mercredi 2 septembre 2009

Des mots bons et moins bons



Je suis client de livres et parfois de futilités. Quand un livre joue sur la futilité, il peut m'arracher quelques sous pour l'acquérir.
Cela a été le cas avec Bons mots et phrases assassines (éditions Le chêne, collection Esprit XVIIIe, 2009, EAN 9782842779733), florilège de saillies dues à des plumes et des voix dix-huitièmistes, célèbres ou non, qui ont fait des mots quelque chose de plus redoutable que l'épée. Les amateurs du film Ridicule de Patrice Leconte, auquel j'ai déjà consacré un billet, en savent quelque chose.

Ce genre d'opuscule n'est pas à lire d'une seule traite. Il faut plutôt y piocher de temps en temps, presque en l'ouvrant au hasard, pour en savourer l'humour, l'acidité, voire la méchanceté.
La présentation de cet ouvrage est fort plaisante, par sa typographie, ses gravures, ses culs-de-lampe.
Mais, contrairement à ce qu'en dit le titre, je n'ai pas trouvé tous les mots ainsi présentés aussi percutants les uns que les autres. Certains m'ont même laissé plutôt froid. Et, pour ce qui est de la présentation, pour un livre de ce prix-là (un prix neuf affiché à 15 euros), j'aurais tout de même préféré qu'il ne fût pas imprimé en Chine et recouvert d'un plastique imitation cuir. Je veux bien qu'il y ait eu un travail de sélection des textes, et qu'il faille en rémunérer les personnes qui y ont procédé. Mais la matière première était gratuite, libre de tous droits, pour autant que je sache, et il doit bien se trouver un imprimeur capable de travailler ce format de livre sans être ruineux, en France, en Espagne ou en Italie. En tout cas sans aller le chercher chez l'empereur de Chine.




En résumé, un ouvrage sympathique mais qui me laisse mi-figue mi-raisin.
  
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mardi 1 septembre 2009

Un vieux pirate


E
ncore chez un bouquiniste, c'est Le pirate de Walter Scott qui a retenu mon attention, dans une édition de 1835. Le couverture est un peu fatiguée, en particulier son dos. Et l'intérieur est un peu piqué. Mais le prix en était très intéressant, compte tenu de ces défauts.
Le pirate est paru en 1821, et a pour cadre les austères îles Shetland et Orcades (Orkney, en anglais), au nord de l'Écosse, dont les habitants sont soumis aux méfaits du pirate John Gow et de l'équipage de son navire Revenge « armé de trente gros canons et de six d'un moindre calibre ».
Dans son roman, Walter Scott reprend des éléments de l'histoire du « vrai » John Gow, dont il se sert à une période différente : les méfaits de John Gow ont eu lieu dans les années 1720, et Scott a pris l'été 1689 comme toile de fond.
Comme dans d'autres romans historiques de Walter Scott, la toile des relations entre les différents personnages est complexe, entre le pirate repenti venu trouver dans ces îles le repos de son esprit fatigué par ses crimes anciens, les pirates nouvellement arrivés dont l'un est cruel tandis que l'autre a plutôt bon cœur, la femme qui prétend avoir des pouvoirs surnaturels et prophétiques, se trahissant ou se portant secours, sur le chemin de la damnation ou de la rédemption.
J'ai offert une petite place à ce roman dans ces salons dix-huitièmiste, même s'il est paru au XIXe siècle et que son récit porte sur le XVIIe siècle : ce Pirate est en efet fortement influencé, pour ce qui est de la description de la vie en mer et dans ces îles par The Adventures of Peregrine Pickle (1750), de Tobias George Smollett, un romancier écossais pleinement dix-huitièmiste pour sa part (1721-1771).
 
 
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lundi 31 août 2009

Héros au parfum chrétien



C'est sur l'éventaire d'un bouquiniste que j'ai trouvé, à tout petit prix, un exemplaire du livre Les héros de Québec de l'abbé Casgrain. Je l'ai feuilleté par curiosité, n'ayant aucune connaissance, au moment de mon achat, ni sur l'auteur ni sur l'éditeur.

Le bouquiniste m'a alors instruit du fait que les éditions MAME (Maison Alfred Mame et Fils), qui existent encore de nos jours après avoir changé plusieurs fois de propriétaire en un siècle et demi d'existence, étaient connues comme des éditions religieuses, catholiques, en France.
Pas vraiment de quoi m'étonner, donc, que l'auteur de cet ouvrage-ci soit un abbé. Henri-Raymond Casgrain, en l'occurrence, homme de lettres et d'Église canadien (1831-1904). Pas de quoi m'étonner non plus, à la lecture du livre, sur les nombreuses références à la noblesse de l'esprit chrétien de Louis-Joseph marquis de Montcalm et François Gaston chevalier de Lévis, les deux « héros » mis en lumière par ce livre.

Quoi qu'il en soit, ce livre, paru en 1891 sous le titre Montcalm et Lévis et que j'ai acheté dans une édition de 1931, vaut au moins pour le regard particulier porté sur ce temps et sur ces hommes. Une curiosité qui ne m'a pas ruiné, et que j'ai lue en cette période de 250ème anniversaire du siège de Québec et de la bataille des plaines d'Abraham, qui vit la mort de Montcalm et de son adversaire le général anglais James Wolfe.
 
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dimanche 30 août 2009

Casanova tire le rideau


C'est par l'intermédiaire de très belles photographies de Marlène Gélineau Payette d'une représentation de cette pièce que j'ai découvert La fin de Casanova, de Marina Tsvetaïeva.

Photographie de Marlène Gélineau Payette

Poétesse russe du début du XXe siècle, contemporaine d'Osip Mandelstam et de Boris Pasternak qui lui vouaient une grande admiration, et attachée aux œuvres d'Edmond Rostand, de Rainer Maria Rilke ou Sergueï Aksakov, Marina Tsvetaïeva a contribué au renouveau de la poésie russe dans ces années-là. Frappée par un destin tragique, dans le tourbillon de la révolution russe et dans ses malheurs personnels (son mari parti combattre dans l'armée russe blanche, sa fille morte de faim), elle quitte notre monde par le suicide en 1941, à 49 ans.

Une pièce très touchante. En cette symbolique dernière heure de 1799, frontière entre le XVIIIe siècle finissant et le XIXe siècle naissant, Giacomo Casanova, aventurier finissant, lui aussi, s'apprête à franchir la frontière entre le monde des vivants et celui des morts. C'est par licence poétique que Marina Tsvetaïeva a gardé Casanova vivant jusqu'en 1799, puisque le « vrai » est décédé en juin 1798.
En cette soirée du 31 décembre 1799, un monde s'achève, et Casanova tire le rideau sur sa vie, et en particulier sur son amour pour les femmes, sur ses amours, en jetant au feu toutes ces lettres d'amour qui le raccrochent encore symboliquement à ce qu'il a été, à la vie, tout simplement. Lui qui a voyagé dans toute l'Europe, lui dont la vitalité, le charme et l'ingéniosité lui ont ouvert les portes des palais et des cœurs, n'est plus qu'un vieux bibliothécaire dans un château presque quelconque de Bohême. Mais la flamboyance de ce feu mêle intimement la fin et la vie.
Alors que Casanova tisse ainsi, dans sa solitude, une paradoxale toile de souvenir et d'oubli, une jeune fille vient jouer les intruses, en lui déclarant son amour. Est-ce une intruse bien réelle ou une dernière divagation de l'esprit de Casanova ? Qui sait ? Et, d'ailleurs, qu'importe ? Voilà l'occasion d'un dernier amour, avant la dernière séparation. Un dernier pas vers un absolu impossible à atteindre. Un dernier pas, en fait, vers une réalité limitée par les règles du possible.

Mes souvenirs de russe scolaire sont trop loin pour me permettre de lire Marina Tsvetaïeva, mais je pense que sa langue doit donner une dimension supplémentaire à cette pièce. Le texte de la pièce peut être trouvé en langue française sous le titre Le Phénix ou La fin de Casanova (éditions Clémence Hiver, 2002, ISBN 9782905471376 ; traduction du russe par Nicolas Struve, Zéno Bianu et Tonia Galievsky).

Œuvre à la fois poétique et dramatique, de dit et de non-dit, de réel et de songe, de refus et d'acceptation, cette Fin de Casanova est particulièrement touchante. A recommander aux amateurs de Casanova et aux amateurs de théâtre et de poésie.


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  • Pour une analyse plus profonde de cette pièce, vous pouvez vous reporter au très intéressant dossier publié sur le site du Centre national des arts du Canada (document au format PDF).

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samedi 22 août 2009

Casanova sur grand et petit écran


En recoupant ma curiosité casanovienne et ma curiosité cinéphile, je me suis intéressé aux films et téléfilms qui ont mis en scène Giacomo Casanova, pour me faire une idée de l'étendue de la production à ce sujet et de la proportion de ces films que j'ai déjà vus et de ceux qui me restent à découvrir.


Pour cela, j'ai utilisé la base de données internet sur les films (Internet Movie Database), la plus complète que je connaisse. Et j'ai lancé un recherche sur les films mettant en scène un personnage appelé Casanova. J'ai complété cela par quelques pages comme celle de Mastepiece Theater sur Casanova.
Résultat : en première approche 38 films, téléfilms et reportages, entre 1918 et 2005. Il me restait alors à faire le tri pour découvrir ceux qui traitaient bien de « mon » Casanova.

Voici la liste de ceux que j'ai vus (et les liens vers les billets de ceux que j'ai déjà commentés) :
  • Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova, veneziano (Casanova, une adolescence à Venise), de Luigi Comencini (1969, film italien)
  • Il Casanova di Federico Fellini, de Federico Fellini (1976, film italien)
  • La nuit de Varennes / Il mondo nuovo, d'Ettore Scola (1982, film franco-italien)
  • Le retour de Casanova, d'Edouard Niermans (1992, film français)
  • Il giovane Casanova / Le jeune Casanova, de Giacomo Battiato (2002, téléfilm franco-germano-italien)
  • Casanova, de Sheree Folkson (2005, mini-série télévisée britannique en 3 épisodes)
  • Casanova, Lasse Hallström (2005, film états-unien)


Il me reste à découvrir :
  • Casanova, d'Alfréd Deésy (1918, film hongrois, muet)
  • Casanova, d'Alexandre Volkoff (1927, film français, muet)
  • Casanova, d'un réalisateur inconnu (1928, film états-unien)
  • Loves of Casanova, d'un réalisateur inconnu (1929)
  • Casanova, de René Barberis (1934, film français)
  • Münchhausen (Les aventures du Baron de Muenchhausen / Les aventures fantastiques du Baron Munchhausen), de Josef von Báky (1943, film allemand)
  • Les aventures de Casanova (première partie : Le chevalier de l'aventure ; deuxième partie : Les mirages de l'enfer), de Jean Boyer (1947, film français)
  • Adventures of Casanova / Casanova aventurero (Le règne de la terreur), de Roberto Gavaldón (1948, film états-unien / mexicain)
  • Il cavaliere misterioso, de Riccardo Freda (1948, film italien)
  • Casanova's Big Night (La grande nuit de Casanova), de Norman Z. McLeod (1954, film états-unien)
  • Le avventure di Giacomo Casanova (Les aventures et les amours de Casanova ), de Steno (1955, film italien)
  • Casanova, de Mark Cullingham et John Glenister (1971, mini-série anglaise de 6 épisodes)
  • Cagliostro, de Daniele Pettinari (1974, film italien)
  • Le siècle des lumières, de Claude Brulé (1976, téléfilm français)
  • Casanova & Co. (13 femmes pour Casanova), de Franz Antel (1977, film franco-italo-autrichien)
  • Casanova, de Kurt Pscherer (1981, téléfilm allemand)
  • Casanova auf Schloß Dux, Martin Eckermann (1983, téléfilm allemand)
  • Die schöne Wilhelmine, de Rolf von Sydow (1984, mini-série télé allemande) [Casanova est présent dans l'épisode 1, Ewige Treue]
  • Casanova, de Simon Langton (1987, téléfilm anglo-italo-germano-états-unien)
  • Divoka srdce, de Jaroslav Soukup (1989, film tchèque)
  • Casanova, de Neil Rawles (2002, documentaire télévisé britannique pour Channel 4)
  • Fellini : Je suis un grand menteur, de Damian Pettigrew (2002, reportage franco-italo-britannique) [certaines parties touchent, bien sûr, au Casanova de Fellini]
  • Giacomo Casanova, de Richard Blank (2004, téléfilm allemand)
  • Casanova's Love Letters, de Mark Murphy (2005, série télévisée britannique)
  • Casanova's Last Stand, de Mark Murphy (2005, bonus sur le DVD des Casanova's Love Letters)

Pour l'anecdote, Casanova apparaît également dans la série télévisée Relic Hunter (Sydney Fox l'aventurière), plus spécifiquement dans l'épisode The Book of Love (Les Secrets de Casanova), de Paolo Barzman (1999, série états-unienne).

J'ai quelques doutes sur Goodbye, Casanova, de Mauro Brelli (2000, film états-unien), qui lorgne du côté du mélange des genres.

Ne pratiquant pas la langue de Goethe, j'ai du mal à savoir, en faisant des recherches sur le net, si Frag nach bei Casanova, de Peter Eschberg (1975, téléfilm allemand) tourne bien autour de Giacomo Casanova.


Il me reste donc beaucoup de films ou téléfilms à découvrir. Des difficultés se poseront à moi pour trouver des enregistrements accessibles des œuvres les plus anciennes (les films muets, par exemple) ou des œuvres plus « exotiques » (le film tchèque, par exemple), ou de compréhension de certaines autres (les œuvres allemandes non sous-titrées, notamment).


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Vous vous en doutez certainement en regardant ces listes, je n'ai pas cherché à me tenir particulièrement au fait des créations cinématographiques relevant du rayon pornographie. Je doute que ces créations-là soient d'un grand intérêt et, de toute manière, réduire Casanova à ce seul aspect racoleur est une démarche qui m'est totalement étrangère.

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mardi 11 août 2009

Musique, Monsieur de C. !


C'est l'été, les esprits se font farceurs. Un(e) inconnu(e) m'a envoyé un courrier électronique pour me signaler un disque qui devrait retenir mon attention de casanovaphile.

Ne pouvant garder pour moi une perle d'une telle eau, je viens la partager avec vous.




Si quelque fidèle lecteur ou aimable lectrice dispose de ce disque et voulait bien partager avec nous un extrait musical, j'en serais preneur, en toute curiosité. Je suis également preneur d'informations sur ledit Godefroy Liberi. Autant que je ne meure pas idiot !

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  • Des informations supplémentaires sur ce disque sont disponibles sur cette page-là.

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mercredi 22 juillet 2009

Saluons la générosité


Même quand le monde autour de vous semble se replier dans l'individualisme, la course au profit personnel, ou la mesquinerie, il y a toujours de bonne surprises qui vous consolident dans votre confiance en la générosité qui peut surgir sans crier gare.

Voici quelques semaines, j'ai reçu un courrier électronique plutôt surprenant : un auteur de romans ancrés dans la Venise du Settecento, tombé dans les salons de Monsieur de C. en cherchant des informations sur Casanova, avait été si content de cette découverte qu'il voulait m'envoyer un exemplaire de son dernier opus.

Me départissant de la paranoïa qui m'étreint généralement quant un inconnu croisé sur le net me demande directement qui je suis et où j'habite, j'ai accepté de me dévoiler. Et, plus tard qu'avant hier, j'ai reçu par courrier postal un exemplaire (dédicacé, qui plus est !) de La nuit de San Marco, roman policier signé du pseudonyme de Loredan (éditions Fayard, 2009, 978-2213643441).

Je viens d'en entamer la lecture, et les premiers chapitres sont fort plaisants. D'ici peu de temps, je reviendrai donc ici prendre la plume pour vous en dire plus sur ce roman. Comme j'en avais prévenu le généreux auteur en acceptant son offre, une telle générosité ne saurait transformer un éventuel coup de gueule en coup de cœur ; c'est donc en toute sincérité que je rédigerai mon billet.

Mais, en attendant, je tire mon tricorne au généreux Loredan !

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Le retour de la marquise pas exquise


Il y a un peu plus de deux ans, j'écrivais un billet pas très tendre sur le teléfilm de Robin Davis, Jeannine Poisson, Marquise de Pompadour.



Je ne compte pas en regarder la rediffusion ce soir, mais si certains d'entre vous veulent se faire leur propre opinion (et même venir contredire mon avis par la suite), il leur reste à se brancher sur France 2, ce soir à 20h35.

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Le salon ouvre à nouveau ses portes


Voilà plusieurs semaines que mes pas m'avaient éloigné du salon de Monsieur de C. (et de salons voisins). Non par lassitude, mais du fait d'autres occupations chronophages.

Me voici désormais de retour, avec dans ma musette de colporteur des nouveautés et des vieilleries, dont je ferai étalage sans vergogne, à mon habitude.

Je vous remercie de la patience dont vous avez fait preuve.

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dimanche 31 mai 2009

Cap sur Saint-Martin !


Le musée Ernest Cognacq, à Saint-Martin-de-Ré , présente du 4 avril 2009 au 15 mars 2010 sa nouvelle exposition temporaire, « Larguez les amarres ! », une évocation de la vie à bord des vaisseaux du XVIIIe siècle.

Ma curiosité me poussera certainement à mettre le cap sur Ré, pour découvrir cette exposition.

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  • Pour plus de détails sur l'exposition, dont le dossier de presse de 18 pages, dirigez-vous vers cette page-là.

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Lumières océaniques


Le Conseil des musées de Poitou-Charentes avait publié, en 1998, une CD-ROM sur le thème L'Océanie des Lumières, c'est-à-dire l'exploration, par les marins du XVIIIe siècle (Bougainville, Cook, La Pérouse et autres d'Entrecasteaux) de ces mers et terres lointaines.

A défaut de pouvoir mettre la main sur un exemplaire de ce CD-ROM, il reste la possibilité de visiter cette très intéressante exposition virtuelle.




Un petit regret, toutefois : l'ergonomie du site, qui ne rend pas tout à fait évidente la navigation du visiteur (un comble pour un site sur le sujet de la navigation !).

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Grain à l'huile


N'allez pas me croire plus anglophile que francophile quand il s'agit de m'intéresser aux explorateurs maritimes du XVIIIe siècle. Le chauvinisme n'est pas vraiment un corde qui vibre en moi ; j'ai plutôt la prétention d'être universaliste.
C'est donc en universaliste que j'invite à nouveau le capitaine James Cook dans mes salons. mais si je l'invite, c'est indirectement, au travers du pinceau de l'Anglais Robin Brooks. Fort talentueux illustrateur, il exerce notamment dans le domaine de la peinture de marine, marine d'aujourd'hui comme celle d'hier ou d'avant-hier.
Parmi ses séries de peintures, il en est une, consacrée au deuxième voyage de Cook (commandant le Resolution) et Furneaux (commandant l'Adventure) autour du monde de 1772 à 1775.

J'apprécie tout particulièrement sa création à l'huile représentant l'Adventure se préparant à recevoir le « grain » qui approche.

illustration de Robin Cook (voir son site)


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samedi 16 mai 2009

Soleil de printemps


Je n'ai pas vraiment l'âme d'un chasseur, et n'ai jamais pointé fronde, arc ou fusil vers un animal vivant. Mais les repas campagnards entre gens de bonne compagnie, voilà des occasions qui peuvent être très plaisantes.
Est-ce l'arrivée tardive, et peut-être temporaire seulement, du soleil dans notre ciel printanier qui me rend primesautier ? Il pourrait m'être bien agréable d'inviter fidèles lecteurs et aimables lectrices à quelque Halte de chasse façon Carle Van Loo.




A défaut de pouvoir concrétiser une halte champêtre, je me laisse aller à espérer que la fréquentation de ces salons-ci continue d'être à votre goût.

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samedi 9 mai 2009

Voilà mon oncle


Au risque de me faire siffler par mon docte lectorat, je dois reconnaître que je n'avais ni lu le roman de Claude Tillier Mon oncle Benjamin, ni vu le film qu'Edouard Molinaro en a tiré sur un scénario d'André Couteaux avec Jacques Brel dans le rôle dudit Benjamin.

Or il se trouve que j'ai mis la main sur un exemplaire de ce roman aux éditions Nilsson, avec des illustrations de Marillac qui ont tout de suite retenu mon attention. Une édition des années 1930, probablement, acheté à petit prix dans une récente foire aux livres anciens à Bayonne.

C'est donc par hasard que j'ai découvert ce roman publié en 1842 sous la forme d'un feuilleton dans le journal L’Association, à Nevers (oui, la ville de la botte... Je crois que cette ville ne se débarrassera jamais de ce cliché !). L'Association était un journal « engagé », dirions-nous aujourd'hui, qui ne ménageait pas ses attaques contre les notables et le clergé. Et cet engagement se ressent dans Mon oncle Benjamin, même si le ton général du roman est tout de même celui de la comédie virant à la tragédie plus que celui du brûlot, même s'il emprunte parfois les chemins du conte philosophique.

Étonnant médecin dix-huitièmiste que ce Benjamin Rathery, révolutionnaire avant l'heure. Bon vivant, philosophe, insolent, Benjamin vitupère les privilégiés jusqu'aux têtes couronnées les plus hautes (oui, celle d'un certain roi Louis), les pratiques sociales comme les mariages de raison ou d'affaires préférés aux mariages d'amour, les charlatans, la boucherie de la guerre. Coureur de jupons, il brûle pourtant d'amour pour une seule jeune fille, qui sait résister de mille manières à ce médecin à la réputation un tantinet paillarde.

Je n'en dévoilerai pas plus l'intrigue, mais je recommande aux esprits curieux ce roman qui mériterait d'être mieux connu. Ces esprits curieux pourrton profiter de la récente réédition du roman aux éditions Pollagoras (2007, ISBN 978-2-916818-05-4).

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lundi 4 mai 2009

Guettons les bulles à venir


Parmi les prochaines sorties dans le domaine de la bande dessinée, je vais guetter des albums au parfum dix-huitièmiste très marqué, aux éditions Delcourt.

Le tome 1 La Pierre, de la série Le siècle des ombres, de Corbeyran (scénario), Michel Suro (dessin) et Luca Malisan (couleur) doit paraître en mai. Après avoir exploré le Moyen Âge avec les 6 tomes de la série Le clan des chimères, le duo Corbeyran-Suro se lance dans Paris au XVIIIe siècle. Le site officiel de la série donne quelques indications.
1751. Sous la coupe du pape Benoît XIV, Abeau et Cylinia mûrissent leur projet : éliminer Weltman… Ce dernier, dissimulé sous le nom de baron d’Holbach, un esprit brillant résolument athée, a réuni sous son toit les plus grands penseurs de Paris pour célébrer son engagement au sein de l’Encyclopédie de d’Alembert. Ce même soir, il se voit dérober un bien très précieux : un éclat de météorite.



Avec L'île de solitude, tome 1 de la série Blanche, Thierry Chavant (scénario et dessin) et Delf (couleur), prévu en mai également, abordent la difficulté des relations entre gens de couleurs différentes dans ce siècle que l'on dit pourtant éclairé. Entre Blanche la blanche et Tournaï l'esclave noir, le fossé infranchissable du statut social, de la couleur de peau, des préjugés encore bien vivaces.






Enfin, Frédéric Brrémaud (scénario) [oui, « Brrémaud », avec deux « r » !], Lamatou (dessin) et Marie Galopin (couleur) arriveront sur les rayonnages en juin prochain avec le premier tome, Capitaine Kidd, de l'adaptation en BD de L'histoire des plus fameux pirates, récits biographico-légendaires dûs, en 1726, à la plume brillante de Daniel Defoe, caché sous le pseudonyme de Capitaine Johnson.






Voilà une jolie fin de printemps qui s'annonce.

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Les fiches de ces série naissantes sont lisibles sur le site de la Bédéthèque :
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dimanche 3 mai 2009

Portrait en négatif


Aborder Il Casanova de Federico Fellini, voilà un exercice plus difficile que celui de plonger dans les mémoires du Vénitien (et j'ai mis un certain temps à le faire, depuis que j'avais signalé mon envie). Car si Fellini s'en est inspiré, son inspiration en a été plus que libre.

En voyant, en lisant ce que Federico Fellini dit lui-même de Casanova, on comprend immédiatement que son film est un procès à charge. Il veut démasquer, dénoncer, derrière le mythe lumineux du séducteur, le personnage immature, irresponsable, ridicule, même. Au point que l'on peut se demander ce qui motive Fellini à faire ce film sur un être qu'il semble détester quasi viscéralement. Peut-on faire un bon film sur un sujet que l'on déteste ?
Il Casanova contraste vraiment avec les films précédents de Fellini. Car, si les penchants de Fellini pour la sensualité, la sexualité, sont bien présents dans ce film-ci, ils sont teintés d'une aigreur, d'une tristesse qu'ils n'ont pas dans ses autres œuvres. Presque une morbidité, et pas uniquement dans le fait que Casanova s'éteint au fur et à mesure qu'il vieillit. Dans ce Casanova, même les chairs et les esprits semblent morts.
Venise est presque absente du film, n'intervenant qu'en écho dans les souvenirs de Casanova, comme le regret d'un temps passé, plus heureux. Tandis que son cheminement vers l'Allemagne est empreint de pessimisme, de désespoir.

Fellini a-t-il projeté dans ce film ses propres angoisses ? Je ne voudrais pas me risquer dans de la psychologie de comptoir (fût-ce le comptoir du café Florian !), aussi je ne fais que soulever la question qui m'est venue en regardant ce film.

Vanité et vacuité de l'être, voilà ce qui m'a le plus marqué dans ce film fort et dérangeant.

Mais ceci ne doit pas faire oublier les qualités formelles de ce film, le grand jeu d'acteur de Donald Sutherland, la photographie de Giuseppe Rotunno.

Il Casanova est donc un grand moment de cinéma, qui ne laisse probablement personne indifférent.


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  • Un article très intéressant sur ce film, Le Casanova de Fellini, du mythe littéraire au type cinématographique, par Emmanuelle Meunier, est à lire sur cette page-là.

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vendredi 1 mai 2009

Le nouveau vol de l'Épervier


Les éditions Quadrant avaient eu la bonne idée de lancer le septième album de la série de BD L'Épervier, de Patrice Pellerin, sous forme de cahiers appelés Les rendez-vous de l'Épervier, formule dont j'ai déjà parlé ici.

Une formule comprenant 16 pages de BD (l'album complet, en 48 pages, étant donc publié en 3 cahiers) et 16 pages de « bonus », permettant aux lecteurs de découvrir les coulisses de la création d'une telle série de bande dessinée : l'auteur y dévoile ses inspirations, ses recherches techniques ou documentaires, etc.
Format peut-être un peu frustrant, puisqu'un tiers d'album de BD, ça représente finalement peu de matière à se mettre sous la dent mais, à mes yeux, ces compléments donnent beaucoup de valeur à ces cahiers.
Pour une raison que je ne connais pas, il se trouve que l'album complet, La mission, est arrivé sur les rayons des libraires avant que le troisième cahier ne soit sorti... Voilà qui revient un peu à mettre la charrue avant les bœufs, si je peux oser cette expression pleinement terrestre pour cette saga largement parfumée de mer.

Mais cette expression terrestre n'est pas vraiment déplacée pour ce septième tome de la série, puisque l'aventure est, justement, plutôt terrestre. Notre héros, Yann de Kermeur, est en effet pris dans des intrigues qui se nouent plutôt dans les couloirs de Versailles que sur la houle de l'Atlantique. Certains fans de la série pourront donc trouver que ce nouveau cycle débute sur un ton et un rythme bien différents de celui qui sous-tendait les six tomes du premier cycle. Avec cette Mission, Pellerin prend le temps de mettre en place le décor et les acteurs, avant de donner les trois coups qui vont lancer la pièce.
Après un premier cycle qui nous conduisait de Bretagne en Guyane, voici que s'ouvre un deuxième cycle qui nous conduira de Versailles à Québec. Mon impatience est donc déjà bien installée. Cependant, au rythme où paraissent les albums, compte tenu du travail très soigné de Pellerin dans ses recherches, ses dessins et ses mises en couleurs, je crains d'être prisonnier d'une impatience de longue durée.

Bah, qu'importe d'attendre, si le résultat final est à la hauteur de l'impatience ?

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Une moisson à trier


Mon mois d'avril a été peu fertile en billets dans ces salons, mais ça ne veut pas dire, pour autant, que j'ai délaissé le XVIIIe siècle ou mes lecteurs. Pendant ce silence, j'ai fait une moisson dix-huitièmiste assez variée, en BD, films, romans et ouvrages non-fictionnels, récents et moins récents.
Je vais m'atteler à trier mes impressions de ces divers voyages, et les coucher très bientôt sur le papier virtuel de ces salons.

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dimanche 19 avril 2009

Saint-George, encore


Après m'être retiré de chez le cardinal de Bernis sans oublier de lui promettre de revenir la voir, j'ai retrouvé le chevalier de Saint-George.

Cette fois-ci, c'est Alain Guédé qui m'a accompagné au long de la vie du chevalier, avec son livre Monsieur de Saint-George, le nègre des Lumières (éditions Actes Sud, collection Babel n°509, 2001, ISBN 274273449X).

A mi-chemin entre la biographie et le roman, cet ouvrage rend très vivant le chevalier de Saint-George et son parcours, mettant en exergue à la fois la multiplicité de ses talents, son charme qui emporte tout, et ses difficultés à être un Noir dans une société française qui reste très blanche malgré la percée des Lumières.

A lire pour (re)découvrir ce personnage hors du commun, et aussi pour jeter un regard sur notre propre société, aujourd'hui.

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Petit regret : je n'étais pas encore familier de ce personnage lorsque l'édition en plus grand format était parue chez Actes Sud, et j'ai donc du me rabattre, récemment, sur cette édition de poche, alors que je préfère largement les autres formats, hauts et étroits chez Actes Sud. Point de détail, mais les amoureux des livres comprendront certainement qu'on puisse ainsi préférer certains formats à d'autres.

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lundi 30 mars 2009

Un point cardinal


J
e fréquente peu les gens d'église, c'est un fait. Et, à de rares exceptions près, ils ne me donnent pas envie de les fréquenter plus. Malheureusement, parmi ces exceptions, il en est que je ne pourrai pas fréquenter du tout, à moins de croire à la possibilité de communiquer avec les morts.
Je me fais du cardinal Guillaume Dubois, personnalité éminente de la Régence, une image probablement fausse, car il ressemble plus, pour moi, à Jean Rochefort qui l'incarne dans Que la fête commence !, de Bertrand Tavernier, qu'à son portrait (pourtant certainement plus fidèle mais probablement moins savoureux) par Guy Chaussinand Nogaret.

Un autre cardinal que j'apprends à mieux connaître ces temps-ci est François-Joachim de Pierre, abbé puis cardinal de Bernis (1715-1794). C'est bien entendu Giacomo Casanova qui m'a présenté à Bernis, alors ambassadeur de France à Venise. Connaissant la facilité avec laquelle mon cher Vénitien prend quelques libertés avec les portraits qu'il fait de ses contemporains et des relations – spirituelles ou charnelles – qu'il a eues avec eux, j'ai voulu en savoir un peu plus sur Bernis au travers d'autres textes.

Je ne pouvais pas manquer les Mémoires que François de Bernis a lui-même rédigés (Mercure de France, Le Temps retrouvé, ISBN 2-7152-2192-4). Je ne suis pas naïf au point de croire que Bernis a dit la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dans ses Mémoires. D'ailleurs, si cela avait été le cas, j'en aurais été franchement déçu. Surtout pour un homme d'église !
Alors j'ai dévoré ces Mémoires pour ce qu'ils sont. Le regard de cet homme pas ordinaire du tout sur lui-même, sa vie, ses contemporains. Je l'y devine fidèle en amitiés comme en inimitiés, attentif à se parer de vertus en oubliant ses vices. En fin diplomate qu'il a été, il négocie avec ses lecteurs, leur offrant ce qu'il a de mieux sans s'appesantir sur les zones d'ombres.

Mais je souhaitais avoir un autre regard sur Bernis. Pas uniquement celui de ses adversaires à la plume trempée dans le vitriol, comme le duc de Richelieu qui décrivait Bernis comme « une comète qui avait une queue très longue, mais à laquelle il manquait une tête ».
C'est Jean-Marie Rouart que j'ai donc choisi comme guide. Contrairement à ce que le titre et l'illustration de couverture, inspirée de Fragonard, peuvent laisser penser, ce Bernis, le cardinal des plaisirs (éditions Gallimard, 1998, ISBN 2-07-075264-X) est tout sauf un ouvrage centré sur le libertinage. Oui, Bernis a aimé et savouré les plaisirs de la vie, mais l'ouvrage de Rouart va bien au-delà de cet aspect-là, au point que celui-ci en devient presque anecdotique.

C'est Rouart l'homme d'esprit, l'homme d'Etat, qui est à l'honneur, capable de fines manœuvres comme de coups d'éclat. Du « renversement des alliances » (la France, ancienne adversaire de l'Autriche, en devient l'alliée, contre la Prusse, ancienne alliée devenue ennemie) à la dissolution de l'ordre des Jésuites, Bernis a été le maître d'œuvre de grands changements, heureux ou moins heureux.

Quelques autres ouvrages sur Bernis chatouillent ma curiosité, de l'Éloge du cardinal de Bernis, de Roger Vaillant au Cardinal de Bernis, la belle ambition, de Jean-Claude Desprat.

Je ne vais pas quitter de si tôt une si bonne compagnie.

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dimanche 29 mars 2009

Des nouvelles du noyé


Voilà une dizaine de jours que j'ai terminé la lecture du Noyé du Grand Canal, le dernier en date des romans de la série Nicolas Le Floch sous la plume de Jean-François Parot dont j'avais parlé voici peu.

Le corps de ce noyé n'est que la partie émergée d'un iceberg d'intrigues croisées, que Nicolas Le Floc va devoir démêler tout en marchant sur des œufs (des œufs préparés selon une de ces recettes que Parot aime à partager avec ses lecteurs gastronomes). L'inspecteur Le Floch doit en effet composer avec ses loyautés envers le souverain, son épouse, ou son ancien mentor Sartine avec qui il s'était fâché.

Plus que dans le Grand Canal, c'est dans un bouillon pas très net que le noyé a trouvé la mort. Un bouillon tellement riche que le lecteur doit prendre le temps de le digérer, sous peine de le sentir lui peser un peu sur le ventre. Jean-François Parot m'a semblé avoir, en effet, eu la main parfois lourde sur les ingrédients : un inspecteur des mœurs aux mœurs troubles, des valets et dames de compagnie à l'honnêteté vacillante, des chanteurs castrats à qui le scalpel n'a pas retiré toute ambition, des imprimeurs de libelles infâmes, des ducs et princes intrigants. Sans oublier un combat naval et des vols de pots de chambre.

Presque trop.

Mais je ne vais pas bouder le plaisir que j'ai eu à retrouver Nicolas Le Floch et son univers. Plus aventures avancent, et plus l'on ressent que ce monde est finissant. Bien sûr, c'est plus facile à ressentir pour un lecteur du XXIe siècle, pour qui 1789 n'est pas une date totalement inconnue. Mais, sans jouer sur les anachronismes, Jean-François Parot arrive à dépeindre ce contraste de plus en plus marqué entre l'insouciance absolue des uns et les mécontentements croissants des autres.

Il me reste donc à attendre... le prochain tome, désormais. D'ici là, peut-être verrons-nous sur le petit écran l'adaptation d'autres romans de la série ?

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dimanche 8 mars 2009

En guettant le canoë


Toujours au rayon des BD dix-huitièmistes, je guette Canoë Bay, de Tiburce Oger au scénario et Patrick Prugne au dessin (éditions Daniel Maghen, 2009, 978-2356740090).

L'album paraîtra le 19 mars prochain, mais les planches que l'on peut découvrir sur certains sites comme celui de BDGest ou celui d'Un monde de bulles ou, mieux encore, sur une page du site de l'éditeur (70 planches originales y sont visibles) retiennent toute ma curiosité.
Le site de l'éditeur permet également d'en découvrir une présentation animée, fort alléchante. Et une autre page présente le livre un peu plus en détails.

Précisons, en outre, que ce livre est édité en partenariat avec Action contre la faim, qui percevra une partie du produit des ventes.

Un achat qui sera donc à la fois égoïste et altruiste !

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Bientôt la noyade


Ne l'ayant acheté qu'hier et n'ayant pas encore commencé sa lecture, je ne peux pas vous dire grand-chose du dernier roman en date de Jean-François Parot dans la série des enquêtes de Nicolas Le Floch, Le noyé du Grand Canal (éditions JC Lattès, 2009, ISBN 978-2-7096-3036-2).

Je ne vais pas recopier ici le texte de la quatrième de couverture, que vous pourrez trouver sur de nombreux sites internet, dont celui de l'éditeur.

Je reviendrai vous en dire quelques mots une fois que je l'aurai lu.

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Le prochain dernier


C'est avec une impatience non dissimulée que j'attends la parution, aux éditions Soleil (collection Noctambule), d'une nouvelle adaptation en bande dessinée du roman de James Fenimore Cooper Le dernier des Mohicans.

Cette adaptation, qualifiée de "libre" par Catmalou (scénario) et Cromwell (scénario, dessin, couleurs), promet d'avoir une grande force graphique. Depuis plusieurs mois, Cromwell a ouvert une discussion au sujet de ce projet dans le forum Café salé, le rendez-vous des dessinateurs et graphistes ; il y parle notamment de ses travaux préparatoires, de ses techniques, etc. Particulièrement intéressant pour les curieux dans mon genre.

Bon, maintenant, il me reste à attendre jusqu'à septembre 2009. Pffff...

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lundi 2 mars 2009

Il n'y a que les imbéciles qui...


Lorsqu'il a été projeté à la télévision, L'homme au ventre de plomb, le premier des deux téléfilms tirés des romans de Jean-François Parot mettant en scène Nicolas Le Floch, m'avait plongé dans un ennui mâtiné d'exaspération qui m'avait fait quitter ce spectacle avant même d'atteindre la première demi-heure. Et j'en avais même boudé le deuxième épisode, L'énigme des Blancs-Manteaux.

Pourtant, j'apprécie beaucoup les romans, et je me faisais une joie, depuis longtemps, de savoir qu'ils allaient être adaptés en téléfilms. Peut-être en attendais-je trop ? Toujours est-il que cette première demi-heure du premier épisode me plongea dans une déception aussi grande que mon attente l'avait été. J'irais même jusqu'à dire qu'une certaine envie de distribuer des coups de bâtons venait me chatouiller les mains.

Ce bout entrevu me semblait plombé, tout comme le ventre de la victime. Plombé par le rythme des dialogues. Non pas que je sois allergique à des dialogues qui « sonnent à l'ancienne », par les imparfaits du subjonctif (l'espagnol en regorge, aujourd'hui encore, et j'adore cette langue, héritage paternel que je ne renierai jamais). Mais bon sang, quand les acteurs apprendront-ils encore et encore leurs textes jusqu'à ce que ces tournures-là sortent de leur bouche aussi naturellement que leur français d'aujourd'hui ? En cela, je rejoins totalement l'avis de Thomas B., exprimé dans une discussion du forum La folie XVIIIe.
Et puis certains personnages ne ressemblaient pas du tout à l'image mentale que je m'en étais faite à la lecture des romans (contrairement, par exemple, aux personnages dépeints par le film Alatriste, d'Agustín Díaz Yanes, totalement en accord avec ceux des romans écrits par Arturo Pérez Reverte). Nicolas Le Floch presque trop mûr, trop tranchant. Bourdeau pas assez bourru, trop propre sur lui.

Bref, je n'étais pas content. Pour la défense du réalisateur et des comédiens, je dois préciser que lors de cette diffusion, j'étais plutôt fatigué, l'esprit empreint de soucis professionnels. Bref, pas vraiment en état de me laisser prendre par la main et inviter dans cette histoire.

Mais voilà que l'on m'a offert le coffret DVD de ces deux épisodes. Et que j'ai pu les regarder voici quelques semaines dans des conditions plus adaptées : en vacances, reposé, plus ouvert à ce spectacle. Je gardais néanmoins ma canne à portée de main, prêt à bastonner à nouveau les impudents. Pour le cas où l'affaire serait devenue encore plus sérieuse, j'avais apporté une épée, un pistolet et assez de poudre et de balles pour ruiner la fête chez la Paulet.

Mais finalement, ma canne n'a bastonné personne, mon épée est restée au fourreau, et j'ai gardé ma poudre et mes balles pour des occasions plus graves.
Les intrigues sont finalement assez bien menées et j'ai réussi à me laisser porter par le rythme de ces téléfilms, et même par le ton général des dialogues. Même si parfois il me revenait l'envie de secouer les acteurs pour qu'ils aient un débit plus fluide, plus naturel.
J'ai apprécié la variété des décors intérieurs et extérieurs, les portraits de personnages très divers, des ministres et favorites royales aux boutiquiers et porteurs de paravent d'aisance.
Je ne suis pas assez connaisseur en matière de costumes, et des gens plus fins connaisseurs se chargent de vous dire ce qu'ils en pensent dans le forum sur l'histoire du costume et de la mode.



Dans l'ensemble, si l'on n'est pas devant une série aussi réussie que peuvent l'être des séries comme Rome ou Deadwood produites par HBO, ces deux premiers épisodes télévisés de Nicolsa Le Floch ont le mérite d'offrir un spectacle tout à fait divertissement, d'une qualité dont il n'y a pas à rougir, et qui a évité le piège de la trahison d'une œuvre littéraire pour en faire du « spectacle pour cerveaux à rendre disponibles pour de la publicité » (mais non, je n'ai pas pointé spécialement TF1 ou les réalisations grotesco-poussives de Josée Dayan...).

Deux épisodes fort plaisants à voir. Et certainement à revoir, en attendant les suivants.

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Les photographies illustrant ce billet sont © Compagnie des Phares et Balises

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dimanche 1 mars 2009

Encyclopédie sur papier


Pour ceux qui voudraient découvrir l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert non dans son intégralité, mais qui préfèrent tout de même la tangibilité du papier à la virtualité du format électronique, il y a un moyen pas trop ruineux d'en découvrir des extraits imprimés.

Une quarantaine de volumes, comptant de 70 à 120 pages pour la majorité d'entre eux, couvrant une large gamme de thèmes, comme "Art du cheval", "Marine", "Horlogerie", "Lutherie" ou encore "Anatomie".

Il va sans dire que, aimant le contact du papier plutôt que celui de l'écran d'un ordinateur, j'ai acheté quelques-uns de ces volumes, que l'on trouve parfois à petit prix dans les solderies de livres ou chez les bouquinistes.

Des achats pour les curieux de quelques thèmes en particulier, plutôt que pour ceux qui voudraient disposer de l'Encyclopédie entière.

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On peut aussi trouver ces livrets sur quelques sites internet (comme celui-là), mais la disponibilité de tous les volumes n'est pas toujours assurée.

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mercredi 28 janvier 2009

Parenthèse d'autopromotion


Après être resté longtemps comme un chantier abandonné sitôt les premiers coups de pioche donnés, le club Série noire vient enfin d'ouvrir ses portes au public.

Il ne sera concurrent ni des salons de Monsieur de C, ni du carré de la goélette cortomaltesienne.

Ce sera un espace d'un autre genre, aux fauteuils de cuir et à l'ambiance tamisée, où l'on viendra se raconter d'horrifiques histoires de criminels et de justiciers, de femmes fatales et de détectives au menton carré.




Messieurs et dames y sont les bienvenus, et personne n'est obligé de déposer ses armes à l'entrée. Une seule règle s'applique : on n'y tire pas sur le pianiste.

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lundi 26 janvier 2009

Un trésor de pacotille


Ayant bien apprécié Les ogres du Gange de Philippe Cavalier, c'est avec un a priori plutôt positif que j'abordais son premier roman de la série naissante Le marquis d'Orgèves : Le trésor des fils de France, tome 1 (éditions Anne Carriere, 2008, ISBN 978-2843374999).

Mal m'en a pris. Je reviens franchement déçu de ce voyage aventureux.

Certes, il y a dans ce roman tous les ingrédients des feuilletons de cape et d'épée. Des héros fins bretteurs, des adversaires machiavéliques, des femmes fatales ou en détresse, des coups d'épée et des coups de pistolets, des tavernes dangereuses et des palais qui ne le sont pas moins, des chevauchées endiablées, des échappées en carrosse ou en bateau.

Mais le roman en lui-même m'a promené entre ennui et mauvaise humeur.

Je n'ai rien trouvé pour m'accrocher à ce héros, ni pour le détester comme on peut en arriver à détester le personnage de Barry Lyndon. Ce marquis d'Orgèves est à la fois trop niais et trop calculateur pour que cela donne un personnage entier, intéressant.
Quant au récit, il m'a souvent conduit à bâiller. D'abord parce que les « grands secrets » partagés par une douzaine de personnages et transmis de génération en génération pendant des siècles sans que rien ou presque n'en filtre jamais sauf au moment du roman, je n'arrive plus à être assez crédule pour qu'une telle idée me transporte de plaisir à la lecture. J'ai l'impression d'avoir lu cela mille et une fois, et le « grand secret » que nous propose ici Philippe Cavalier arrive à jouer le tour de force d'être à la fois improbable et insipide.

Ensuite parce que le roman est tristement répétitif. Le héros identifie un de ses adversaires, l'approche, le trompe ou le torture, s'empare de son bout de secret, et doit s'enfuir parce qu'il n'a pas fait tout ça discrètement. Et il recommence au chapitre suivant. Et quand il n'est pas en train de ferrailler contre des fines lames qu'il arrive tout de même à vaincre, il trousse chambrières et nobles dames, jusqu'à l'impératrice de Russie. Sous la plume de Philippe Cavalier, le marquis d'Orgèves ne trousse pas, il « fout ». Au long du livre, il fout et refout, tant et si bien qu'à la fin, c'est moi qui m'en contrefous.

Le XVIIIe siècle de cape et d'épée vu par Philippe Cavalier, c'est un mauvais cocktail de Casanova, Fanfan la Tulipe et Donatien de Sade, c'est SAS en perruque poudrée.

Des œuvres de fiction mieux tissées que celle-là, j'en ai lu et vu plus d'une, dont j'ai déjà fait l'écho dans ces billets. Et d'autres billets me restent à écrire sur des romans ou des films de bien meilleure facture, lus ou à lire, vus ou à voir. Mais parmi ces romans à lire, il n'y aura certainement pas le tome 2 de cette saga.

Les fans de ce roman pourront m'agonir de mots peu tendres dans les commentaires de ce billet ou par courrier électronique. Je ne censure jamais les avis contraires aux miens, mes billets étant un espace où je privilégie la sincérité jusque dans sa subjectivité assumée.
(Les fans de SAS et de Gérard de Villiers peuvent aussi participer à la bagarre, mais je ne suis pas sûr qu'ils soient assidus de mes billets.)

Pour les plus vindicatifs, rendez-vous dans le pré, au petit matin. N'oubliez pas de vous faire accompagner de vos témoins.


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Je n'aurais pas l'outrecuidance de relever, ici, la liste d'erreurs, plus ou moins vénielles, présentes dans le roman, le plus souvent sur des aspects techniques des armes à feu ou sur la dénomination de certaines armes. Les spécialistes les relèveront d'eux-mêmes, les profanes glisseront dessus sans s'en rendre compte.

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dimanche 25 janvier 2009

Un grand Monsieur


Voici quelques semaines, j'attirais votre attention sur la sortie future d'une bande dessinée consacrée à un aventurier des Lumières, Saint-Germain, de Thierry Gloris (dessin) et J.-F. Bergeron (scénario) (éditions Glénat, 2009, ISBN 978-2-7234-6263-1). Aussitôt sorti cet album, je me suis rué vers ma librairie de BD préférée, l'ai acheté et me suis plongé dans sa lecture. Et ma réaction a été immédiate et sans appel :

RE-MAR-QUA-BLE !


Oui, un album remarquable.

D'abord par son aspect visuel, le premier qui me touche en BD. Un dessin fort bien maîtrisé, des cadrages dynamiques sans que la mise en page ne soit un casse-tête, une mise en couleurs riche, chatoyante, des personnages savoureux, de Saint-Germain à Louis XV, du maréchal de Saxe aux coupe-jarrets.

Puis par son langage. Peu de BD m'avaient régalé d'une telle langue, riche sans être ampoulée, jonglant de l'ironie à la séduction, revenant parfois à l'humour de la trivialité, intégrée au récit et non plaquée dessus. Un peu de la même cuvée que De cape et de crocs, d'Ayrolles et Masbou.

Enfin par le récit lui-même. Difficile d'en dire beaucoup sans dévoiler l'histoire. Qu'il me soit néanmoins permis de dire que les deux artistes, au dessin et au scénario, se sont appropriés cet étonnant personnage, pour le plonger dans une aventure alchimique et de cape et d'épée aux nombreux ressorts, dont les fils sont tirés par d'étonnants marionnettistes.

Cette année bd-esque 2009 commence, pour mon univers dix-huitièmiste, par une pièce superbe.

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Des voeux de Lumières


Des travaux d'écriture m'ont quelque peu éloigné des salons de Monsieur de C. J'espère que mon hôte et ses autres invités n'en prendront pas ombrage, même si je leur dit que ces travaux d'écriture m'ont amené à me plonger dans un autre siècle que celui des Lumières, la période troublée des guerres de religion qui ont déchiré le royaume de France.

Me voici toutefois de retour ici, reprenant la plume à une date à laquelle, selon les usages communément admis, il est encore temps de présenter ses vœux. Recevez donc les miens, aimables lectrices et fidèles lecteurs, quel que soit le calendrier auquel vous vous reportez pour compter ces années.



Pour ma part, si je n'ai qu'un seul souhait à émettre, ce sera celui que les Lumières puissent, aujourd'hui encore et demain tout autant, chasser les obscurantismes et ouvrir la voie de la liberté des esprits.

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