Pour que ce mois de décembre télévisuel soit vraiment dix-huitiémiste, il ne manquait plus qu'un film d'aventures épiques.

J'ai également été pris par la beauté de paysages à couper le souffle, superbement mis en valeur par la photographie, la sensation que tout est extrême, la violence comme la passion, la fureur comme le calme.
Enfin, j'ai trouvé que dans ce film, les Indiens ont une place, un rôle, qui évite les extrêmes dans lesquels le cinéma états-unien les a parfois (souvent ?) conduits : ni caricature frisant le racisme, ni angélisme déplacé, ces Indiens sont comme vous et moi, ni meilleurs ni pires, animés des mêmes sentiments bons ou mauvais, raisonnables ou irraisonnés.
Les romans de Fenimore Cooper avaient été une de mes portes d'entrée vers ces contrées fascinantes, vers cette guerre à la fois en dentelles et en mocassins, vers ces passions humaines universelles. Le film de Michael Mann, bien des années après ces lectures, m'a emporté dans un autre tourbillon, tout aussi extraordinaire.

Or, si j'ai bien ressenti ce que Fennimore Cooper voulait faire passer dans son livre, c'est l'histoire indienne qui devrait être au centre du récit, et plus particulièrement celle de la fin de cette tribu des Mohicans ; en outre, Oeil-de-Faucon est, sous la plume de Cooper, un personnage plutôt individualiste et sans attache amoureuse. Michael Mann a-t-il, sciemment ou pas, donné la priorité à la romance et édulcoré le message du roman, qui dénonçait, à sa manière, l'impact que les guerres entre Européens ont eu sur les peuples indigènes (et encore, Fenimore Cooper n'a pas connu la quasi-extermination des Indiens d'Amérique du Nord durant la deuxième partie du XIXe siècle) ?
Je ne saurais trancher la question. Alors je préfère la contourner, et vous recommander tout à la fois de lire le roman et de regarder le film. Ils ne disent peut-être pas la même chose, mais pourquoi se priver de l'une ou l'autre de ces deux belles œuvres ?
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