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lundi 23 février 2015

Rendez-vous en Terra Incognita


Un monde dans lequel Louis XIV n’est pas mort, maintenu en vie par un élixir mystérieux.
Un monde où l’on peut croiser Cyrano de Bergerac de retour de son voyage aux États et Empires de la Lune, Lemuel Gulliver rentrant de Lilliput. Un univers où le Chat Botté, les Siréniens ou les Patagons sont des réalités tangibles.
Un monde partagé entre les Pays d’Ici et les Pays de Nulle part, magiques et mystérieux.
Un monde où, dans l’ombre de la société française, s’affrontent des coteries, mues par la recherche de la vérité, par la foi la plus résolue, par l’appât du gain commercial avec des pays lointains, par la lutte d’influence entre Fouquet et Colbert (tous deux aussi bien vivants que Louis XIV !), par la fidélité au duc d’Orléans plutôt qu’au roi.
Un monde dans lequel les joueurs incarnent des personnages pour qui l’existence banale et cartésienne est un carcan dans lequel ils ne se laissent pas enfermer. Qui enfilera le costume d’un « alchimiste en quête de Substances », d’un « astrologue contestataire », d’un « bretteur à la recherche de nouveaux défis », d’un « explorateur intrépide », d’un « officier affabulateur », d’un « prêtre réfractaire » ? Au masculin ou au féminin, selon les cas et la plausibilité du personnage, bien sûr.


Voilà l’univers du jeu de rôles Terra Incognita – Voyages aux Pays de Nulle part. Né comme un jeu amateur diffusé gratuitement par son auteur, Julien Clément, Terra Incognita a su trouver un premier public, ce qui a encouragé l’éditeur Les XII Singes à le publier et diffuser sous forme professionnelle.
La gamme comprend aujourd’hui plusieurs ouvrages : un « livre de base » (2012) et un « écran de jeu » (2012) ; des suppléments de contexte qui détaillent certains aspects du jeu, avec Aux Pays d’Ici et de Nulle Part (2012), Sérendipité et Prodiges (2013), et Les Secrets des Confins (2014) ; et, enfin, les deux premiers d’une série de livrets « géographiques » permettant de vivre des aventures loin de la France : Arabia Felix (2013) et El Dorado (2014).


Comparaison n’est pas raison, mais, si vous appréciez les univers des ouvrages dix-septièmites et dix-huitiémistes comme les Contes de Perrault, les Voyages de Gulliver, les Aventures du baron de Münchhausen, les Voyages et aventures des trois princes de Serendip, ou leurs adaptations en films ou en bande dessinée, ou des créations d’aujourd’hui comme la série de BD De cape et decrocs d’Ayroles et Masbou ou le roman La Vénus anatomique de Xavier Mauméjean, si la contemplation d’une carte ancienne ou d’un portulan vous rêtes à des horizons inconnus, et si vous appréciez le jeu de rôles, nul doute que Terra Incognita saura vous séduire et vous inviter à d’aventureux voyages.


Et le site internet que l’auteur consacre à son jeu ne manquera pas de garder éveillées la curiosité et l’imagination des joueurs.



Outre mon avis sur ce jeu, n'hésitez pas à lire les articles qui lui ont été consacrés par le site SciFi Universe.




dimanche 31 mai 2009

Lumières océaniques


Le Conseil des musées de Poitou-Charentes avait publié, en 1998, une CD-ROM sur le thème L'Océanie des Lumières, c'est-à-dire l'exploration, par les marins du XVIIIe siècle (Bougainville, Cook, La Pérouse et autres d'Entrecasteaux) de ces mers et terres lointaines.

A défaut de pouvoir mettre la main sur un exemplaire de ce CD-ROM, il reste la possibilité de visiter cette très intéressante exposition virtuelle.




Un petit regret, toutefois : l'ergonomie du site, qui ne rend pas tout à fait évidente la navigation du visiteur (un comble pour un site sur le sujet de la navigation !).

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Grain à l'huile


N'allez pas me croire plus anglophile que francophile quand il s'agit de m'intéresser aux explorateurs maritimes du XVIIIe siècle. Le chauvinisme n'est pas vraiment un corde qui vibre en moi ; j'ai plutôt la prétention d'être universaliste.
C'est donc en universaliste que j'invite à nouveau le capitaine James Cook dans mes salons. mais si je l'invite, c'est indirectement, au travers du pinceau de l'Anglais Robin Brooks. Fort talentueux illustrateur, il exerce notamment dans le domaine de la peinture de marine, marine d'aujourd'hui comme celle d'hier ou d'avant-hier.
Parmi ses séries de peintures, il en est une, consacrée au deuxième voyage de Cook (commandant le Resolution) et Furneaux (commandant l'Adventure) autour du monde de 1772 à 1775.

J'apprécie tout particulièrement sa création à l'huile représentant l'Adventure se préparant à recevoir le « grain » qui approche.

illustration de Robin Cook (voir son site)


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samedi 4 octobre 2008

Quand je prends le globe


L
es Robert de Vaugondy, père (Gilles, 1688-1766) et fils (Didier, 1723-1786), ont été des géographes majeurs du XVIIIe siècle, des descendants d'un géographe non moins majeur du siècle précédent, Nicolas Sanson.
Parmi leurs œuvres notables, le Grand atlas universel du père, et les globes – céleste et terrestre – du fils.
Mettre la main sur une carte des Robert de Vaugondy du XVIIIe siècle n'est pas impossible, mais le portefeuille va s'en ressentir.




Alors, j'ai ramené mes ambitions à un objet qui est plus un clin d'œil à ces géographes qu'un objet pleinement représentatif de leur art : un petit globe destiné à décorer un coin de mon bureau. L'original de ce globe, présenté à Louis XV, portait le tracé des parcours des grands explorateurs de l'époque.





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  • Quelques cartes de Didier Robert de Vaugondy sur cette page-là.
  • Si la réplique du globe de Vaugondy vous tente, laissez-vous aller à la tentation, là par exemple.

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mercredi 23 avril 2008

Un mystère sur l'étagère


J
'avais signalé l'existence d'un DVD fort intéressant présentant les recherches menées pour retrouver et analyser les traces de la disparition de Lapérouse.

Dans le prolongement de l'exposition au Musée national de la Marine, j'ai craqué pour le catalogue Le mystère Lapérouse, ou le rêve inachevé d'un roi, sous la direction de l'association Salomon (édition de Cont, 2008, ISBN-13 : 978-2-35103-012-7).

Un ouvrage qui passionnera les amateurs de voyage, les naturalistes, les passionnés d'histoire et de mer, les curieux d'archéologie, les amoureux des beaux-livres.

Pourtant, comme j'ai eu l'occasion de le dire par ailleurs, je suis partagé entre des sentiments un peu antagonistes : la curiosité d'en savoir toujours un peu plus sur Lapérouse, et l'envie qu'il reste néanmoins entouré d'un peu de mystère. Finalement, je suis bien content que l'on n'ait pas retrouvé son crâne, par exemple.

J'espère que nous n'aurons pas trop de nouvelles de Monsieur de Lapérouse.

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mardi 5 février 2008

Thalassa dix-huitièmiste


C
onti. Que voilà un grand nom du dix-huitième siècle.
Notamment porté par Louis François de Bourbon, prince de Conti. Après s’être distingué dans le services des armes, notamment pendant la guerre de Succession d’Autriche, il a été un fin diplomate, embarqué dans les manœuvres du Secret du Roi aux côté du comte de Broglie.
Nom porté aussi par plusieurs navires, dont au moins quatre vaisseaux de la deuxième Compagnie des Indes orientales.

L’Edition de Conti se place donc sous l’égide d’un grand nom. Et en ouvrant une collection dénommée Grande bibliothèque Thalassa, il était impossible qu’elle publiât des livres parmi lesquels je ne trouverais pas mon content.

A ce jour, j’ai acheté quatre livres de cette collection, tous de la plume de Julia Ferloni :
- Lapérouse : Voyage autour du monde
- De Lapérouse à Dumont d'Urville : Les explorateurs français du Pacifique
- Marchands d'esclaves : De la traite à l'abolition
- Bougainville, Cook, Lapérouse : Marins des lumières dans le Pacifique





Ces ouvrages, en grand format, démontrent pleinement la double casquette de Julia Ferloni, professeur d’histoire et diplômée de l’Ecole du Louvre, car ils offrent aussi un éclairage historique sur les différents thèmes traités qu’un choix très sûr de nombreuses et belles illustrations.

Ne vous éloignez pas, je dirai bientôt quelques mots de chacun de ces livres.

vendredi 25 janvier 2008

A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ?


«
A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ? » Une tradition veut que ce soit quelques-uns des derniers mots prononcés par Louis XVI sur l'échafaud. Cette réplique, très probablement apocryphe, n'en montre pas moins à quel point à quel point le non-retour de Lapérouse en France soulevait des questions dans l'esprit de ce roi si attaché au fait maritime, à l'exploration et au développement des connaissances.

Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse (ou La Pérouse), l'albigeois, a été l'un des explorateurs célèbres du Pacifique au dix-huitième siècle, après James Cook et Antoine de Bougainville. En disparaissant en 1788, il entre dans la légende, à nos yeux de Français, tout au moins ; au point que son nom est aussi prestigieux que celui de James Cook, alors que le « palmarès » de ce dernier en termes de voyages d'exploration est bien plus conséquent.

Cependant, je ne suis pas là pour organiser un classement des explorateurs, mais pour signaler un double DVD, L'incroyable aventure de Monsieur de Lapérouse, rassemblant, entre autres, des reportages d'Yves Bouregois sur trois expéditions scientifiques menées en mer et à terre sur les lieux du naufrage, à Vanikoro. Ces reportages montrent les fouilles tant sous l'eau qu'à terre, partageant les interrogations des chercheurs (où et comment les deux navires ont-ils sombré ? Certains membres des équipages ont-ils pu gagner la terre et y survivre quelque temps ?), leurs espoirs et parfois leurs déceptions.


Certaines séquences mettent en lumière des aspects intéressants, dans la valorisation prospective des éléments découverts, avec des approches de reconstitution, de simulation.


L'une est la reconstitution anatomique, anthropologique, de la tête (et donc du visage) d'un marin à partir des restes de son crâne, par Elisabeth Daynes (visitez son site pour découvrir son travail en général).


L'autre est une simulation informatique des conditions et épisodes du naufrage des navires ; vous pouvez lire, sur cette page-là, une interview d'un étudiant de l'Institut supérieur de l'art digital ayant participé à ce travail de modélisation, et regarder deux extraits de ces animations.

Je ne prétends pas que mon billet reflète une brûlante actualité, puisque ces reportages ont été diffusés à la télévision puis en DVD en 2005. Toutefois, je profite d'une prochaine actualité pour en reparler : en effet, le Musée de la marine à Paris présentera, du 19 mars au 20 octobre 2008, une exposition intitulée Le mystère Lapérouse, enquête dans le Pacifique Sud.



Sire, nous avons des nouvelles de Monsieur de Lapérouse.


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jeudi 7 juin 2007

Embarquer avec James Cook

Comme je n'ai rien du Français chauvin - je pourrais difficilement, l'être, d'ailleurs, étant né un pied de chaque côté de la Bidassoa -, j'invite dans mes Mémoires un Anglais, grand explorateur maritime, en la personne de James Cook.

Je ne vais pas retracer ici la biographie de ce fils de journalier agricole du Yorkshire qui naviguera autour du monde, bien des livres ou des sites internet le font déjà. Je vais plutôt vous donner quelques clés pour le découvrir par vous-mêmes.

Pour l'anecdote, j'ai souvent regetté que Nathaniel Dance, qui a peint le portrait de Cook qui illustre ce billet, ait donné un air si sévère au capitaine. L'était-il autant que cela ? Etait-ce une nécessité que de le dépeindre avec cet air concentré, presque fermé ? Il est vrai que le portrait qu'en a peint John Webber ne le montre pas très souriant non plus.

Ma bibliothèque personnelle compte plusieurs livres consacrés à Cook, dont trois sont d'un abord facile :

James Cook, Relations de voyages autour du monde, éditions La Découverte Poche (ISBN 2-7071-2678).
Il s'agit d'extraits choisis, et non du texte intégral. Tout à fait abordable, donc, pour quelqu'un qui n'aurait pas envie de lire un très long récit, sans pour autant que les coupes lui fassent perdre tout intérêt.

Martin de Halleux, L'inconnu du Pacifique, éditions Bayard Jeunesse (222773907X).
Un roman qui fait parler Cook à la première personne. A la fois un voyage d'exploration et un voyage intérieur. Tout à fait abordable par un adolescent.
Une fiche de lecture est disponible sur cette page-là.

Ouvrage collectif, Les voyages de Cook, éditions Atlas (ISBN 2-7312-0165-7).
Pas très facile à trouver (il remonte à 1986), cet ouvrage qui relate les 3 voyages de Cook est très richement illustré.


Comme il se doit chez nos voisins d'outre-Manche, une "society" s'est créée pour rassembler les personnes intéressées par le capitaine, la Captain Cook Society.
Un certain nombre de pages de ce site est terne, mais la page des liens est particulièrement fournie, avis aux curieux.

mercredi 23 mai 2007

Bougainville autour du monde... et chez vous

Dans un précédent billet, j'avais jeté un coup de lanterne sur une bande dessinée en deux tomes, Le passage de Vénus, de Dethorey et Autheman, qui conte une partie du voyage de Bougainville autour du monde. J'avais acheté ces BD en me souvenant du grand plaisir que j'avais pris à lire, voici vingt-cinq ans, le récit de voyage par Bougainville lui-même, dans la collection Folio de chez Gallimard.

Quelques années plus tard, j'avais découvert, grâce à une bibliothèque municipale, une édition bien plus belle, et que j'empruntais souvent en me disant : "un jour, je l'achèterai". Et voilà qu'il y a quelque temps, après avoir longtemps surveillé les bouquinistes et les sites internet de vente de livres d'occasion, j'ai enfin mis la main sur cette édition formidablement intéressante et tout aussi formidablement réalisée, illustrée, etc., mais totalement épuisée depuis plus de 20 ans :
Bougainville et ses compagnons autour du monde, 1777-1779, Imprimerie Nationale, 1977, Collection Voyage et Découverte.

Ces deux volumes (plus de 1.000 pages en tout), présentés en coffret, rassemblent non seulement le journal de Bougainville, mais également ceux d'Hervel, de Fesche, de Vivez, de Caro, de Nassau-Siegen, de Commerson, de Duclos Guyot et du chevalier Walsh.
Sans compter les commentaires ajoutés sur la préparation du voyage, les navires, les méthodes de navigation, la santé et l'alimentation, le bilan du voyage, etc.

J'ai été très content de mon achat (même s'il a fallu casser un peu la tirelire...).

Mais, pour ceux qui ne voudraient pas se mettre en quête de l'édition de 1977, il est plus facile de se tourner vers une récente réédition : Bougainville et ses compagnons autour du monde, chez Actes Sud (2006, 1120 pages, ISBN 978-2-7427-6271-2).

Je n'ai pas eu entre les mains cette réédition, et ne peut donc pas en dire grand chose. Mais si elle est d'une qualité comparable à l'édition de 1977 (et connaissant le sérieux des éditions Actes Sud, je ne peux imaginer qu'elle ne soit pas de grande qualité), alors je ne peux que conseiller cet achat, qui séduira les amateurs de voyages maritimes, les amateurs du temps des Lumières, et les amateurs de beaux livres.

dimanche 13 mai 2007

La route des Indes, au fond de l'eau

Je suis passionné du XVIIIe siècle, vous le savez, et de tout ce qui touche à la mer au sens large (histoire, sciences, ethnologie, etc.). Et, au milieu de tout ça, j'ai un faible pour les navires de l'âge d'or de la marine à voile, pour l'archéologie sous-marine et pour les histoires de compagnies des Indes.
Et voilà qu'au cours d'un séjour parisien, au début du mois de juin 2006, à Paris, j'ai eu l'occasion de faire une très bonne acquisition, dans une boutique de livres d'occasion particulièrement sympathique, la Galerie de la Sorbonne, rue des Ecoles : le livre Griffin, une rencontre avec l'histoire, de Franck Goddio et Evelyne Jay Guyot de Saint Michel (Periplus Publishing, London, 1999, ISBN 1 902699 01 78 ).

Le Griffin était un navire de l'Honorable East India Company (la Compagnie anglaise des Indes orientales), qui a coulé en 1761 avec une cargaison de soieries, de porcelaines et de thé dans la mer de Soulu, alors qu'il rentrait de Chine. Le navire a été retrouvé et a fait l'objet de fouilles archéologiques, puis d'interprétations de sa cargaison, etc.
Le livre fait état non seulement de ces fouilles et de la cargaison, mais également du contexte : le commerce international au milieu du XVIIIe siècle, les relations politiques et commerciales dans cete partie du monde, le souhait de l'Angleterre d'implanter une base aux Philippines, etc.

Ajoutons à cela que le livre est magnifique (grand format, présentation en coffret bleu foncé à moirures).

Et, comble de bonheur, je l'ai acheté d'occasion, dans un état "comme neuf", pour un prix exceptionnel (35 Euros, ne le cachons pas).

Il y a des jours, comme ça, où la chance sourit.

samedi 28 avril 2007

Un voyage inachevé

Sur les rayons de ma bédéthèque personnelle, quelques oeuvres couvrent à la fois ma passion pour le dix-huitième siècle et ma passion pour la mer. Parmi elles, les deux tomes du Passage de Vénus, de Dethorey et Autheman (Ed. Dupuis, collection Aire Libre, ISBN 2-8001-2658-2).

Ils narrent une partie du voyage de Bougainville et de ses compagnons autour du monde, la narration étant centrée sur le naturaliste Commerson et sa compagne Jeanne Barré (qui, à bord, se fait passer pour un homme).
L'art de Dethorey est très prenant, tant dans ses lumières éclatantes que dans ses clairs-obscurs.

Pourquoi ne narrent-ils qu'une partie seulement de ce voyage ? Parce que le troisième tome, qui devait clore le récit, n'a jamais été publié, Dethorey étant décédé alors qu'il travaillait au deuxième tome. Ce deuxième tome comprend donc une partie illustrée par Dethorey, et une autre dessinée par François Bourgeon, tout en crayonné au noir et blanc.

Je trouve cette juxtaposition très émouvante. Bourgeon a, en effet, marqué d'une empreinte ineffaçable, la BD maritime, et même la BD tout court et les récits maritimes, avec ses Passagers du vent (je les évoquerai dans un prochain billet). Ce Passage de Vénus, sous les mains de Dethorey, était donc un vrai défi, celui de l'exploration d'une autre voie graphique, d'un autre sens du récit, pour une exceptionnelle aventure maritime. Et voilà que c'est Bourgeon, qui, d'un crayon sobre mais finalement pas sombre, qui a terminé le deuxième tome du Passage de Vénus.

S'il peut être frustrant de ne pas avoir eu ce troisième tome, je comprends tout à fait la décision de l'éditeur et du scénariste de ne pas poursuivre l'aventure sans Dethorey. Le naturaliste Commerson est mort pendant le voyage de Bougainville, et Dethorey, qui l'avait choisi comme personnage central, n'a pas fini le voyage, lui non plus.