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mercredi 23 mai 2007

Bougainville autour du monde... et chez vous

Dans un précédent billet, j'avais jeté un coup de lanterne sur une bande dessinée en deux tomes, Le passage de Vénus, de Dethorey et Autheman, qui conte une partie du voyage de Bougainville autour du monde. J'avais acheté ces BD en me souvenant du grand plaisir que j'avais pris à lire, voici vingt-cinq ans, le récit de voyage par Bougainville lui-même, dans la collection Folio de chez Gallimard.

Quelques années plus tard, j'avais découvert, grâce à une bibliothèque municipale, une édition bien plus belle, et que j'empruntais souvent en me disant : "un jour, je l'achèterai". Et voilà qu'il y a quelque temps, après avoir longtemps surveillé les bouquinistes et les sites internet de vente de livres d'occasion, j'ai enfin mis la main sur cette édition formidablement intéressante et tout aussi formidablement réalisée, illustrée, etc., mais totalement épuisée depuis plus de 20 ans :
Bougainville et ses compagnons autour du monde, 1777-1779, Imprimerie Nationale, 1977, Collection Voyage et Découverte.

Ces deux volumes (plus de 1.000 pages en tout), présentés en coffret, rassemblent non seulement le journal de Bougainville, mais également ceux d'Hervel, de Fesche, de Vivez, de Caro, de Nassau-Siegen, de Commerson, de Duclos Guyot et du chevalier Walsh.
Sans compter les commentaires ajoutés sur la préparation du voyage, les navires, les méthodes de navigation, la santé et l'alimentation, le bilan du voyage, etc.

J'ai été très content de mon achat (même s'il a fallu casser un peu la tirelire...).

Mais, pour ceux qui ne voudraient pas se mettre en quête de l'édition de 1977, il est plus facile de se tourner vers une récente réédition : Bougainville et ses compagnons autour du monde, chez Actes Sud (2006, 1120 pages, ISBN 978-2-7427-6271-2).

Je n'ai pas eu entre les mains cette réédition, et ne peut donc pas en dire grand chose. Mais si elle est d'une qualité comparable à l'édition de 1977 (et connaissant le sérieux des éditions Actes Sud, je ne peux imaginer qu'elle ne soit pas de grande qualité), alors je ne peux que conseiller cet achat, qui séduira les amateurs de voyages maritimes, les amateurs du temps des Lumières, et les amateurs de beaux livres.

samedi 28 avril 2007

Un voyage inachevé

Sur les rayons de ma bédéthèque personnelle, quelques oeuvres couvrent à la fois ma passion pour le dix-huitième siècle et ma passion pour la mer. Parmi elles, les deux tomes du Passage de Vénus, de Dethorey et Autheman (Ed. Dupuis, collection Aire Libre, ISBN 2-8001-2658-2).

Ils narrent une partie du voyage de Bougainville et de ses compagnons autour du monde, la narration étant centrée sur le naturaliste Commerson et sa compagne Jeanne Barré (qui, à bord, se fait passer pour un homme).
L'art de Dethorey est très prenant, tant dans ses lumières éclatantes que dans ses clairs-obscurs.

Pourquoi ne narrent-ils qu'une partie seulement de ce voyage ? Parce que le troisième tome, qui devait clore le récit, n'a jamais été publié, Dethorey étant décédé alors qu'il travaillait au deuxième tome. Ce deuxième tome comprend donc une partie illustrée par Dethorey, et une autre dessinée par François Bourgeon, tout en crayonné au noir et blanc.

Je trouve cette juxtaposition très émouvante. Bourgeon a, en effet, marqué d'une empreinte ineffaçable, la BD maritime, et même la BD tout court et les récits maritimes, avec ses Passagers du vent (je les évoquerai dans un prochain billet). Ce Passage de Vénus, sous les mains de Dethorey, était donc un vrai défi, celui de l'exploration d'une autre voie graphique, d'un autre sens du récit, pour une exceptionnelle aventure maritime. Et voilà que c'est Bourgeon, qui, d'un crayon sobre mais finalement pas sombre, qui a terminé le deuxième tome du Passage de Vénus.

S'il peut être frustrant de ne pas avoir eu ce troisième tome, je comprends tout à fait la décision de l'éditeur et du scénariste de ne pas poursuivre l'aventure sans Dethorey. Le naturaliste Commerson est mort pendant le voyage de Bougainville, et Dethorey, qui l'avait choisi comme personnage central, n'a pas fini le voyage, lui non plus.

mardi 5 février 2008

Thalassa dix-huitièmiste


C
onti. Que voilà un grand nom du dix-huitième siècle.
Notamment porté par Louis François de Bourbon, prince de Conti. Après s’être distingué dans le services des armes, notamment pendant la guerre de Succession d’Autriche, il a été un fin diplomate, embarqué dans les manœuvres du Secret du Roi aux côté du comte de Broglie.
Nom porté aussi par plusieurs navires, dont au moins quatre vaisseaux de la deuxième Compagnie des Indes orientales.

L’Edition de Conti se place donc sous l’égide d’un grand nom. Et en ouvrant une collection dénommée Grande bibliothèque Thalassa, il était impossible qu’elle publiât des livres parmi lesquels je ne trouverais pas mon content.

A ce jour, j’ai acheté quatre livres de cette collection, tous de la plume de Julia Ferloni :
- Lapérouse : Voyage autour du monde
- De Lapérouse à Dumont d'Urville : Les explorateurs français du Pacifique
- Marchands d'esclaves : De la traite à l'abolition
- Bougainville, Cook, Lapérouse : Marins des lumières dans le Pacifique





Ces ouvrages, en grand format, démontrent pleinement la double casquette de Julia Ferloni, professeur d’histoire et diplômée de l’Ecole du Louvre, car ils offrent aussi un éclairage historique sur les différents thèmes traités qu’un choix très sûr de nombreuses et belles illustrations.

Ne vous éloignez pas, je dirai bientôt quelques mots de chacun de ces livres.

vendredi 25 janvier 2008

A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ?


«
A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ? » Une tradition veut que ce soit quelques-uns des derniers mots prononcés par Louis XVI sur l'échafaud. Cette réplique, très probablement apocryphe, n'en montre pas moins à quel point à quel point le non-retour de Lapérouse en France soulevait des questions dans l'esprit de ce roi si attaché au fait maritime, à l'exploration et au développement des connaissances.

Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse (ou La Pérouse), l'albigeois, a été l'un des explorateurs célèbres du Pacifique au dix-huitième siècle, après James Cook et Antoine de Bougainville. En disparaissant en 1788, il entre dans la légende, à nos yeux de Français, tout au moins ; au point que son nom est aussi prestigieux que celui de James Cook, alors que le « palmarès » de ce dernier en termes de voyages d'exploration est bien plus conséquent.

Cependant, je ne suis pas là pour organiser un classement des explorateurs, mais pour signaler un double DVD, L'incroyable aventure de Monsieur de Lapérouse, rassemblant, entre autres, des reportages d'Yves Bouregois sur trois expéditions scientifiques menées en mer et à terre sur les lieux du naufrage, à Vanikoro. Ces reportages montrent les fouilles tant sous l'eau qu'à terre, partageant les interrogations des chercheurs (où et comment les deux navires ont-ils sombré ? Certains membres des équipages ont-ils pu gagner la terre et y survivre quelque temps ?), leurs espoirs et parfois leurs déceptions.


Certaines séquences mettent en lumière des aspects intéressants, dans la valorisation prospective des éléments découverts, avec des approches de reconstitution, de simulation.


L'une est la reconstitution anatomique, anthropologique, de la tête (et donc du visage) d'un marin à partir des restes de son crâne, par Elisabeth Daynes (visitez son site pour découvrir son travail en général).


L'autre est une simulation informatique des conditions et épisodes du naufrage des navires ; vous pouvez lire, sur cette page-là, une interview d'un étudiant de l'Institut supérieur de l'art digital ayant participé à ce travail de modélisation, et regarder deux extraits de ces animations.

Je ne prétends pas que mon billet reflète une brûlante actualité, puisque ces reportages ont été diffusés à la télévision puis en DVD en 2005. Toutefois, je profite d'une prochaine actualité pour en reparler : en effet, le Musée de la marine à Paris présentera, du 19 mars au 20 octobre 2008, une exposition intitulée Le mystère Lapérouse, enquête dans le Pacifique Sud.



Sire, nous avons des nouvelles de Monsieur de Lapérouse.


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samedi 14 avril 2007

En guise d’introduction

Cet espace est consacré principalement à la deuxième moitié du dix-huitième siècle, et plus particulièrement la période 1750-1790.
C’est une période que j’ai découverte en suivant les pas de Giacomo Casanova, l’esprit de Madame du Châtelet, le sillage de Louis-Antoine de Bougainville, ou le pinceau de Thomas Gainsborough. Ainsi que la pellicule de Stanley Kubrick ou les romans de Jean-François Parot.
J’ouvrirai les pages de ce carnet de voyages à des aspects très divers, sans autre prétention que de vous inviter aux voyages et aux rencontres dans le temps et l’espace, de Paris à Venise, de Boston à Pondichéry.

Parallèlement à cela, le jeu de rôles est une autre de mes passions, que je pratique en tant que joueur et en tant qu’auteur amateur. Or, cette deuxième moitié du dix-huitième siècle a peu été exploitée comme univers de jeu de rôles. Cet espace sera donc, également, le lieu de rencontre de ces deux passions, dans un projet d’écriture d’un jeu de rôles ayant pour cadre ce dix-huitième siècle que j’apprécie tant.

Posez votre tricorne sur votre tête et votre cape sur vos épaules, je serai votre guide.


Votre dévoué Monsieur de C.

dimanche 31 mai 2009

Lumières océaniques


Le Conseil des musées de Poitou-Charentes avait publié, en 1998, une CD-ROM sur le thème L'Océanie des Lumières, c'est-à-dire l'exploration, par les marins du XVIIIe siècle (Bougainville, Cook, La Pérouse et autres d'Entrecasteaux) de ces mers et terres lointaines.

A défaut de pouvoir mettre la main sur un exemplaire de ce CD-ROM, il reste la possibilité de visiter cette très intéressante exposition virtuelle.




Un petit regret, toutefois : l'ergonomie du site, qui ne rend pas tout à fait évidente la navigation du visiteur (un comble pour un site sur le sujet de la navigation !).

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dimanche 18 avril 2010

Outre-Terres, voyage musical

 
C'est en furetant sur le net en écoutant du jazz que j'ai découvert le quartet New Antics, comprenant  à un moment de son existence Carine Bonnefoy au clavier, Sophie Alour au saxophone ténor, Felipe Cabrera à la basse et Julie Saury à la batterie. Mais, que nous parle-t-il de jazz dans ces salons dix-huitièmistes ?, vous demanderez-vous peut-être. N'ayez crainte, je n'ai pas perdu la boule au point d'oublier que chez Monsieur de C., il est plus question de piano forte que de Fender Rhodes.

Si je vous parle de ce quartet, c'est parce qu'il m'a permis de découvrir Carine Bonnefoy, pianiste et compositrice, dont l'un des albums, intitulé Outre-Terres / Overlands (Crystal Records, 2007), est un ensemble de pièces portant, chacune, le nom d'un navire emblématique des explorations maritimes du XVIe au XIXe siècle, parmi lesquelles « Boudeuse », le navire du voyage de Bougainville en 1766, et « Endeavour », le navire du voyage de Cook en 1778.
Une œuvre pour piano, orchestre (52 musiciens) et voix (4 chanteurs) qui nous emporte sur les mers au-delà des terres connues, vers les lointaines îles du Pacifique, en mêlant les structures musicales et orchestrales de la musique « classique » et du jazz.


Un étonnant, brillant et passionnant voyage, conseillé à tous ceux qui ont l'esprit ouvert aux rencontres de la musique et de l'imaginaire.


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