mardi 11 septembre 2007

D'un geste de la main

Mon escapade béarnaise en pays de Fanfan la Tulipe avait été riche de découvertes. La rencontre avec l'association de reconstitution en avait été une, bien sûr. Mais la visite du château et du parc, également, un domaine dans lequel je n'étais jamais entré alors que j'étais passé tout près de là des dizaines de fois, soit pour mon travail soit pour me promener. L'occasion a donc fait le larron.


Petite surprise complémentaire, le château de Laas abrite une très belle collection d'éventails, rassemblée par Louis et Madeleine Serbat, anciens propriétaires des lieux, et qui fait partie, depuis le legs en 1964, du patrimoine du département des Pyrénées- Atlantiques. Quarante-cinq éventails qui dessinent, à leur manière, une histoire de l'éventail français du XVIIe siècle jusqu'au début du XXe siècle.


J'avais quelques notions de base sur les éventails et leur fabrication, les montures et les feuilles. Mais j'ai pu dépasser ces notions-là, d'une part grâce à ce qui était exposé et d'autre part grâce à l'achat (lors de la visite) et à la lecture (ces derniers jours) d'un superbe livre, Autant en porte le vent : Eventails, histoire de goût, de Bernadette de Boysson, Catherine Le Taillandier de Gabory et Georgina Letourmy (Somogy Editions d'Art, 2004, ISBN-13: 978-2850567902, fiche du livre sur le site de l'éditeur), publié à l'occasion d'une exposition présentée de novembre 2004 à février 2005 au musée des Arts décoratifs de Bordeaux.

Un des aspects particuliers de l'éventail que je ne connaissais pas du tout avant la visite du château de Laas est la mise au rectangle. Opération qui va, en fait, à l'envers même de la vie de l'éventail, puisqu'il s'agit à la fois de le déplisser et de l'immobiliser. Plus de mouvement d'ouverture et de fermeture, plus de geste de la main pour se rafraîchir ou transmettre un message muet. La toile est étalée, encollée sur une planche de bois, puis le reste de la planche de bois est peint pour compléter ce qui devient un tableau rectangulaire. Etonnant destin pour un éventail, et étonnant tableau où l'oeil qui s'approche finit par remarquer les rayons de la feuille et les parties complémentaires « lisses ».

Mais, sans m'arrêter à ce qui est, finalement, un détournement de l'éventail, j'ai commencé à entrevoir une grande richesse de styles, de matière, de savoir-faire, derrière ce « petit » accessoire.
Et cela a réveillé ma curiosité d'en savoir plus. Affaire à suivre.

2 commentaires:

andromède a dit…

Cet objet m'a toujours fait mourir de rire, depuis que je suis gamine... Cela a sans doute rapport au fait que ma grand-mère mettait des coups d'éventails à son chat quand il s'approchait trop près de sa pile de linge propre :D Un jour, j'irais fouiner dans ses affaires, peut-être qu'il aura moins souffert que ce que je pense ^o^
En attendant, c'est en effet un très bel objet, qui me fait sourire ( sinon encore plus rire ) depuis que j'ai appris le "langage de l'éventail", très pratique dans les salons depuis plusieurs siècles... Mais bien évidemment, c'est pas drôle : aujourd'hui on ne comprends plus que les coups ^^;;;;;;;

Monsieur de C a dit…

Au moins, l'éventail ne vous laisse pas indifférente ! :-)