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jeudi 30 décembre 2010

Des aventures bien enlevées


Le roman Enlevé ! de Robert Louis Stevenson (1886) est largement moins connu que L’île au trésorCatriona (1883), qui fait de l’ombre à presque tout le reste de la production littéraire de Stevenson. Pourtant, ce roman, qui voit apparaître le personnage de David Balfour, que l’on retrouve dans le roman (1893) paru publié sous le titre de David Balfour, mérite largement l’intérêt des amateurs du dix-huitième siècle.
Le titre complet du roman est du genre à vous en raconter la quasi-totalité ! Jugez-en vous-même :

Kidnapped: Being Memoirs of the Adventures of David Balfour in the Year 1751: How he was Kidnapped and Cast away; his Sufferings in a Desert Isle; his Journey in the Wild Highlands; his acquaintance with Alan Breck Stewart and other notorious Highland Jacobites; with all that he Suffered at the hands of his Uncle, Ebenezer Balfour of Shaws, falsely so-called: Written by Himself and now set forth by Robert Louis Stevenson.
Enlevé : les mémoires des aventures des David Balfour en l’an 1751 : comment il a été enlevé et rejeté ; ses souffrances sur une île déserte ; son voyage dans les Hautes Terres sauvages ; sa rencontre avec Alan Breck Stewart et autres Jacobites notoires des Hautes Terres ; avec tout ce qu’il a enduré aux mains de son oncle, Ebenezer Blafour de Shaws, faussement appelé ainsi : écrit par lui-même et maintenant présenté par Robert Louis Stevenson.



Si une partie des aventures de David Balfour l’entraîne sur les mers, à bord d’un navire qui le conduit vers les Carolines américaines où il est destiné à être vendu, Enlevé ! et Catriona s’intéressent surtout aux Highlands, ces Hautes Terres d’Écosse berceau du soulèvement jacobite des années 1740, largement écrasé lors de la bataille de Culloden le 16 avril 1746. Aux travers de ces « mémoires » de David Balfour, Stevenson nous offre le portrait des Highlands et de la vie de ses habitants, un thème auquel il avait souhaité consacrer une partie de son travail d’historien. Difficile de préjuger de ce qu’aurait pu être ce livre d’histoire des Highlands, mais je gage ma chemise qu’il aurait très probablement été moins vivant que ces deux romans-là.
Les analystes des aventures de David Balfour ont pointé les textes qui semblent avoir été les inspirations majeures de Stevenson pour ses deux romans. La vie de James Annesley aurait fourni la colonne vertébrale d’Enlevé !, un Irlandais qui avait traversé bien des épreuves en étant vendu comme serviteur dans une plantation dans le Delaware, dépouillé de ses biens et de son titre de comte par un oncle avide, mais réussissant, au final à revenir en Irlande et à faire valoir ses droits sur ses biens, mais pas sur son titre. Une vie incroyable mais vraie, dont Stevenson a fait une vie fausse mais crédible pour David Balfour.
Quant au « meurtre d’Appin », un fait divers survenu dans le nord-ouest de l’Écosse en 1752, il apporte de la matière tant à Enlevé ! qu’à Catriona, puisque David Balfour, témoin de cette embuscade meurtrière, essaie d’apporter son soutien à un homme accusé de cet assassinat.
Stevenson a également puisé dans divers ouvrages d’historiens de la première moitié du XIXe siècle qui dépeignaient, avec plus ou moins de parti pris jacobite, la vie et les évènements des Highlands dans ces années 1750 troublées et celles qui suivirent.

Les Highlands et les Highlanders vous appellent. Allez-vous rester sourds à leur invitation à l’aventure ?

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mardi 18 décembre 2007

L'ombre des Mohune

The village of Moonfleet lies half a mile from the sea on the right or west bank of the Fleet stream. This rivulet, which is so narrow as it passes the houses that I have known a good jumper clear it without a pole, broadens out into salt marshes below the village, and loses itself at last in a lake of brackish water.

En deux phrases, le décor est planté. Un village sur la rive occidentale de l'estuaire de la Fleet. Ajoutons-y une côte fouettée par le vent, et le manoir inquiétant des Mohune. De Mohune à Moon, juste un glissement phonétique, avant de se marier à la Fleet pour donner Moonfleet. Bientôt, les personnages entreront un à un dans ce théâtre où presque tout l'histoire va se jouer.

Quand Stevenson nous entraînait au loin vers son Île au trésor, John Meade Falkner nous garde sur ces côtes du Dorset dans son Moonfleet, comme Mac Orlan nous gardait à Brest dans son Ancre de miséricorde. Mais ce n'est pas pour autant que le décor manque de consistance : les nuits de Moonfleet sont sombres, et elles forment le royaume des contrebandiers, les smugglers dans la langue de l'auteur, ce mot qui vous roule dans la bouche comme un galet sur une plage battue par la mer. Et ce petit village de pêcheurs devient, peu à peu, un lieu de mystères, de murmures et de soupçons, d'amour et de haine.

Les personnages de Falkner ne sont peut-être pas aussi riches de profondeur que ceux de Stevenson, mais ce Moonfleet est un roman qui n'a pas à rougir de la comparaison avec d'autres histoires de trésor, et même avec d'autres romans d'aventure, car tous les ingrédients y sont, et sont servis avec élégance par le ton du récit. Même si ce roman est parfois présenté comme un « livre pour la jeunesse », je trouve cela bien réducteur, et ses qualités vont bien au-delà de cette qualification étriquée. La préface que Michel Le Bris a écrite pour une des éditions françaises (éditions Phébus, collection Libretto, ISBN-13: 978-2859405175) vous dira tout cela bien mieux que moi.
Là où le jeune lecteur verra uniquement une histoire de trésor de pirates, l'adulte pourra trouver, également, une réflexion plus profonde, en fouillant la mélancolie et la noirceur de ce récit : en voulant changer de vie, en voulant prendre notre destin en main, nous ouvrons-nous un avenir radieux ou un horizon plus sombre encore ?

Moonfleet, un roman initiatique, de la belle et grande aventure, pour petits et grands.

dimanche 3 juin 2007

Dessins et bulles : les trésors de l'île

L'île au trésor (Treasure Island) de Robert Louis Stevenson fait partie des premiers romans d'aventures que j'ai lus, et certainement un des premiers romans maritimes et « piratesques ».
Il a fait l'objet d'un grand nombre d'adaptations pour le grand et le petit écran, et j'y reviendrai dans un autre billet.
Mais le monde de la bande dessinée n'a pas délaissé, lui non plus, les trésors de ce récit.

Le site de la Bédéthèque, mon passage incontournable quand me viennent des questions sur la BD, référence celles-ci :
- celle de chez Walt Disney [1958, éditions Edicoq, fiche Bédéthèque] ;
- celle de De la Fuente [1973, chez Nathan ; fiche] ;
- celle de Pratt, avec deux éditions [en 1980 aux Humanoïdes Associés et en 1988 chez Casterman ; fiche]
- celle de Corteggiani et Faure [en 1991 chez Dargaud, et en 2002 chez Théloma ; fiche] ;
- celle de Joubert [1992, éditions Fleurus ; fiche].

Dans ma bibliothèque personnelle, j'ai les versions de De la Fuente, Pratt, Joubert et Corteggiani & Faure.
Malgré la très profonde affection que j'ai pour l'oeuvre d'Hugo Pratt, sa version de l'Ile au trésor n'est pas celle qui m'enchante le plus. Son dessin y est encore trop crayonné à mon goût, pas encore assez épuré comme il le deviendra pour les derniers albums de Corto Maltese.


Ma préférence va plutôt à celle de François Corteggiani, tant pour le trait que pour la mise en couleurs.

Je note cependant que, depuis le début des années 1990, soit près de quinze ans déjà, cette Île au trésor n'a pas fait l'objet d'une nouvelle adaptation directe en bandes dessinées, mais uniquement la réédition de la version de Corteggiani & Faure.

Qui sait si quelques autres artistes relèveront à nouveau le défi, tentant de faire du neuf avec du vieux ? Christophe Blain, avec sa série Isaac le Pirate a clairement montré que de nouvelles approches dans le graphisme et le récit peuvent apporter un vent nouveau dans les voiles des navires des pirates.



Xavier Dorison & Mathieu Laffray, eux, ont choisi une autre voie : nous raconter, sur Long John Silver, tout ce que le roman de Stevenson ne nous a pas dit [série Long John Silver, chez Dargaud ; fiche]. Un graphisme d'une grande force, qui vous prend par la main et vous entraîne dans les flots, à vous en faire perdre le souffle. Vous aussi, laissez-vous emporter !

mardi 20 novembre 2007

Deux frères, une haine, un coup de coeur

J'avais consacré un billet aux diverses adaptations en bande dessinée du roman de Robert Louis Stevenson, L'île au trésor.

Un autre roman de Stevenson ayant pour cadre le XVIIIe a été adapté lui aussi en BD. Probalement moins connu du grand public que L'île au trésor, Le maître de Ballantrae conte une histoire poignante, prenante, celle d'un père et ses deux fils se déchirent, en 1745, autour de la question de la fidélité au roi Georges ou du soutien au prétendant Charles Édouard Stuart, chassé du trône anglais en 1688 et souhaitant le reprendre.
Qui doit soutenir le roi ? L'aîné, sur les épaules de qui repose le destin de la famille ? Ou le cadet, alors que son frère veut rejoindre les rangs jacobites ?
Les frères sont comme deux faces d'une même monnaie, l'un amoral mais respecté, l'autre vertueux mais mal-aimé. Deux branches d'un même arbre, d'un même bois, et qui seront rongées, toutes deux, par le feu d'une même haine.

L'adaptation en BD par Hippolyte (chez Denoël ; voir la fiche sur le site de la Bédéthèque ) garde toute l'intensité du récit très prenant, en la soutenant par un graphisme original et éblouissant, tout en aquarelles.
Le premier tome, il y a un an, m'avait séduit. Le deuxième, tout récent, a achevé de me conquérir.


Un de mes grands coups de coeur !








Et comme j'aime bien tirer sur la ficelle pour dévider l'écheveau, j'ai gratté deci delà pour en savoir un peu plus sur l'art d'Hippolyte. Et, disons-le franchement, pour les gens comme moi qui fondent pour les aquarelles et les croquis, il y a là de quoi fondre et refondre. Allez donc visiter par vous-même son site internet, son ancien blog et son blog actuel.



Si je ne craignais pas la vengeance éventuelle du fantôme d'Hugo Pratt, je dirais que j'ai trouvé là, dans les aquarelles d'Hippolyte, autant de force et de plaisir que dans celle du père de Corto.



[Les illustrations de ce billet sont publiées ici avec l'aimable autorisation d'Hippolyte. Qu'il en soit remercié ici.]

jeudi 21 février 2008

Classique, trop classique ?

L'île au trésor de Robert Louis Stevenson est à la fois un excellent roman, devenu un « classique » de la littérature, et la matière première pour des adaptations pour le cinéma ou la bande dessinée.

David Chauvel et Fred Simon se sont à leur tour retroussé les manches pour s'attaquer à ce moment, et en donner leur interprétation en dessins et bulles. Mais la lecture de leur premier tome me laisse sur ma fin, car ils me donnent l'impression d'être trop prisonniers de l'oeuvre de départ, ne s'en éloignant ni dans le texte ni dans le graphisme. Leur Île est au trésor est plutôt une transposition en images, presque valeur ajoutée de leur part.

Je me suis senti bien loin des transports nés de la découverte de Long John Silver de Xavier Dorison & Mathieu Laffray, ou Le maître de Ballantrae d'Hippolyte.

L'île au trésor de Chauvel et Simon pourrait cependant être une bonne porte d'entrée pour un jeune lectorat que l'on conduirait ensuite vers le roman originel ou vers des adaptations plus audacieuses.

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vendredi 31 décembre 2010

Tout un archipel

 
En furetant sur le net à la recherche d’éditions de L’île au trésor de Robert Louis Stevenson, j’ai pu me rendre compte de la diversité des couvertures choisies pour ce roman, au fil de plus de 120 ans de publication de ce roman. J’ai trouvé, pour l’instant, une bonne centaine de couvertures différentes, pour des éditions en français et en anglais (je n’ai pas encore fouillé le net pour des éditions dans d’autres langues, mais ma curiosité pourrait m’y pousser !).

Voici un bouquet de quelque couvertures, parmi celles que j’ai trouvées, bouquet qui essaie de balayer la diversité des styles, du plus dépouillé ne portant que le nom de l’auteur au très classique avec son image de pirate à jambe de bois, en passant par des choix un peu plus audacieux mais qui ne sortent pas totalement des sentiers battus.












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mercredi 29 décembre 2010

Une île de plus dans l’archipel

 
Encore une. Eh oui, encore une édition de l’adaptation en BD par Hugo Pratt du roman L’île mystérieuse de Robert Louis Stevenson. Depuis la première édition originale argentine en 1966, une dizaine d’autre ont suivi, à en croire la page de recensement publiée sur le site, généralement très bien informé, des « archivespratt ».
 

Une de plus chez les libraires, et une de plus dans ma bibliothèque personnelle. Je n’ai même pas cherché à résister, acheteur compulsif que je peux être quand il s’agit d’ouvrages signés Pratt. Cette édition-ci a trois caractéristiques qui m’ont vite fait flancher vers l’achat :
- elle contient, en fait, deux récits de Stevension, L’île au trésor (Treasure Island)  et Enlevé ! (Kidnapped) ;
- elle comprend une préface par Hugo Pratt, illustrée de quelques aquarelles (superbes, bien entendu), et une postface de Marco Steiner ;
- et, contrairement à ce que peut laisser penser son emballage, elle est présenté en format à l’italienne et non à la française.
 

Bien que j’en connaisse la trame à peu près par cœur, je prends toujours plaisir à relire le roman L’île au trésor, et son adaptation par Pratt. Je ne vais pas vous faire l’affront de vous parler ici en détail de ce roman qui concentre toutes les images populaires de la piraterie, du coffre au trésor au perroquet sur l’épaule, du bandeau sur l’œil à la jambe de bois, du drapeau noir au tonneau de rhum, du pirate revanchard au survivant devenu presque fou.
 
Un extrait de L'île au trésor
Enlevé !, en revanche, est un peu moins connu, même si le nom de David Balfour fera peut-être tilt dans un coin de la mémoire de ceux qui ont, en leur jeunesse, dévoré des « romans d’aventure pour adolescents ». Ce roman-là méritant mieux que cette appellation un peu étriquée, je lui consacrerai un très prochain billet.
Cette adaptation en BD présente, dans cette édition-ci, une mise en couleurs dans des tons très doux.
 
Un extrait d'Enlevé !

Ces deux récits graphiques portent bien évidemment le style de Pratt à ses débuts, un crayonné avec des hachures parfois trop présentes à mon goût, encore du trait économe, voire dépouillé, qu’il acquerra au fil du temps. Mais cette édition n’en constitue pas moins un très beau livre, qui pourra plaire aux amateurs dix-huitièmistes, aux amateurs de BD, et aux amateurs d’aventures, tout simplement.
 
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lundi 7 janvier 2008

Hourrah pour Long John !

L’album Long John Silver, de Xavier Dorison & Mathieu Laffray, était l’une des bandes dessinées inspirées de L’île au trésor de Stevenson dont j’avais parlé voici quelque temps déjà. J’avais été séduit par l’approche originale (raconter, dans cette BD, ce que le roman a laissé dans l’ombre) et par la force du graphisme.

La couverture, elle-même, frappait déjà un grand coup.



Eh bien voilà que les amateurs de bande dessinée, dont je suis, ont procédé, sur l’initiative du site BD Gest’, aux récompenses d’albums publiés en 2007, récompenses soulignant les mérites dans diverses catégories (meilleur album, meilleures couleurs, etc.).

Dans la catégorie « Meilleure couverture », c’est ce tome 1 de Long John Silver qui l’emporte haut la main parmi les dix prétendants, avec plus de 41% des plus de 1.000 votes exprimés, devançant largement son dauphin (un peu moins de 13% des voix).




Que vous dire d’autre, sinon que vous ne devez pas vous arrêter à la seule contemplation de cette couverture, mais bien vous plonger au plus vite dans la lecture de cet album ? Ainsi, je ne serai plus le seul à attendre la suite avec impatience.

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Fiche de cet album sur le site de la Bédéthèque.

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mercredi 11 mars 2015

Pi... raté ?


La série Black Sails embarque ses spectateurs vers les temps de pirate du capitaine Flint vingt ans avant ce que Robert Louis Stevenson contait dans son Île au trésor.
Elle est plutôt bien notée par les utilisateurs du site IMDB (note de près de 8/10, sur plus de 26.000 votes à la date d’aujourd’hui). Et comme les séries télévisées sur les pirates étant plutôt rares, j’étais curieux de découvrir cette production-là.


Force, m’est de constater, après avoir regardé l’intégralité de la première saison en DVD (et sur un écran de télé de taille respectable, pas sur une tablette numérique), que mes sentiments mitigés. Je suis partagé entre le plaisir de certains aspects assez prenants, et la déception d’autres qui sont caricaturaux, voire « inutiles » à mes yeux.

J’attendais peut-être trop de Black Sails. Je me disais que ce serait peut-être à l’univers des pirates ce que Rome était à l’antiquité romaine, ou Hell on Wheels à la conquête de l’Ouest américain par le train. Je m’attendais à une série de la qualité de Vikings (qui, elle, vaut vraiment le détour).

Las. Dans Black Sails (saison 1, au moins), les personnages semblent sortis tout droit d’un casting de mode façon « bad guys », avec barbe de trois jours, cicatrices faites avec les fins de série du kit « maquillage magique ».


Idem pour les « bad girls », Anne Bonny (incarnée par Clara Paget, qui, à l’écran, paraît traîner son rôle comme un boulet) étant peut-être la pire de toutes, avec son faux regard dur et son rictus pitoyable sous l’aile large de son chapeau qui maintient son visage dans l’ombre. C’en est presque risible.


Les relations entre personnages glissent parfois du côté du soap opera le plus mou, avant de passer à l’autre extrême, avec sang à flot et sexe débridé, voire forcé. Je ne suis pas niais au point de croire qu’une horde de psychopathes et sociopathes, meurtriers en série, gens de sac et de corde, révoltés acharnés contre le monde entier, ait pu vivre comme une bande de beatniks de retour de Katmandou ou Woodstock. Je ne confonds par l’île de Providence et l’île de Wight. Mais, quand même, ces Black Sails me semblent comporter des ingrédients jetés en vrac dans le shaker, et non choisis avec soin pour s’assembler en un cocktail vraiment pensé.

Quant aux épisodes maritimes, les effets spéciaux numériques pour les navires naviguant sous voiles piquent les yeux, avec parfois des erreurs physiques dans la façon dont les voiles se gonflent ou dont les pavillons flottent au vent.


Pourtant, la photographie est bien travaillée, les costumes ne tombent pas dans le déguisement de carnaval, le souci apporté aux extérieurs et intérieurs, tant dans les bâtiments terrestres que dans les navires, donne une véracité formelle à cette série. Néanmoins, du point de vue du récit, les alliances, contre-alliances, retournements d’alliances, trahisons, faux-semblants et vrais mensonges, n’arrivent pas à me maintenir pleinement éveillé.


Bref, je pense que je n’embarquerai pas pour la saison 2.


Pour retrouver Long John Silver dans une autre appropriation de ce personnage, je retournerai plutôt vers la série de bandes dessinées que lui consacrent Mathieu Laufray au scénario et Xavier Dorison au dessin (éditions Dargaud, série terminée, 4 tomes publiés en 2007, 2008, 2010 et 2013 respectivement ; fiche sur le site de la Bedetheque).



dimanche 3 janvier 2010

Encore une île



Ce ne sont pas les éditions qui manquent pour L'île au trésor de Robert Louis Stevenson. J'en ai déjà plusieurs, mais cela ne m'empêche pas de me tourner vers d'autres éditions que je trouve intéressantes.





Ma découverte la plus récente dans ce domaine est une édition de ce roman parue pour la Librairie Delagrave (Paris) en 1939, un grand in-4°, en reliure de toile bleue, avec un premier plat illustré d'un en noir, blanc et doré.




Son originalité ? Être illustrée de 50 photographies tirées du film L'île au trésor de Victor Fleming (1934, Metro Goldwin Meyer).



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lundi 8 mars 2010

Une île que je n'aborderai pas

Je reste curieux des adaptations en BD du roman de Robert Louis Stevenson L'île au trésor. Alors, en entendant sur diverses radios une publicité pour une collection « Les incontournables de la littérature en BD », qui sera diffusée avec Télé 7 jours, j'ai dressé l'oreille. Bon, autant le dire tout de suite, Télé 7 jours n'est pas mon magazine de chevet, mais je me sentais prêt à me résoudre au sacrifice d'en acheter un exemplaire pour découvrir cette adaptation de L'île au trésor.


Mais en furetant ici et là sur le net, j'ai vite appris qu'en guise d'adaptation, c'est surtout du réchauffé :

« En fait, c'est une réédition de la collection Romans de toujours des éditions Adonis. Le tout a été "remballé" avec le nom de Glénat sur la couv et Delitte comme illustrateur de ces mêmes couvertures, mais pour en avoir lu quelques uns au moment de leur sortie, c'était loin d'être une collection mémorable. En fait, Adonis visait clairement les CDI de collège avec des arguments du genre : des textes classiques en BD, ça va plaire à vos élèves et à votre chef d'établisssement ! En plus, il y a un dossier pédagogique à la fin (présentation de l'auteur et du roman, contexte historique...), c'est idéal pour les exposés ! En gros, de la BD scolaire sans aucune originalité avec un dessin réaliste ou semi-réaliste franchement pas top. » (tiré d'une discussion du forum de BDGest).

Bref, des contenus médiocres, cachés sous des couvertures confiées à un illustrateur plutôt talentueux, lui : Jean-Yves Delitte.

Hop, je viens d'économiser quelques pistoles, et n'aurai pas à commettre le sacrifice d'acheter Télé 7 jours.
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