIIe siècle. Ce défi sera bientôt lancé, en partenariat avec le forum la Folie XVIIIe, auquel je suis attaché.

Le cadre dans lequel sera lancé le forum est en cours de finalisation, mais je peux d’ores et déjà vous en donner un aperçu presque définitif.


Un défi, kézako ?
Un défi est une dynamique par laquelle chaque participant, de son plein gré, se mesure à lui-même en essayant d’atteindre des objectifs fixés par avance. Un défi du genre de celui que nous pourrions proposer n’a généralement aucun autre objectif qu’un joyeux « rassemblement à distance » de passionnés : il n’y a pas d’enjeu autre que d’essayer de relever le défi ; il y a du plaisir à y arriver, et aucune honte à ne pas y arriver.
Ce genre de défi est ouvert à tout le monde. Les seules conditions pour y participer sont d’une part de le vouloir, et d’autre part de savoir écrire d’une manière qui rend compréhensible ce que l’on publie.

Un défi sur quoi ?
Le net littéraire est riche en défis très divers :
- certains sont très simples, consistant à écrire quelques billets autour d’un sujet particulier. En voici deux exemples : le Défi des 5 continents invite les participants à publier, au cours d’une année, au moins une critique d’un livre policier d’un auteur de chaque continent ; pour le challenge Thrillers et polars historiques, il s’agit de publier, en un an, des critiques de 4 ouvrages relevant de ce genre littéraire ;

- d’autres défis sont beaucoup plus ouverts, en ce sens que les billets peuvent porter sur des objets très divers, au sein d’une même thématique. Ainsi, les participants au défi Un an en Russie peuvent publier des articles sur le thème de la Russie, dans des perspectives très variées (présenter/critiquer un roman classique russe, de la poésie russe, un roman ou un film qui se déroule en Russie, une exposition d’œuvres d’art russes ; mettre en valeur du vocabulaire russe, etc.).


Un blog spécifique comme point d’attache
Le plus souvent, ces défis ont un blog pour point d’attache, blog administré par l’organisateur (ou les organisateurs) du défi. Le blog sert à publier les « règles » du défi, à recenser les participants et leurs publications dans le cadre du défi, voire à héberger les publications des participants qui ne disposent pas de leur propre blog.


Un défi dix-huitiémiste
L’idée de base d’un défi dix-huitièmiste est de faire se croiser, se découvrir et peut-être se mettre en relation des gens qui partagent un goût pour le dix-huitième siècle et dont ce goût peut prendre des formes très variées : des lecteurs, des cinéphiles, des peintres, des musiciens, des maquettistes, des costumiers, des touche-à-tout, etc.
Nous ne prétendons pas qu’un tel défi fera naître un réseau de gens qui se mettraient, tout à coup, à se fréquenter les uns les autres alors qu’ils ne font, au mieux, que se côtoyer de blog à blog ou au sein de forums. Mais il y aura peut-être une première étincelle.


Que pourra-t-on publier dans un défi dix-huitiémiste ?
Par comparaison avec une majorité des défis que nous avons observé sur le net, nous proposerons aux participants de publier au moins un billet de présentation (ou de critique) d’une œuvre – au sens très large - dans 5 catégories à choisir parmi une vingtaine de catégories dont la liste serait établie pour servir de cadre général.
Le regroupement des catégories en « familles », ci-dessous, n’a aucune importance, il ne sert qu’à donner une typologie indicative. Un participant serait totalement libre de publier des billets se rapportant à des catégories relevant toutes d’une même « famille ».

Par exemple :

* œuvres du XVIIIe siècle
- roman
- poème ou œuvre poétique
- mémoires
- pièce de théâtre (soit en elle-même, soit au travers d’une représentation aujourd’hui, ou d’un enregistrement)
- œuvre musicale (soit en elle-même, soit au travers d’une représentation aujourd’hui, ou d’un enregistrement)
- tableau, dessin
- création architecturale

* petit ou grand personnage du XVIIIe siècle
au choix du participant au défi : littérateur, architecte, médecin, explorateur, guerrier, séducteur, philosophe, etc. Bien entendu, il peut s’agir indifféremment d’un homme ou d’une femme.


* œuvres dix-huitiémistes mais postérieures au XVIIIe siècle (écrites/réalisées/créées au XIXe, au XXe ou au XXIe siècle)
- roman historique
- étude académique, ouvrage universitaire, etc.
- film (que ce soit une adaptation d’un œuvre du XVIIIe siècle ou pas)
- téléfilm / série télévisée (que ce soit une adaptation d’un œuvre du XVIIIe siècle ou pas)
- documentaire télévisuel
- bande dessinée
- ballets
- éventuellement « inclassables » (comme le spectacle de Bartabas sur le chevalier de Saint-George)

* re-créations
- créateurs de costumes
- fabricants d’armes
- troupes de reconstitution
- modélisme

* jeux
- jeux de société
- jeux de guerre
- jeux de rôles
- autres jeux

Réussir le défi
L’idée est vraiment que chacun se sente relativement libre dans sa manière de participer au défi, une des seules contraintes étant de publier des billets de catégories différentes.

Exemple d’un défi qui serait réussi, dans une approche tous azimuts :
- un critique incendiaire d’une représentation de La locandiera de Goldoni ;
- un billet de coup de cœur pour les dessins de François Boucher ;
- une chaude recommandation d’aller faire une randonnée équestre en Margeride, le pays de la Bête du Gévaudan ;
- une salve d’applaudissements pour Barry Lyndon de Kubrick, en expliquant pourquoi on préfère ce film au roman dont il est adapté ;
- un autoportrait photographique en marquise de Merteuil.

Exemple d’un défi qui serait réussi dans une approche plus thématique :
- une mini-biographie du marquis de Lafayette ;
- une note de lecture sur un livre parlant de la guerre d’indépendance américaine ;
- un article sur la reconstitution grandeur nature de la frégate L’Hermione à Rochefort (c’est la frégate qui a emporté Lafayette vers l’Amérique) ;
- une critique de la BD L’Hermione – La conspiration pour la liberté, de Jean-Yves Delitte ;
- un coup de projecteur sur un modéliste naval qui réalise une maquette de L’Hermione.


Guettez le lancement du défi
Le défi sera lancer au travers d’un blog spécifique, comme cela a été indiqué plus haut. Mais nous en ferons la publicité par divers canaux, histoire d’attirer l’attention sur ce défi et d’essayer de titiller les envies d’écriture le plus largement possible.

Et, bien évidemment, le crieur public n’oubliera pas de passer dans les salons de Monsieur de C. Ce serait bien le diable si mes fidèles lecteurs et aimables lectrices n’en étaient pas parmi les premiers informés !

samedi 1 janvier 2011

Toi aussi, un jour, tu iras chercher ton île

Dans la préface à l’édition de l’adaptation en bande dessinée de L’île au trésor à laquelle j’ai récemment consacré un billet, Hugo Pratt citait les mots de son père quand ce dernier lui avait offert ce roman : « Toi aussi, un jour, tu iras chercher ton île... Ne t’en fais pas si tu ne la trouves pas tout de suite ; il y en a beaucoup, tu la rencontreras le moment venu ».
 
Nous portons tous en nous notre île, et toutes nos îles sont différentes. Si cette année 2010 qui s’est achevée ne vous a pas vus trouver votre île, qu’elle soit le Spitzberg, Tahiti ou Cythère,  l’année 2011 qui commence vous le permettra peut-être.
Pour ma part, voilà assez longtemps que j’ai compris que l’important n’est pas la destination, mais le voyage, avec ses découvertes et ses incertitudes, ses rencontres et ses apprentissages.

Je vous souhaite donc bon vent et bon voyage vers votre île !



illustration : The ships under command of Captain James Cook of the British Navy at anchor in Matavai Bay at Tahiti during the observations of the Venus Transit in 1769 (peinture de William Hodges - The Granger Collection NYC).

jeudi 23 décembre 2010

A-t-on des nouvelles de Monsieur de C. ?

 
Autant le dire tout de suite, le « prochainement » que j’avais gaillardement affiché dans le titre d’un précédent billet était vraiment de la publicité mensongère. Tout au moins si l’on raisonne à une échelle de temps humaine et non géologique.
Je pourrais essayer de chercher des excuses à ce long silence, prétendre un surcroit de ceci ou une baisse de cela. Mais la raison sincère est très simple  un manque d’envie. Un manque peut-être teinté d’une interrogation personnelle sur l’intérêt de tenir un blog, sur l’objectif même d’une telle démarche. Foncièrement, tenir un blog est finalement assez égoïste : quand bien même j’essaie de partager des coups de cœur et des coups de gueule, ce sont tout de même MES coups de gueule et MES coups de cœur. Bref, c’est du « moi, moi, moi ». Oh, je ne suis pas naïf au point d’avoir pensé que cette dimension égoïste était absente de la tenue d’un blog. Mais, peu à peu, je me suis dit que cette dimension était peut-être trop présente. Envahissante, même.

Je n’en perds pas pour autant mon goût pour le XVIIIe siècle, et mon goût pour le partage. L’idée d’un fanzine dix-huitièmiste continue à me titiller, puisqu’elle me permettrait de continuer dans la voix d’une diffusion généraliste, sans prétention académique et, surtout, d’engager une démarche collective.

En attendant de voir si ce projet se concrétisera, je reprends la plume pour quelques billets au moins. L’écriture n’est pas un vice dont je me débarrasserai facilement, je le sais !
 
* * * * *

dimanche 15 août 2010

Prochainement dans ces colonnes

Pour rattraper le silence des semaines passées, je publierai dans les prochains jours, des billets sur quelques ouvrages anciens ou récents sur lesquels j'ai mis la main ces derniers temps. Certains sont faciles à trouver mais d'autres sont, j'ai la faiblesse de le penser, un peu plus rares ou, à tout le moins, un peu moins aisés à dénicher.

Le n°2 (août-septembre 2010) de la revue Biographia, sur « les secrets de Casanova », que vous trouverez dans la première maison de la presse venue. [J'ai finalement publié mon ressenti dans ce billet-là.]



Le roman The Devil's Company, de David Liss (2009), un auteur dont La Conspiration de papier m'avait captivé. [Avancez jusqu'à ce billet-là, pour lire ma critique de The Devil's Company.]



La bande dessinée collective Casanova, par dix dessinateurs italiens de grand talent. Un ouvrage publié voici 30 ans en version française, et que je n'ai acquis qu'il y a une quinzaine de jours. [Pour en savoir plus, lisez ce billet-là.]



Encore une édition d'extraits des Mémoires de Casanova, illustrée par Bruneslleschi (1950). [Pour lire mon billet sur cette édition, suivez ce lien-là.]



La bande dessinée Le crépuscule des anges, Stephen Desberg (scénario) et Henri Reculé (dessin), en 2 tomes parus en respectivement en 1998 et 1999 [j'en parle dans ce billet-là].



L'ouvrage pour la jeunesse Chevalier de Saint-George, musicien des Lumières / Chevalyé de Saint-Georges, mizisyen des Lumières (2007), en version bilingue français-créole, par Françoise Kerisel et Henri Cadoré pour l'adaptation en créole. [Pour en savoir un peu plus, rejoignez-moi là-bas.]

mercredi 26 mai 2010

Au bout du Monde !

 
Court message d'autosatisfaction, pour signaler à mes aimables lectrices et fidèles lecteurs que mon billet sur les Mémoires du chevalier de Saint-George a été cité par Jean-Claude Halley dans les colonnes « Guadeloupe Attitude » qu'il tient dans l'espace « blog » du Monde, où il signale mon « point de vue mi figue mi raisin ou l’inverse » sur ce roman.

dimanche 22 novembre 2009

De retour dans les salons

 

Plus de deux mois sans publier ici le moindre billet. Et pourtant, je n'ai pas perdu ma passion pour le XVIIIe siècle. Je vais donc reprendre la plume pour pour partager à nouveau mes découvertes, mes coups de cœur et mes coups de griffe. Beaux livres, romans, BD, jeux, escrime, voici quelques rubriques qui vont retrouver de la vitalité avec mes prochains billets.





Lecteurs fidèles, aimables lectrices, Monsieur de C. rouvre les portes de ses salons. Prenez place !

* * * * *

dimanche 6 septembre 2009

Casanova, au fond !


Je m'aperçois que je ne vous ai pas encore dit ce que je pense du film Casanova de Lasse Hallström (2005).
Pour vous faire patienter jusqu'à la publication de ce billet, qui ne saurait tarder, je me permets de vous aiguiller vers un site qui propose des fonds d'écran d'ordinateur réalisés à partir de ce film. Les esprit les plus acides - dont je ne suis pas, vous le savez bien - iraient jusqu'à dire que ces fonds d'écran sont quasiment ce qu'il y a de mieux à retenir de ce film.
 
 

* * * * *

vendredi 4 septembre 2009

De vous à moi

  

A en juger par les statistiques de consultation du blog, il y a (fort heureusement) plus de lecteurs que de personnes qui laissent des commentaires. Certains lecteurs voudraient peut-être donner un avis rapide sur un billet sans pour autant prendre le temps d'écrire un commentaire. Aussi, j'ai intégré au blog une fonction que j'ai repérée sur d'autres blogs et que je trouve plutôt pratique : elle offre la possibilité de donner un avis en un clic.
Vous trouverez donc au pied de chaque billet une question « Billet intéressant ? », à laquelle je vous propose de répondre par « oui », « bof » ou « non ».
Si vous souhaitez envoyer un commentaire plus développé pour un billet donné, la fonction « commentaire » reste, bien sûr, totalement opérationnel.

Désormais, vous n'avez plus aucune raison de ne pas donner votre avis !
 
 
* * * * *
 

mardi 11 août 2009

Musique, Monsieur de C. !


C'est l'été, les esprits se font farceurs. Un(e) inconnu(e) m'a envoyé un courrier électronique pour me signaler un disque qui devrait retenir mon attention de casanovaphile.

Ne pouvant garder pour moi une perle d'une telle eau, je viens la partager avec vous.




Si quelque fidèle lecteur ou aimable lectrice dispose de ce disque et voulait bien partager avec nous un extrait musical, j'en serais preneur, en toute curiosité. Je suis également preneur d'informations sur ledit Godefroy Liberi. Autant que je ne meure pas idiot !

* * * * *

  • Des informations supplémentaires sur ce disque sont disponibles sur cette page-là.

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mercredi 22 juillet 2009

Le salon ouvre à nouveau ses portes


Voilà plusieurs semaines que mes pas m'avaient éloigné du salon de Monsieur de C. (et de salons voisins). Non par lassitude, mais du fait d'autres occupations chronophages.

Me voici désormais de retour, avec dans ma musette de colporteur des nouveautés et des vieilleries, dont je ferai étalage sans vergogne, à mon habitude.

Je vous remercie de la patience dont vous avez fait preuve.

* * * * *

vendredi 1 mai 2009

Une moisson à trier


Mon mois d'avril a été peu fertile en billets dans ces salons, mais ça ne veut pas dire, pour autant, que j'ai délaissé le XVIIIe siècle ou mes lecteurs. Pendant ce silence, j'ai fait une moisson dix-huitièmiste assez variée, en BD, films, romans et ouvrages non-fictionnels, récents et moins récents.
Je vais m'atteler à trier mes impressions de ces divers voyages, et les coucher très bientôt sur le papier virtuel de ces salons.

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mercredi 28 janvier 2009

Parenthèse d'autopromotion


Après être resté longtemps comme un chantier abandonné sitôt les premiers coups de pioche donnés, le club Série noire vient enfin d'ouvrir ses portes au public.

Il ne sera concurrent ni des salons de Monsieur de C, ni du carré de la goélette cortomaltesienne.

Ce sera un espace d'un autre genre, aux fauteuils de cuir et à l'ambiance tamisée, où l'on viendra se raconter d'horrifiques histoires de criminels et de justiciers, de femmes fatales et de détectives au menton carré.




Messieurs et dames y sont les bienvenus, et personne n'est obligé de déposer ses armes à l'entrée. Une seule règle s'applique : on n'y tire pas sur le pianiste.

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dimanche 25 janvier 2009

Des voeux de Lumières


Des travaux d'écriture m'ont quelque peu éloigné des salons de Monsieur de C. J'espère que mon hôte et ses autres invités n'en prendront pas ombrage, même si je leur dit que ces travaux d'écriture m'ont amené à me plonger dans un autre siècle que celui des Lumières, la période troublée des guerres de religion qui ont déchiré le royaume de France.

Me voici toutefois de retour ici, reprenant la plume à une date à laquelle, selon les usages communément admis, il est encore temps de présenter ses vœux. Recevez donc les miens, aimables lectrices et fidèles lecteurs, quel que soit le calendrier auquel vous vous reportez pour compter ces années.



Pour ma part, si je n'ai qu'un seul souhait à émettre, ce sera celui que les Lumières puissent, aujourd'hui encore et demain tout autant, chasser les obscurantismes et ouvrir la voie de la liberté des esprits.

* * * * *

mardi 14 octobre 2008

L'appel du fer



Même si ça peut paraître anecdotique, mon goût pour l'univers de cape et d'épée n'est pas du tout étranger à ma curiosité pour l'escrime en général.

Quand mes copains d'école préféraient les jeux de « cowboys et d'indiens » ou se passionnaient pour les films de Bruce Lee, mon esprit me portait plutôt vers Le capitan de Zévaco, les Mousquetaires de Dumas ou vers Fanfan la Tulipe et Scaramouche sur petit et grand écran. Cet univers fictionnel, auquel je suis encore très attaché aujourd'hui, a nourri ma curiosité pour l'escrime sportive, pour l'escrime artistique, et pour l'histoire de l'escrime.

L'histoire de l'escrime m'intéresse également, sous divers angles : sa pratique sociale, sa pratique « guerrière » (au sens large du terme), l'évolution de ses techniques, la conceptualisation par certains de ses théoriciens (les rapports à la géométrie ou à l'exercice du corps, pour ne citer que ces deux angles-là), la conception et la fabrication des composants de ces armes (lames, poignées, gardes, etc.) jusque dans leur dimension esthétique, etc.
Deux périodes m'intéressent plus particulièrement : le seizième siècle avec l'escrime à deux armes (rapière et dague), et surtout surtout surtout le dix-huitième siècle avec l'escrime à l'épée seule (à « l'épée de cour », au smallsword comme disent nos voisins d'outre-Manche).




Avoir parcouru des traités d'escrime du XVIIIe siècle, surtout lorsqu'ils étaient bellement illustrés, et regarder des retransmissions télévisuelles d'escrime actuelle n'avait fait que renforcer l'envie qui me titillait de longue date : franchir les portes d'une salle d'armes et goûter à l'escrime. C'est fait depuis quelques semaines, et me voici entré modestement dans la confrérie des joueurs d'épée.

Avec l'apprentissage de l'escrime d'aujourd'hui, je compte trouver une activité stimulante pour le corps et l'esprit, et la compréhension des bases de ce que je vois à la fois comme une activité sportive et un art martial. En parallèle, je souhaite m'intéresser plus profondément à l'escrime du XVIIIe siècle, puis la pratiquer non pas sous sa forme d'escrime « artistique » (c'est-à-dire la reproduction sous forme de spectacle chorégraphié), mais bien sous sa forme d'art martial.

Je ne sais pas si j'arriverai à suivre ces deux voies mais, au moins, ce n'est pas l'envie qui m'en manque.

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dimanche 16 mars 2008

Plume à solde


S
i mes billets se font plus rares ces dernières semaines, ce n'est pas que ma passion dix-huitièmiste s'est émoussée, mais que j'ai tourné ma plume, temporairement, vers l'écriture pour la contribution à la gamme d'un jeu de rôles ancré dans le XVIe siècle et plus particulièrement la période de nos guerres de religion, Te Deum pour un massacre.

Je reprendrai une écriture plus soutenue dans ce blog une fois cette période "tedeumiste" intense passée.

Ne vous éloignez donc pas ! :-)

samedi 9 février 2008

Jours de mode

Vous appréciez les belles choses à l'ancienne, vous avez un peu de temps libre du 23 au 29 février prochain, et vous pouvez vous rendre à la capitale ?

Profitez-en pour aller flâner du côté de cette exposition-ci :




Pour plus de détails, consultez le journal de son organisateur.

Retenu dans mes terres lointaines par un rendez-vous musical (baroque et non dix-huitémiste), je ne pourrai m'y rendre moi-même. Mais j'essaierai d'en avoir des échos, à partager avec vous, aimables lectrices et chers lecteurs.

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