lundi 28 janvier 2008

Piège en poche

Par un soir discret de mai dernier, j'avais glissé dans une bocca di leone, destinée à cette effet, ma dénonciation de la tiédeur du roman Le piège de Dante, d'Arnaud Delalande.

Ce roman vient de sortir en format de poche. Et je découvre, sur sa couverture, la mention « Sélection 2008 – Prix des lecteurs ».
Aurais-je été à ce point injuste avec ce roman ? Ai-je été trop exigeant en souhaitant qu'il fût alors, tout à la fois, un bon roman vénitien et un bon roman policier et un roman avec une personnalité propre ?

J'ai trouvé, sur la toile, des critiques élogieuses de ce roman, de la part d'acheteurs sur des sites de vente par correspondance ou de la part de chroniqueurs sur des sites littéraires. Je peux comprendre le dithyrambe, voire l'emphase, de lecteurs prêts à tous pour porter aux nues un roman qui les a conquis. Mais, quand je lis une critique (positive) comme celle publiée sur le site Evene, je réagis immédiatement par le doute : quelqu'un qui ose placer le roman Da Vinci Code dans la première phrase de son texte pour en dire que Le piège de Dante tient la comparaison ne peut quasiment que me conforter dans mon impression (médiocre) sur le roman d'Arnaud Delalande. S'il faut me parler d'un roman avec une solide intrigue policière et une richesse historique et culturelle, qu'on aille au moins chercher Le nom de la rose, d'Umberto Eco. Faisons dans le grand, dans le prenant, diantre !
Se servir du Da Vinci Code comme étalon du roman historico-ésotérico-policier, c'est du même tonneau que faire référence à André Rieu dans la critique d'une représentation des Noces de Figaro.


Si l'aventure vous tente néanmoins, laissez-vous tenter. D'une part parce qu'au tarif d'un livre de poche, la maison ne menace pas ruine, et d'autre part parce que pour un regard moins casanovaphile (et méchant) que le mien, il y a peut-être là un roman d'aventures dans lequel s'embarquer sans se creuser la tête.
Et si le roman vous plaît, n'hésitez pas à venir dire ici qu'il vous a plu, et pourquoi. Dans les salons de Monsieur de C, nous ne sommes pas obligés de parler d'une seule voix. ;-)

5 commentaires:

Thomas B. a dit…

Citer le "Da Vinci Code" comme référence est effectivement le meilleur moyen de m'empêcher de lire ce livre.

Mais "Angels & Demons" est encore pire, on a plus l'impression de lire un jeu vidéo qu'un roman. Et en voyant ce qu'il a fait subir à la géographie parisienne dans le DVC, j'ose à peine imaginer ce que la lecture d'A&D doit donner pour un habitant de Rome.

Donc le "Piège de Dante" sera au mieux un emprunt en bibliothèque.

Andromède a dit…

Hmmm... Je clique sur le lien qui doit me mener au site Evene, pour lire la critique en question, et vlan, une méchante pub "Bazardchic" avec une blondasse gominée qui me fait de l'oeil envahit mon écran. Mauvaise impression pour moi aussi, donc XD

Sérieusement, j'ai lu votre critique, celle du site et... Je n'ai aucune envie d'acheter le roman XD J'avais eu exactement le même tour avec le 1661 de Jégo et Lépée, qui m'a tout l'air d'être sorti du même tonneau que ce livre-ci ( la 4e de couverture de "1661" le qualifiait également de "Da Vinci code français" XD ). Quitte à suivre les débuts de Louis XIV et les déboires amoureux du premier fiancée de La Vallière, j'aime autant me régaler avec Dumas et Raoul-le-Betterave, et quitte à découvrir l'époque de Casanova, j'aime autant suivre vos conseils de lecture XD

Pour une fois, donc, je ne défendrais pas la cause perdue et vous approuve entièrement XD

Monsieur de C a dit…

La référence au Da Vinci Code est, à mon avis, une faute de goût, et elle est probablement injustifiée. Je n'ai pas lu le DVC, mais uniquement des critiques s'y reportant, et je ne pense pas que ce Piège de Dante soit du même acabit, fort heureusement.

Comme je l'ai dit dans ma première critique de ce roman, on est plutôt dans "Quand Casanova rencontre la Tulipe Noire".
Je pense que j'aurais plus apprécié ce roman si l'auteur avait choisi soit de prendre carrément Casanova comme héros (comme dans Vetro, d’Orazio Bagnasco, que j'avais cité ici et , et auquel je vais consacrer un billet spécifique), soit de s'en éloigner fortement. là, il est resté à planté à la moitié du gué, et ça me donne une impression bizarre.


N'ayant pas lu 1661, je ne peux pas l'étriller. ;-)

Thomas B. a dit…

Ayant été assez traumatisé récemment par un visionnage de la tulipe noire, j'avais frémi en lisant ce fameux billet.

Je conseille tout de même la lecture du DVC, tout comme je conseille de manger un Big Mac ou regarder le 13h de Jean-Pierre Pernaut, au moins une fois, pour se faire sa propre idée sur les phénomènes médiatiques.

Empruntez une édition anglophone a un ami ou une bibliothèque et accrochez votre ceinture :)

Monsieur de C a dit…

Je peux comprendre le traumatisme du visionnage de La tulipe noire, dont je trouve qu'il vieiliit bueauop moins bien que d'autres films du genre et qui lui sont à peu près contemporains.

Pour ce qui est de manger un Big Mac, c'est déjà fait.
Le 13 heures de JPP, je suis incapable d'en regarder un en entier, et j'évite même d'en regarder le moindre bout.

Et je me demande s'il faut vraiment que je lise le DVC alors que j'ai tant d'autres bonnes choses à (re)lire. ;-)