samedi 28 juillet 2007

Lagardère ira (presque) à toi

Suite à un commentaire de Veronica sur mon billet à propos du film Le Bossu, je prends ma plume pour dire quelques mots d'une autre adaptation du roman de Paul Féval. Une adaptation pour le petit écran, cette fois : le téléfilm Lagardère. A la réalisation, Henri Helman, et, dans les principaux acteurs, Bruno Wolkowitch (Lagardère), Frédéric Van den Driessche (Nevers), Yvon Back (Gonzague) et Florence Pernel (Inès de Nevers).

Ce téléfilm m'a laissé une impression mitigée. Je dois dire que je ne l'ai vu qu'une fois, lors d'une diffusion télévisuelle, et que je ne l'ai pas en DVD. Mon ressenti n'est donc pas aussi profond que pour des films ou téléfilms que j'ai vus et revus.
La première impression est celle d'une fiction agréable, avec des personnages attachants, tant dans les premiers que dans les seconds rôles. J'aime bien ce Lagardère un tantinet désabusé, jusque dans son regard et sa façon de parler. Et je suis séduit par ce Passepoil campé par Ticky Holgado (je reconnais ma faiblesse pour les accents du Sud !), ou par la gueule sinistre de Christian Heck en Peyrolles. La partie « espagnole » du roman, largement laissée de côté par le film de Philippe de Broca, est ici bien présente. Et l'empreinte du maître d'armes Michel Carliez est sensible. Bref, un téléfilm de cape et d'épée plutôt bon.
Evidemment, les adaptations du roman qui s'étale sur de longues années en un film ou téléfilm d'une heure et demie ou deux, où un même acteur joue Lagardère, voilà qui peut prêter à sourire. Wolkowitch, au début du téléfilm, est censé incarner un jeune homme à peine sorti de l'adolescence ; tout comme l'avaient fait avant lui Jean Marais ou Daniel Auteuil. Mais je suis bon public et me laisse emporter malgré tout par le récit.

Ce qui m'a gêné, en revanche, c'est la façon dont la trame du roman a été détournée, comme si l'équipe de réalisation et/ou de production avait voulu faire souffler le vent dans le sens du « moralement correct ». Certes, le roman nous conte une histoire dont les ressorts peuvent étonner : Lagardère sauve une enfant nouveau-née, puis l'élève comme sa fille, tout en traquant les assassins du père de la fille, et finit par l'épouser une fois qu'elle est adulte. Là où le cinéma était resté fidèle à cette trame, ce téléfilm a choisi de suivre une autre voie : Lagardère sauve la jeune fille, l'élève, la ramène à sa mère et... épouse la mère. Comment qualifier et comprendre ce choix éditorial ? Par la volonté supposée ou avérée de s'en tenir à une histoire plus « morale », que l'on peut regarder en famille sans avoir à se poser de questions sur les relations entre Lagardère et Aurore de Nevers ? Etait-ce une nécessité pour trouver des fonds pour produire le téléfilm ?

Au final, un bon téléfilm, dont la note totale baisse un peu si l'on en vient à se référer à l'abandon de la complexité des relations entre les personnages du roman.

Pour des détails sur le téléfilm, des interviews, etc., n'hésitez pas à consulter le site très intéressant indiqué par Veronica dans son commentaire.

mardi 24 juillet 2007

Ne ratez pas la fête !

Vous envisagez peut-être de passer votre soirée du jeudi 26 juillet devant l'écran de votre télévision. Vous hésitez peut-être entre l'ambiance policière des Experts : Miami et l'ambiance "peplum noir" de Rome (une excellente série, soit dit en passant).

N'hésitez plus. Et ne choisissez ni l'un ni l'autre. Passez donc sur Arte, et régalez vous, avec Que la fête commence, de Bertrand Tavernier (1974). J'évoquais ce film à la fin d'un récent billet. Je n'en discuterai pas en grand détail dans ce billet-ci non plus, préférant prendre le temps d'y consacrer une chronique un peu plus développée.

Mon message du jour se veut simple : ne ratez pas pas Que la fête commence, le jeudi 26 juillet, sur Arte. Intelligent et drôle, acide et libertin, voilà un plat qui se déguste et se redéguste. Noiret, Rochefort, Marielle, voilà un trio que vous ne pouvez fuir.

lundi 23 juillet 2007

Artistes en miniatures

Si j'ai découvert le monde à taille réduite d'abord avec les trains miniatures puis avec des maquettes de bateaux en plastique (sous la double influence, je me souviens, des films Surcouf, le tigre des sept mers et Le Crabe Tambour), je me suis petit à petit intéressé à la figurine, peut-être même un peu plus qu'aux véhicules et décors. D'abord par l'intermédiaire d'un magasin de modèles réduits (aujourd'hui disparu) qui était ma source d'information presque unique ; ensuite, grâce à la revue Figurines, une des références en la matière.

Si quelques périodes historiques (Moyen Age, période napoléonienne, Deuxième guerre mondiale) représentent la très grande majorité des figurines produites, le XVIIIe siècle n'est pas totalement absent du paysage.
Je viendrai donc faire part, ici, de quelques coups de coeur pour de telles figurines, sous divers formats (plats, rondes-bosses, etc.), diverses présentations (entières ou bustes), divers échelles (25mm, 54mm, 90mm, etc. [voir note]).
Ces coups de coeur ne sont pas tous transformés en achats de ma part. Et, lorsque j'en achète, je ne prétends pas les peindre comme un artiste. Aussi, je mettrai en valeur les réalisations de figurinistes de talent plutôt que les miennes. Ce sera plus agréable pour les yeux !

Et, pour ouvrir le ban, voici deux interprétations d'un Mohawk, un buste (échelle 200mm) et une figurine en pied (échelle 54mm), tous deux édités par la firme italienne Pegaso.














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[Note] Les échelles des figurines sont exprimées de deux manières principales :
- soit par le facteur de réduction entre la taille grandeur nature et la taille du modèle réduit. On parle, par exemple, de figurine au 1/32ème, au 1/72ème ;
- soit par la taille de la figurine elle-même, taille généralement mesurée entre les pieds et les yeux, pour s'affranchir des soucis de taille d'un éventuel couvre-chef. On parle alors de figurine de 25mm, de 54mm, de 200mm, pour le système métrique, ou de figurines de 18 pouces, par exemple, dans le système "impérial" anglo-saxon.

A titre indicatif, il y a des correspondances plus ou moins fines entre certaines échelles vues d'une manière ou de l'autre, par exemple entre le 1/72ème et le 25mm, ou entre le 1/35ème ou 1/32ème et le 54mm.

Touchez ma bosse, Monseigneur !

Le roman Le Bossu de Paul Féval est plutôt bon, même s’il a les défauts des qualités de ce genre romanesque feuilleton, à savoir quelques longueurs. L’intrigue rassemble les éléments-clés que l’on peut attendre, le héros de petite naissance mais au grand cœur, le vil usurpateur, son âme damnée exécutrice des basses œuvres, la jeune fille qu’il faut rétablir dans ses droits, la mère éplorée, des princes et des manants. Ajoutons-y les rues de Paris et celle de Madrid, pour faire bonne mesure. Et bien sûr, de fines lames et d’autres plus fines encore. Et, en toile de fond, la Régence, son insouciance et ses spéculations financières.

Mais mon plus grand plaisir, avec le Bossu, est, sans hésitation aucune, son adaptation cinématographique par Philippe de Broca (1997), la meilleure de celles que j'ai vues sur le grand écran. Une fois n’est pas coutume, je ne m'accroche pas aux versions plus anciennes (alors que c’est le contraire pour Les trois mousquetaires).




Ainsi, la version d’André Hunebelle (1960) avec Jean Marais, Bourvil et Jean Le Poulain m’a largement moins enthousiasmé, peut-être parce que je n’arrive pas à croire au jeu de Jean Marais.




Dans la version de Philippe de Broca, il y a, outre d’excellents premiers rôles, une belle galerie de personnages secondaires, des dialogues savoureux, de l’humour qui fait mouche, et des scènes d'escrime cinématographique assez emballantes.

Evidemment, on peut toujours rire du faux nez que se met Lagardère et qui empêche les autres de le reconnaître. Mais c'est pleinement dans l'esprit "feuilleton" du livre. Et puis Zorro se cachait bien derrière un simple loup, lui !
J’ai retrouvé dans ce Bossu une grande partie du charme du Cartouche de ce même Philippe de Broca (1962), film auquel il faudra que je consacre un billet.

Signalons, pour l’anecdote, que Philippe Noiret, qui joue le Régent Philippe d’Orléans, retrouve ici, à 67 ans, le rôle qu’il avait déjà tenue dans l’excellent Que la fête commence, de Bertrand Tavernier, vingt-deux ans plus tôt.


Allez, laissez-vous tenter par cette version pleine de panache !

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Regards sur l'Afrique

J'avais découvert, grâce à la bibliothèque municipale de mon petit coin de France, un livre passionnant, qui m'a ouvert les yeux sur l'histoire d'un continent que je connais très mal, globalement. Un livre que j'ai finalement acheté, pour l'avoir sous la main quand l'envie de le consulter m'en vient.

(Un grand merci, au passage, à ma librairie préférée qui a réussi faire venir ce livre jusqu'à sa boutique, après mille péripéties.)

Avec cette Histoire générale de l'Afrique - Volume V : L'Afrique du XVIe au XVIIIe siècle (édition principale) (Editions de l'UNESCO, Collection Histoire plurielle, ISBN 978-92-3-201711-6), je me sens plus à même d'aborder ces territoires.
Evidemment, la lecture et relecture des Passagers du vent, de Bourgeon, et le visionnage et revisionnage des Caprices d'un fleuve, de Bernard Giraudeau, ne sont pas étrangers à cette curiosité pour l'Afrique occidentale et son histoire tragique au XVIIIe siècle, avec la traite des esclaves.
Mais ce livre d'histoire, particulièrement fourni, m'a titillé sur bien d'autres parties du continent et leurs cultures au XVIIIe siècle.


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Pour de plus amples détails, voir la fiche de ce livre sur le site des éditions de l'Unesco.

N'ont-ils pas honte ?

C'est la question qui m'est immédiatement venue à l'esprit en tombant sur la section internet du Ministère de la Culture intitulée Le siècle des Lumières dans la peinture des musées de France.
Comment un ministère peut-il mettre en ligne des pages aussi graphiquement plates que celles-là ? Mince, le premier venu, avec un tant soit peu de soin et un logiciel basique de création de page internet pourrait faire mieux, sur un coin de table, une main attachée dans le dos.

Est-ce un manque de crédits qui a motivé cette réalisation au ras des pâquerettes ? J'ai de la peine à le croire. Non seulement parce que les ministères savent trouver des crédits autrement plus importants pour des opérations de portée pas toujours opportune, mais aussi parce que je sais que, comme bien d'autres services publics ou d'entreprises privées, ils ne se gênent pas pour recourir à des stagiaires qui peuvent mettre leurs talents à disposition pour trois sous (ou même gracieusement).

Ou bien sont-ce les traces d'un chantier entamé et non achevé ? Un début de bricolage ?

En fait, je crains le pire. Je crains le manque d'intérêt, le travail réalisé par-dessus la jambe, le défaut d'amour-propre. La médiocrité.

Je vais peut-être prendre ma plume et écrire Christine Albanel, ministre de la culture, pour demander que ces pages soient ou bien mises à niveau graphiquement, ou bien retirées du site. Car elles donnent une bien piètre image du pays des Lumières, des arts et de la culture.

Madame le ministre, un petit effort est-il possible ?

L'art de Sèvres

J'ai récemment acheté le roman de Jean-Paul Desprat, Bleu de Sèvres (selon votre format préféré, vous pouvez le trouver chez Seuil, collection Cadre Rouge, 2006, ISBN 2020881519, ou chez Points, collection Grand roman, 2007, ISBN 2757804820).

Je suis bien loin d'en avoir terminé la lecture, mais ce roman m'a pris dans les mailles de ses rets et ne veut plus me lâcher. Le livre tourne autour des secrets de fabrication de la porcelaine à pâte dure, et mêle course scientifique et technique, intrigues politiques, espionnage industriel, rivalités personnelles.

On y croise l'ancienne favorite Madame de Pompadour, le dramaturge Marmontel, le jeune Anselme Masson passionné de minéralogie, Pierre-Antoine Hannong héritier des secrets de sa famille de céramistes, Adélaïde la fille préférée de Louis XV, et bien d'autres individus, plus ou moins connus, et plus ou moins recommandable.

Une lecture qui, pour l'instant, me tient en haleine.

Et à compléter par de très intéressantes conférences données à l'occasion du 250ème anniversaire de la Manufacture royale de Sèvres, à écouter sur le site internet du Centre international d'études pédagogiques.

L'apothicaire fait pschitt ?


Deryn Lake (apprendre que ceci se trouve être le pseudonyme de Dinah Lampitt ne vous avancera peut-être pas plus que moi) a été appelée, d'après son site internet, la Reine du mystère criminel georgien. La reine du roman policier dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, en quelque sorte. Les mauvaises langues rétorqueront que compte tenu du fait que peu d'auteurs écrivent des romans utilisant ces décors, accéder au trône de reine n'est peut-être pas si ardu que cela. C'est pourquoi je me méfie toujours de ces appellations un peu ronflantes.
Ce détail mis à part, n'allez pas croire que je voue Deryn Lake aux gémonies. Ni elle, ni ses romans, d'ailleurs.

Car il y a là quelques ouvrages sympathiques, formant une série mettant en scène un apothicaire, John Rawlings (il serait l'inventeur de l'eau gazeuse), résolvant des énigmes criminelles dans l'Angleterre de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, notamment à Londres pour le compte du juge aveugle John Fielding. Rawlings et Fielding sont tous deux des personnages ayant existé, mais leurs apparitions dans ces romans, surtout celles de l'apothicaire, sont fictionnelles. Ce juge Fielding est, pour la petite histoire, le même que celui qui apparaît dans les romans de Bruce Alexander dont j'ai parlé dans un autre billet.

Cela fait relativement longtemps que je connais cette série de romans, pour l'avoir découverte tout d'abord en version originale (au milieu des années 1990), puis en traduction française.
Je ne me souviens plus exactement quel fut le premier titre de la série que j'ai lu. Il me semble qu'il s'agissait de L'apothicaire et l'espion français, à moins que ce ne fût L'apothicaire et la taverne du diable. Quoi qu'il en soit, je me suis laissé aller à en acheter quelques autres de cette série. Et j'ai récemment lu L'apothicaire et le manoir des ombres (Librairie des Champs Elysées, Collection Labyrinthes, 2007, ISBN-13 978-2702433713).

Cette dernière lecture m'a laissé une impression mitigée. Certes, j'étais content de retrouver John Rawlings et le juge Fielding, et les décors de Londres et des campagnes environnantes. Mais je n'ai pas réussi à me laisser prendre à cette intrigue aux mobiles un peu trop tirés par les cheveux à mon goût, avec sa succession de morts et de fausses-pistes-faux-coupables. Surtout que mon intuition m'avait conduit à deviner qui était très probablement coupable. C'est donc plutôt en traînant les pieds que j'ai suivi les chemins sur lesquels me conduisait la plume de Deryn Lake. Ceci m'a confirmé dans mon ressenti général de cette série, dont la qualité des intrigues est inégale, et le suspense plus ou moins soutenu. L'apothicaire et l'espion français est, à mes yeux, le moins bon des romans de cette série parmi ceux que j'ai lus.

Si vous ne connaissez pas encore cette série, évitez donc de commencer par ce Manoir des ombres, qui risquerait de vous décevoir au point de vous détourner d'autres titres tout de même plus savoureux.


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Je ne sais pas trop ce que valent les romans de Deryn Lake hors de cette série. Elle a notamment écrit d'autres romans ancrés dans le XVIIIe siècle (comme The Governor's Ladies qui se passe à Boston en 1775).

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Venise... suites

C'est avec les BD de la série Giacomo C, de Griffo et Dufaux, que j'ai fait mes premiers pas dans la Venise du Settecento, et je suis tout particulièrement attaché à cette série, tant par son graphisme que par ses personnages ou le ton des récits.

Une autre série de BD est née, si j'ose dire, dans les palais et canaux de la Sérénissime : Les suites vénitiennes, de Warnauts et Raives (chez Casterman), qui compte à ce jour 9 tomes et dont le premier est paru en 1996.
Ici aussi, intrigues personnelles et grenouillages politiques sont de mise, et la série est centrée sur les affrontement entre le fils naturel d'un sénateur, Alessandro Beltrame, et une dangereuse intrigante, Dorina Tron. Deux séducteurs, chacun à sa manière, mais l'une est d'ombre quand l'autre est de lumière.

Difficile pour moi, qui suis friand de Giacomo C., de ne pas lire Les suites vénitiennes en ayant l'œuvre de Dufaux et Griffo en tête. C'est donc souvent par comparaison que j'essaie de commenter mon ressenti de la série de Warnauts et Raives.

En premier lieu dans le graphisme. C'est en effet ce point-là qui, plus que tout le reste, fait qu'une BD me séduit ou pas. Réaction épidermique s'il en est, je suis incapable de me plonger dans l'histoire racontée par une BD si le dessin me hérisse le poil, quelles que soient les autres qualités du récit. Dans les Suites vénitiennes, mon goût est parfois assouvi, parfois malmené. Le dessin est de facture plutôt classique (ce qui me convient), et je me plais à retrouver, ici et là, des clins d'œil plus ou moins appuyés à des tableaux de Canaletto, Guardi ou Longhi. Mais deux aspects me font parfois grincer des dents :
- l'utilisation de hachures denses pour figurer la pluie a le mérite de donner une sorte de pesanteur sombre à l'image, mais cela en devient trop haché, au point de me faire penser à un dessin raté ;
- les visages des personnages manquent parfois d'expression, ou donnent l'impression d'être faux.

Les décors sont plus variés dans les Suites vénitiennes que dans Giacomo C., puisque les aventures de Beltrame l'emportent bien loin de Venise, jusqu'au Sénégal ou aux Antilles. Pour le coup, on penche un peu du côté des Passagers du vent, de François Bourgeon.

Les Suites vénitiennes sont également empreintes d'une touche de surnaturel. On aime ou on n'aime pas. Pour ma part, j'ai eu un peu de mal à m'y faire - mon côté un peu trop cartésien, sûrement - mais je m'y suis finalement laissé prendre.

Mais, dans l'ensemble, c'est une série très agréable, et je serais bien ingrat de bouder mon plaisir, d'autant que les BD qui nous entraînent dans Venise au XVIIIe siècle ne sont pas légion.


Pour plus de détails, reportez-vous à la fiche de la série sur le site de la Bedetheque.

mardi 10 juillet 2007

Nouvelles du front

Je vous ai un peu délaissés ces derniers temps, chères lectrices et chers lecteurs. Non que je vous aie abandonnés, mais des impératifs personnels et professionnels m'ont un peu éloigné de ce lieu.

Je reviendrai sans trop tarder, avec quelques commentaires sur des lectures dix-huitièmistes en cours (un roman policier de Deryn Lake et un ouvrage sur Lafayette), et ma prochaine séance de "cinéma à la maison" avec le film de Tom Tykwer adapté du roman Le parfum de Patrick Süskind.

jeudi 5 juillet 2007

Madame de P. et les arts

Il y a plus de cinq ans, la revue L'objet d'art avait publié un hors série, Dossier de l'art n°83, intitulé Madame de Pompadour et les arts. En quelque sorte, et en quatre-vingt-deux pages, un « petit catalogue » de l'exposition qui avait eu lieu au château de Versailles.

Ce dossier nous fait découvrir les goûts et l'influence de Madame de Pompadour, au-delà de l'image plutôt simpliste que nous en avons parfois, que ce soit celle d'une collectionneuse avide, ou celle de marraine du rococo. Ce dossier nous la dévoile également dotée de goûts fort éclectiques, fascinée par l'Orient, ouverte aux influences du néo-classicisme, jouant des arts comme d'armes politiques en commandant les portraits du roi et de sa famille, construisant sa propre honorabilité aux travers de portraits d'elle-même.

Ébénistes, laqueurs, sculpteurs, peintres, céramistes, nombre d'artistes sont conviés dans l'exposition et donc dans ce Dossier de l'art, nous offrant le reflet des sommets de ce temps-là.

vendredi 29 juin 2007

Du côté des revues

Je ne manque jamais, ou presque, de fouiller les rayons des maisons de la presse à la recherche de revues et magazines abordant des aspects du XVIIIe siècle. Parfois, malgré un titre accrocheur, je reste sur ma faim quand l'article est trop superficiel. Néanmoins, il y a parfois de très bonnes surprises. J'en ferai donc état dans ces billets, soit en fonction de l'actualité des parutions, soit en revenant sur des numéros que je retrouve dans ma bibliothèque personnelle (c'est ce que j'avais fait à propos d'un numéro de la revue musicale Diapason).

Si, de votre côté, vous repérez une numéro ou un article intéressant, n'hésitez surtout pas à me le faire connaître, soit en postant un commentaire, soit en m'envoyant un courriel. Ces colonnes sont un peu les vôtres aussi, Mesdames et Messieurs.

mardi 26 juin 2007

Fanfan en Béarn

L'été dernier, je n'avais malheureusement pas pu me rendre aux fêtes organisées au château de Laas (Pyrénées-Atlantiques).

"Château" est peut-être un bien grand mot pour cette gentilhommière du XVIIe siècle, mais l'endroit est fort agréable, et je suis bien décidé, cette année, à franchir les frontières de mon Pays basque pour me rendre en Béarn, dans cette superbe vallée du gave d'Oloron, et découvrir ces animations organisées autour du thème de Fanfan la Tulipe.

Je ne préjuge ni dans un sens ni dans l'autre de la qualité de ce qui y sera présenté, n'ayant pas eu d'échos avertis, pour l'instant, des fêtes de l'an dernier.
Mais je ne manquerai pas de venir faire état, ici, de mon ressenti et de mettre en ligne quelques-unes des photos que je compte y prendre.

D'ici là, si quelque lecteur ou lectrice envisageait de s'y rendre aussi, n'hésitez pas à vous en ouvrir ici.

lundi 25 juin 2007

Des liaisons à savourer

Dues à la plume de l'officier Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses (première édition à Paris en 1782) ont étées l'un des ouvrages les plus lus de la fin du XVIIIe siècle.
Dans ce roman par lettres, "six personages tissent lentement l'une des trajectoires les plus scandaleuses de notre littérature" (Claude Fournet, in Dictionnaire des oeuvres érotiques, éditions Robert Laffont, Collections Bouquins).

Et le cinéma en a tiré au moins deux brillantes adaptations, deux siècles plus tard.

La version de Stephen Frears, Les liaisons dangereuses (1988), est un vrai bijou de réalisation et de jeu d'acteurs. John Malkovich est excellent (comme très souvent) dans son rôle de séducteur au coeur froid (encore que... pas si froid...). Glenn Close colle très bien au rôle machiavélique de la Marquise de Merteuil. Michell Pfeiffer campe très bien Madame de Tourvel, imprenable (?) citadelle de vertu. Et Uma Thurman incarne une délicieuse Mlle de Volanges, trop ingénue pour ne pas être broyée dans la partie d'échecs qui se joue autour d'elle.


Quant au film de Milos Forman, Valmont (1989), il m'a grandement séduit, dans sa narration tout comme dans sa photographie. Je n'ai bien sûr pas pu m'empêcher de faire, dans ma tête, la comparaison la version de Frears. Je n'irais pas dire que j'ai trouvé l'un meilleur que l'autre. Ces deux films m'ont emballé. Mais leur traitement de cette même histoire diffère, notamment quant aux acteurs choisis pour incarner les rôles principaux.
Ainsi, Milos Forman a choisi des acteurs aux personnalités plus "rondes", moins marquées que ceux qu'a choisis Stephen Frears. Ce qui ne veut pas dire qu'un des choix était plus légitime que l'autre, mais simplement que ce sont deux approches différentes.

Par exemple, Colin Firth (le Valmont de Forman) n'a pas le petit sourire carnassier de John Malkovich (le Valmont de Frears). Dans son rôle de séducteur, C. Firth semble plus fragile que Malkovich, presque moins froid.
Et Annette Benning (Mme de Merteuil vue par Forman) donne une impression physique de moins de dureté, ce qui, cette fois-ci, la rend plus dangereuse séduisante que Glenn Close (Mme de Merteuil chez Frears).

Quoi qu'il en soit, deux films à consommer sans modération !

dimanche 24 juin 2007

Portraits de ports

Claude Joseph Vernet, que l'on connaît généralement comme Joseph Vernet, est non seulement un peintre des Lumières, mais probablement celui qui a donné à la peinture de marine son essor et ses lettres de noblesse.
Formé dans sa Provence natale puis à Rome, Joseph Vernet se nourrit de la rencontre entre la tradition nordique réaliste et la tradition décorative italienne. Plus qu'un inventeur de style, il est donc l'artiste d'une rencontre.

Son talent a été repéré par le marquis de Marigny, frère de la marquise de Pompadour, et c'est ainsi que Louis XV finit par commander à Vernet, en 1753, une série de tableaux destinés à tirer le portrait des ports de France. Cette collection des Vues des ports de France doit relever le défi d'être à la fois précise et compréhensible, exacte et vivante. Chaque tableau fourmille donc de détails qui donne de la profondeur aux scènes.

Pour ceux que le sujet intéresse, une visite au Musée de la Marine à Paris simpose. Mais, pour ceux qui sont loin de Paris, il est possible de se faire une idée de ce peintre et de son oeuvre, grâce à la visite de l'exposition virtuelle concoctée par ce musée.
Et une orientation bibliographique sur Vernet, établie par les services de ce musée, est téléchargeable gratuitement au format PDF sur cette page-là.

Enfin, si vous souhaitez tenir entre vos mains un ouvrage moins virtuel sans pour autant vous ruiner, le guide Joseph Vernet - Les vues des ports de France publié par le Musée de la Marine (ISBN 2-901421-16-4) est une excellente porte d'entrée.

Pour ma part, si je suis Bayonnais de naissance et de coeur, les vues du port de Bayonne par Vernet ne sont pas mes préférées. Ce sont ses vues du port de Marseille qui m'enchantent. La reproduction de l'une d'entre elles finira bientôt sur un des murs de mon bureau, soyez-en sûrs !

samedi 23 juin 2007

Par-delà la voix

Les frères Broschi, ça vous dit quelque chose ? Mais oui, voyons, Riccardo, l'aîné, et Carlo, le cadet. Le compositeur et le chanteur. Besoin d'un indice supplémentaire ? Le cadet est en vedette dans mon précédent billet. Oui, Carlo, dit Farinelli.

Le film Farinelli, de Gérard Corbiau (1994), avec notamment Stefano Dionisi, Enrico Lo Verso et Elsa Zylberstein, porte à l'écran une partie de la vie de ces deux frères, et du monde dans lequel ils ont évolué.
Complicité des deux frères jusque dans le partage de leurs amantes. Jalousie, aussi, entre celui qui n'est que très talentueux et celui qui est génial.
Et, au-delà, les rivalités entre les théâtres, la musique de la rue et celles des salons dorées, la puissance des mécènes.

J'ai apprécié le côté flamboyant de certains costumes, et le contraste avec des scènes où la crasse et la misère règnent en maîtresses.
Et, sans pouvoir dire si la voix reconstituée pour le film s'approche vraiment de ce qu'était la voix d'un castrat, je salue ce travail, fruit d'un savant mélange entre une voix de femme et une voix d'homme (celle d'un contre-ténor). Des informations précises sont données sur le site de l'IRCAM, qui a procédé à ce travail (sur cette page-ci ou celle-là, notamment).


Certes, Farinelli n'atteint pas la profondeur ou la puissance d'un Amadeus, mais l'histoire de ces deux frères est très touchante. En particulier le fait que l'un vive dans l'ombre de la gloire de l'autre, et qu'il "mange les miettes" qui tombe de l'assiette de son frère (que ce soit les applaudissements dans un théâtre ou le corps d'une femme dans un lit). Il y a là quelque chose de dramatique.
Mais c'est un film à découvrir ou à redécouvrir. D'autant plus facilement qu'il existe en format DVD à des tarifs tout à fait abordables.

vendredi 22 juin 2007

Ne coupez pas !

Il y a deux ans, dans son numéro 527 (juillet-août 2005), la revue Diapason consacrait un dossier de seize pages aux castrats, sous la plume d'Ivan Alexandre. Le dossier qui aborde divers aspects du sujet, tant sur le plan de l'histoire que sur le plan du répertoire qu'ils chantaient.
La période des castrats court du milieu du XVIe siècle au début du XXe siècle, mais leur apogée couvre le XVIIe et le XVIIIe siècle, que ce soit dans les théâtres ou dans les églises. Et cela, avec la complicité de l'Eglise catholique : si la castration est interdite, Clément VIII (pape de 1592 à 1605), jouant le funambule sur un texte de l'évangéliste Jean, établit qu'il est acceptable de faire des castrats en l'honneur de Dieu. Jusqu'où les arguties théologiques ne vont-elles pas se loger...
Paradoxe de la nature humaine, les castrats, privés des attributs du mâle, gardaient une voix d'enfants mais développaient un corps d'homme adulte, et parfois même un gabarit de colosse [voir note 1]. La combinaison de cette voix cristalline et d'une capacité pulmonaire plutôt hors du commun en faisait des chanteurs aux talents extraordinaires. Autre paradoxe, malgré l'amputation d'une partie de leur virilité, n'en exerçaient pas moins une étrange attraction sur les femmes.

Le dossier nous offre également le portrait de plusieurs de ces castrats, de Ferri (« le pionnier », 1610-1680) à Moreschi (« le dernier », 1858-1922), en passant par Gizzielo (« le galant », 1714-1761). Farinelli, « le dieu vivant », de son vrai nom Carlo Broschi, se voit consacrer un double page du dossier.

Ce numéro de Diapason est encore facilement trouvable. Soit directement auprès de la revue, soit sur des sites de vente de livres d'occasion sur internet. Il me semble constituer une bonne porte d'entrée vers ces artistes si particuliers.



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[Note 1] Les restes de Farinelli ont même été exhumés en 2006 pour permettre une étude des transformations de son corps après la castration. Voir cet article-là, tiré de la revue La tribune.

[Note 2] Quelques portraits et caricatures de Farinelli, sur cette page-là.

jeudi 21 juin 2007

Paris en portfolio

J'avais éclairé de ma lanterne le livre Le Paris des Lumières, superbe invitation au voyage.

Parfois, je me demande si je finirai par craquer pour la reproduction du plan de Turgot présenté en portfolio en tirage limité...

A moins qu'une bonne âme ne se décide à me l'offrir...

Qui sait ? On peut toujours rêver, non ?

mercredi 20 juin 2007

Pour les yeux et les oreilles


A Louis-Armand qui me demandait mes goûts musicaux, dans un commentaire sur le billet sur Vivaldi, plutôt que de tenter le périlleux exercice de la synthèse ou celui de la liste sans fin, je vais répondre par un exemple, avec le coffret DVD du film Don Giovanni de Losey, adapté de l'opéra de Mozart et Da Ponte. Il s'agit, en fait d'un opéra filmé non sur les planches d'un théâtre mais en décors naturels. Le film ne date pas d'hier (il est de 1979), mais il a été réédité en version entièrement remasterisée, notamment pour la bande-son.
Bien sûr, ce genre ne plaira pas à tout le monde (il faut tout même apprécier l'opéra), mais n'ayons pas peur des mots : il s'agit là d'un chef-d'oeuvre cinématographique adapté d'un chef d'oeuvre musical.

Losey a su donner à cet opéra une identité visuelle, photographique, magnifique, utilisant pour cela les décors vénitiens de toute splendeur.
Quant à l'interprétation chantée, le casting est déjà alléchant (Ruggero Raimondi, Kiri Te Kanawa, Jose Van Dam, Teresa Berganza, etc.) et les prestations sont, à mon avis, d'anthologie.
Bref, pour les passionnés ou pour les curieux, une plongée dans une oeuvre superbe et abordable même pour les néophytes.
Cette édition en coffret offre des suppléments très intéressants, ainsi que le libretto complet de l'opéra.

Pour les amateurs d'art, je vous conseille un petit coup d'oeil à un croquis réalisé par Alexander Trauner pour la préparation des décors de ce film. J'en ai découvert un sur cette page-là.
Voici un lien direct vers l'image en question.
Je suis preneur d'autres images de ce genre. Avis à la population !

Marquise... pas exquise

Sans me bercer de trop grandes illusions sur ce que cela pourrait donner, j'avais regardé, voici quelques mois, le téléfilm en deux parties de Robin Davis sur Madame de Pompadour, diffusé sur France 2.

Ce téléfilm met en vedette la marquise de Pompadour (bien sûr), principalement sous la perspective de sa relation amoureuse avec Louis XV, et de ses tracas avec la famille royale et le parti dévot. Cette perspective sentimentale occulte, en grande partie, les autres aspects de l'influence qu'a eue la marquise sur le souverain (l'influence politique, notamment, en particulier dans le "renversement des alliances" au détriment de la Prusse et en faveur de l'Autriche) et aussi sur les arts.

Quant à Louis XV, le portrait qu'en fait ce téléfilm manque un peu de nuances, à mon goût. Certes, le monarque a fait preuve de versatilité, d'indécision, mais cette fiction pousse le portrait vers la caricature. Bon, ce n'était pas comme Didier Bourdon en Louis XV dans le Fanfan la Tulipe de Gérard Krawczyk, mais tout de même...

Deux portraits unidimensionnels, donc, univoques : la marquise presque parfaite et victime des mauvaises gens, et le roi presque benêt. Deux portraits plutôt bien servis par les interprètes principaux, Hélène de Fougerolles (qui manquait un peu de sel, toutefois) et Vincent Perez, mais deux acteurs qui semblaient parfois empruntés dans ce format télé, alors qu'ils sont bien plus à l'aise au cinéma.

J'ai eu un peu de mal, en revanche, à accepter Charlotte de Turckheim (que j'apprécie beaucoup comme actrice par ailleurs) dans le rôle de la reine. Du fait de son âge, elle me donnait plutôt l'impression de pouvoir jouer la mère du roi...
Bref, comme bien de ces genres de téléfilms, la réalisation générale fait "télé" plus que cinéma, et manque donc de pêche, de punch. Ce qui faisait confiner ce téléfilm à la bluette.
En résumé, ce n'était pas vraiment du niveau d'un film comme Ridicule (mais je ne voyais pas cela non plus comme référence face à un téléfilm), mais en-dessous également, à mes yeux, d'un téléfilm comme La bête du Gévaudan de Patrick Volson avec les Stévenin père (Jean-François) et fils (Sagamore).

Avis en demi-teinte, donc.

dimanche 17 juin 2007

Espoirs déçus

Quand j'ai entendu parler de la parution d'un roman policier ayant pour décor la naissance de la franc-maçonnerie moderne à Londres au début du XVIIIe siècle, mon attention a été éveillée. Quand j'ai appris, en outre, que ses auteurs étaient bien au fait de la réalité de ce mouvement (ils en sont membres tous les deux), je me suis dit que le livre éviterait, au moins, les allégations farfelues sur le sujet.

J'ai donc acheté Les mystères de Channel Row, d'Alain Bauer et Roger Dachez (éditions JC Lattès, 2007, ISBN 978-2-7096-2852-5), et je l'ai lu dans la semaine qui vient de s'écouler, plusieurs voyages professionnels en train m'ayant offert des heures de lecture.
Ce livre m'a finalement laissé une impression mi-figue mi-raisin.
J'ai apprécié ce qui, dans le récit, éclaire le lecteur sur le virage donné à la franc-maçonnerie avec la création de la Grande Loge, avec le recrutement de grands gentilshommes censés apporter dignité et richesses aux loges, sur les difficultés rencontrées par la fraternité à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de ces loges.
Mais le roman ne tient pas la promesse de sa quatrième de couverture, celle d'une enquête haletante. J'irais presque jusqu'à dire qu'en guise de halètements (de suspense), je n'ai vécu que des soupirs (de quasi-ennui). Mais, pour ne pas être trop sévère, je m'en tiendrai à dire que ladite enquête ne m'a pas tenu en haleine d'un bout à l'autre du livre. En effet, le récit s'étale sur plusieurs années (de 1717 à 1730) et présente de grands « trous » qui ne m'ont pas aidé à rester pris accroché à l'intrigue. Celle-ci, en outre, est légèrement tirée par les cheveux, la rendant peu vraisemblable à mes yeux au point de me laisser un goût d'inachevé quand je suis arrivé à la dernière page du livre.

Suis-je devenu, à force d'en lire, trop exigeant envers les romans policiers ?
Ou bien celui-ci est-il vraiment un ton en dessous de ce qu'il promet ?
Tout autre avis que le mien sera le bienvenu.

samedi 16 juin 2007

Bercé par le fleuve

Le XVIIIe siècle est finissant. En France, la Révolution couve...
Pour avoir passé son épée au travers d'un homme aux amis influents, un aristocrate français est exilé sur les rivages d'Afrique...
Là-bas, autre vie, autre rythme, autres couleurs. Autres amours aussi. Et trois relations : le maître et l'esclave, le père et la fille, l'homme et la femme. Un éloge de la différence.

Les caprices d'un fleuve (réalisation de Bernard Giraudeau, 1996) est un film au rythme lent mais pas lassant. Il vous emporte, nonchalant, comme si vous étiez un navire sur ce fleuve.
Le scénario, de Bernard Giraudeau, est librement inspiré du Journal du chevalier de Boufflers.

Un coup de tricorne à deux très grands acteurs, Bernard Giraudeau et Richard Bohringer. Ce film, malheureusement passé plutôt inaperçu, est à leur image : sincère et entier.

vendredi 15 juin 2007

Justice aveugle

En 1994, le journaliste et écrivain états-unien Bruce Alexander (de son vrai nom Bruce Alexander Cook, 1932-2003) publie Blind Justice, premier roman d'une série qui en contera onze, mettant en scène un personnage historique hors du commun, le juge londonien John Fielding.

Frappé de cécité à l'âge de 19 ans dans un accident de mer, John Fielding s'est rendu célèbre en réorganisant la police et la justice de la capitale anglaise au milieu du XVIIIe siècle.
Bruce Alexander s'est emparé de cette figure pour en faire le personnage central de ses romans policiers, qui sont une véritable délectation. Les éditions 10/18 ont eu la bonne idée de les traduire et publier en français, ce qui les met à la portée d'à peu près toutes les bourses (ils sont au format de poche) et des lecteurs non anglophones.

Si j'ai déjà dit du bien des romans de Jean-François Parot, je ne peux pas faire moins que d'en dire autant, voire plus, de ceux de Bruce Alexander. Je me régale de ces romans, en effet, tant pour le style d'écriture d'Alexander que pour la tension de ses intrigues. J'apprécie tout particulièrement la façon de faire de la ville de Londres elle-même ou des autres décors de ces livres, non pas des décors mais des sortes de personnages des romans à part entière.

Suivez donc le jeune Jeremy Proctor, l'assistant (fictionnel) du juge Fielding, dans les sombres affaires qui secouent Londres.


Pour aller plus loin :
- une
interview anglophone de Bruce Alexander ;
- un extraordinaire site internet sur
les affaires traitées à Old Bailey (surnom de la Cour criminelle où officiait le juge Fielding) ;
- la
référence du portrait de Fielding illustrant ce billet, à la National Portrait Gallery.

jeudi 14 juin 2007

Paris des Lumières

Il n'a pas dû vous échapper que je suis un amateur de beaux livres. Pas des livres pour décorer ma bibliothèque en les achetant au mètre, en fonction de la taille et de l'aspect de leur reliure. Mais de ces livres que l'on prend plaisir à tenir entre ses mains, à lire et relire, de ces livres qui vous font voyager sans bouger de votre fauteuil.

Celui dont je vais vous entretenir aujourd'hui nous entraîne dans Paris. La Réunion des musées nationaux avait en effet publié, voici quelque temps déjà, un livre à l'occasion de l'exposition Paris 1730 d'après le plan de Turgot : Le Paris des Lumières, d'Alfred Fierro et Jean-Yves Sarazin (ISBN 2 7118 4985 6).


Le livre aurait été bien tristounet, s'il s'était contenté de reproduire les vingt planches du plan dit « de Turgot ». (Soit dit en passant, la dernière fois que je suis allé au musée Carnavalet, à Paris, j'ai cru m'étouffer en voyant le prix auquel est vendu la reproduction grand-format de ce plan...).
Mais là, c'est à un tout autre voyage que le livre nous convie, et les reproductions des planches du plan de Turgot ne font pas tout le charme. Les autres illustrations de cette époque - tableaux, gravures, seynettes, etc. - donnent corps à ce Paris du XVIIIe siècle. Debucourt, Raguenet, Wille nous font voir, sentir, entendre la ville, ses rues, son peuple, ses jardins. Et les photographies d'aujourd'hui révèlent la permanence de certains de ces lieux.
L'immersion est d'autant plus facile que le livre est organisée de manière thématique : « Le roi, le prévôt, le peuple de Paris », « Au fil de l'eau, la Seine et ses îles » et autres « Faubourgs des deux rives ».

Osez donc le voyage immobile !

Musique, Antonio !

Dans un commentaire sur un billet consacré à l'activité costumière de Phil, Louis-Armand me demandait « en amateur de la Sérénissime, goûtez-vous Vivaldi ? ».

Aurais-je le courage de répondre « non, pas vraiment » ?
Et pourtant...

Antonio Vivaldi, le prêtre rouge, comme on le surnommait du fait de son état de prêtre et de sa chevelure rousse, n'est pas un des compositeurs dont je me régale les oreilles. Je devrais même dire, pour être honnête, que la musique du XVIIIe siècle est un des éléments de cette période auquel j'accroche le moins.

Et, pour ce qui est de Vivaldi, je ne m'arrête pas au seul fait de trouver insupportable l'association faite entre musique d'attente (sur un standard téléphonique ou dans un cabinet médical) et Les quatre saisons. Cette pièce a été tant charcutée, massacrée, qu'il me faut parfois prendre mon courage à deux mains avant de me remettre à l'écouter.
J'ai découvert Vivaldi quand j'avais 6 ou 7 ans, au travers de la pratique de la mandoline, et notamment ses concertos en do majeur et en sol majeur pour mandolines et cordes qui sont restés gravés dans ma mémoire. Bien plus tard, j'ai découvert d'autres pièces en les chantant, comme son Magnificat. Mais je reste souvent froid devant le côté virtuose de plusieurs de ses oeuvres. Aussi, même si son Stabat Mater m'émeut, j'aime à écouter, de temps en temps, des pièces moins « médiatisées », si j'ose dire, comme sa Serenata a tre (mais celle-ci, en l'occurrence, est mal servie par les enregistrements que j'en ai écoutés).

Si Vivaldi est, pour moi, une porte vers la Sérénissime du Settecento, c'est par d'autres biais, comme le livre La Venise de Vivaldi, de Patrick Barbier (2002, chez Grasset et Fasquelle, ISBN 2-246-58871-5). Cet ouvrage entraîne le lecteur à la découverte de la vie culturelle, religieuse, festive et, plus largement, sociale de Venise.

Alors, par les oreilles ou par les yeux, laissons-nous guider par Antonio.

dimanche 10 juin 2007

Navires de bois et hommes de fer

Wooden ships & Iron Men (WS&IM ; voir sa fiche - en anglais) est un jeu de simulation des combats de la marine à voile, un wargame sur cartes à hexagones et avec pions. Peut-être pas tout à fait un « ancêtre », mais en tout cas un jeu d'un certain âge, puisque sa première publication a eu lieu en 1974, puis en 1975 sous la bannière d'une firme qui a été, pendant longtemps, un « grand » éditeur de jeu de simulation, Avalon Hill. WS&IM n'est aujourd'hui plus édité, mais il garde un communauté assez active de pratiquants.

Ce succès sur la durée peut s'expliquer sur la relative facilité de prise en main de ce jeu, avec des règles de plusieurs niveaux de difficulté, permettant d'apprendre le jeu avec des règles de base, puis, une fois que ses règles de base sont assimilés, de passer aux règles avancées.
Relativement fouillé sans être trop détaillé, WS&IM offre du plaisir sans qu'il soit besoin de s'arracher les cheveux, et simuler des engagements navals de grande ampleur (vous avez dit Trafalgar ?) n'est pas insurmontable.

Toutefois, ce jeu n'est pas exempt de défauts, comme ceux-ci :
- les règles n'empêchent pas un joueur d'opter pour des tactiques qui n'auraient très probablement pas été choisies par des commandants de l'époque [voir note 1]. Comme d'envoyer leurs navires à l'abordage des navires ennemis pour résoudre le combat, une tactique bien trop meurtrière pour être tentée dans des combats de flotte ;
- compte tenu de son échelle, WS&IM est plus adapté pour la simulation d'actions d'escadre ou de flottes, que d'engagements de faible intensité (duel de frégates, par exemple). Or, ces engagements de faible intensité peuvent avoir tout leur charme, surtout pour les joueurs qui n'ont pas envie d'une partie de longue durée avec une vingtaine de navires dans chaque camp.

D'autres jeux de simulation de combat de la marine à voile ont été publiés par la suite. Mais leur nombre reste éminemment faible, presque anecdotique dans l'ensemble de la production de wargames. Il y a, à mes yeux, deux façons d'essayer de comprendre cela, qui d'ailleurs, ne sont pas exclusives l'une de l'autre :
- l'une inhérente au thème : les combats de la marine à voile n'ont pas autant la faveur de wargamistes que les batailles (terrestres) de l'empire napoléonien ou de la deuxième guerre mondiale ;
- l'autre plus particulière à WS&IM lui-même : ses qualités dépassant ses défauts, peu de créateurs ont osé relever le défi de s'engager dans ce créneau déjà étroit et déjà bien occupé par WS&IM.

Pour ceux qui voudraient un peu plus de détails sur le sujet, jetez un regard sur cette discussion-là (le forumiste "Xavier C" n'y est autre que moi).
En outre, j'ai écrit, dans un fanzine, un article tentant d'offrir aux lecteurs, une approche didactique de ce sujet : les navires et le combat naval à l'âge d'or de la marine à voile [voir note 2]. Je ne prétends pas avoir écrit l'article idéal, mais j'ai essayé de brosser les différents éléments à prendre en main avant de se lancer dans une simulation de combat naval de la marine à voile. Tout commentaire sera le bienvenu.

Je reviendrai probablement vous parler d'autres jeux de ce genre.
Mais, si vous voulez découvrir ce jeu par vous-même et que vous n'avez pas d'adversaire potentiel sous la main, vous pouvez vous rendre sur le site internet de Youplay.it, vous permet de jouer à WS&IM à distance, gratuitement. Attention, ce site ne vous fait pas jouer contre un ordinateur, mais contre un autre joueur humain. Ce n'est pas, non plus, comme l'apprentissage avec quelqu'un à vos côtés pour vous conseiller. Mais c'est un pis-aller qui n'est pas désagréable.

Bon vent !


* * * * * *
Notes :
[1] Aucune des grandes batailles de l’époque de l’âge d’or de la marine à voile (Quiberon, Ushant, Camperdown, Aboukir, Trafalgar), n’a comporté d’abordage. L’exception est celle celle de Saint-Vincent : le 14 février 1797, Nelson, récemment promu au commandement du Captain (74 canons), quitte la ligne de bataille anglaise, canonne le trois-ponts San José (112 canons) avant de monter à l’abordage à la tête de ses hommes.
[2] Les curieux pourront trouver cet article dans les pages 68 à 81 du n°1 des Songes d'Obéron, téléchargeable sur cette page-là, ou par ce lien direct vers le fichier au format PDF (attention, fichier de 11Mo).

Le tour de main de Phil

J'avais été tenté, au premier abord, d'intituler ce billet « Le coup de fil de Phil », mais j'ai finalement conclu qu'il serait difficile pour vous de m'accorder votre indulgence pour un si mauvais calembour. Plutôt que de coup de fil, j'ai finalement choisi parler de coup de main, ou de tour de main, pour que vous soyez assurés que ce titre ne se voulait en rien moqueur. Bien au contraire.

Après avoir parlé, dans un précédent billet, des travaux de Lisa en matière de reconstitution de costumes, c'est aujourd'hui sur Phil que je vous invite à porter votre regard, votre curiosité.

Phil s'intéresse à diverses époques, dont le dix-huitième siècle, et il nous fait partager sa passion sur deux blogs : l'un, Les costumes de Phil, consacré à ses travaux terminés, et l'autre, L'atelier de Phil, qui nous fait découvrir les différentes étapes de ses créations.


Moi qui suis malhabile comme pas deux de mes dix doigts, je ne peux que saluer le talent mis au service de la passion. Monsieur Phil, je vous tire mon chapeau, à vous aussi !




[Merci à Phil pour l'autorisation de publication de la photographie dans ce billet]

vendredi 8 juin 2007

Pédagogie dix-huitièmiste

On ne soupçonne pas toujours les richesses des centres pédagogiques. En l'occurrence, celui du Centre national de documentation pédagogique. Il a édité en 2001 un CR-ROM intitulé J'ai vécu au XVIIIe siècle, et présenté plus en détail sur cette page-ci et analysé sur celle-là.

Son contenu semble alléchant :

"Ce cédérom, utilisable en collège et en lycée, est une banque de données de documents multimédias sur la vie quotidienne en France au XVIIIe siècle. La période couverte par les documents va de 1660 à 1790 et concerne surtout la France. C’est une nouvelle édition de la version sur disquettes, remaniée et largement enrichie qui offre 1 687 documents multimédias (textes, affiches, gravures, graphiques) et 89 documents sonores (chansons enregistrées avec des instruments traditionnels et extraits musicaux). Un lexique de 6 700 entrées, accessibles en hypertexte à partir des documents, et des chronologies thématiques affichables à tout moment complète l’ensemble."

Il ne me reste plus qu'à trouver un moyen de mettre la main dessus, et de revenir vous en parler plus avant dans mes billets.

jeudi 7 juin 2007

Embarquer avec James Cook

Comme je n'ai rien du Français chauvin - je pourrais difficilement, l'être, d'ailleurs, étant né un pied de chaque côté de la Bidassoa -, j'invite dans mes Mémoires un Anglais, grand explorateur maritime, en la personne de James Cook.

Je ne vais pas retracer ici la biographie de ce fils de journalier agricole du Yorkshire qui naviguera autour du monde, bien des livres ou des sites internet le font déjà. Je vais plutôt vous donner quelques clés pour le découvrir par vous-mêmes.

Pour l'anecdote, j'ai souvent regetté que Nathaniel Dance, qui a peint le portrait de Cook qui illustre ce billet, ait donné un air si sévère au capitaine. L'était-il autant que cela ? Etait-ce une nécessité que de le dépeindre avec cet air concentré, presque fermé ? Il est vrai que le portrait qu'en a peint John Webber ne le montre pas très souriant non plus.

Ma bibliothèque personnelle compte plusieurs livres consacrés à Cook, dont trois sont d'un abord facile :

James Cook, Relations de voyages autour du monde, éditions La Découverte Poche (ISBN 2-7071-2678).
Il s'agit d'extraits choisis, et non du texte intégral. Tout à fait abordable, donc, pour quelqu'un qui n'aurait pas envie de lire un très long récit, sans pour autant que les coupes lui fassent perdre tout intérêt.

Martin de Halleux, L'inconnu du Pacifique, éditions Bayard Jeunesse (222773907X).
Un roman qui fait parler Cook à la première personne. A la fois un voyage d'exploration et un voyage intérieur. Tout à fait abordable par un adolescent.
Une fiche de lecture est disponible sur cette page-là.

Ouvrage collectif, Les voyages de Cook, éditions Atlas (ISBN 2-7312-0165-7).
Pas très facile à trouver (il remonte à 1986), cet ouvrage qui relate les 3 voyages de Cook est très richement illustré.


Comme il se doit chez nos voisins d'outre-Manche, une "society" s'est créée pour rassembler les personnes intéressées par le capitaine, la Captain Cook Society.
Un certain nombre de pages de ce site est terne, mais la page des liens est particulièrement fournie, avis aux curieux.

mercredi 6 juin 2007

Point d'honneur

Mes pérégrinations sur la toile m'amènent régulièrement sur le weblog du Songe (tenu par un compère que je croise sur les forums de jeu de rôle sous le pseudonyme de Saladdin), pour y glaner, entre autres, des informations sur les thèmes de cape et d'épée ou de pirates.

J'y avais découvert, voici quelque temps, un billet jetant un coup de lampe sur un petit jeu en ligne. L'auteur du billet m'accordera, je pense, de citer ce jeu dans mes propres billets. Si vous êtes tenté(e) de défier quelqu'un sur le pré, pistolet en main, alors n'hésitez plus : transportez-vous dans ce pré-là, et faites parler la poudre !

Un merci à Saladdin de m'avoir fait découvrir ce petit jeu. :-)

mardi 5 juin 2007

Eros vénitien, en vers et aquarelles

Descendant d'une famille patricienne de Venise, né en 1694 et mort en 1768, Giorgio Baffo (appellez-le « Zorzi », si vous voulez sonner vraiment vénitien) est certes moins connu du grand public qu'un Casanova ou un Canaletto, mais il présente deux des visages de la Venise du Settecento : d'un côté le magistrat respecté, de l'autre l'auteur décrié de poésie « barona », c'est-à-dire canaille, l'aristocrate et le décadent, le vertueux et le lubrique.


Les éditions Vertige Graphic ont publié en 2000 une trentaine de sonnets de Baffo, parmi les plus de sept cents qu'il a écrits, dans le livre Sonnets érotiques (2000, ISBN 2908981157). Mais, si la lecture de cette édition bilingue ne manque pas d'intérêt pour ce qui est de découvrir cette poésie canaille, j'ai acheté ce livre parce que les textes sont accompagnés d'aquarelles du maître.
Que dis-je... du Maître !

Car c'est Hugo Pratt qui a été invité à créer autour de ces sonnets. Evidemment, nous ne sommes pas tout à fait dans le même genre que pour le livre Les femmes de Corto Maltese (de Michel Pierre et Hugo Pratt, chez Casterman, 1994), mais le trait de Pratt, s'il est clairement érotique, est bien moins cru que les vers de Baffo.

Ce livre est donc destiné à un public averti, certes, mais à un public esthète.

lundi 4 juin 2007

Moi, vu par moi

Qu'ils aient été peintres, sculpteurs ou graveurs, de remarquables artistes ont marqué l'histoire des arts du dix-huitième siècle. Mais il n'est pas toujours aisé de mettre un visage sur leurs noms. Fort heureusement, Philippe Renard, déjà auteur d'une superbe monographie sur Jean-Marc Nattier (éditions Monelle Hayot), a publié Portraits & autoportraits d'artistes au XVIIIe siècle (2003, éditions La Renaissance du livre, collection Références, ISBN 2-8046-8016-6). Et voilà qu'au-delà de têtes connues, si j'ose dire, comme celles de Quentin Latour ou de Fragonard, cet ouvrage nous fait découvrir un Van Loo, un Watteau, un Vernet.

A l'huile, au pastel, à la sanguine, à la pierre noire, pas moins d'une centaine de portraits et autoportraits dans cette superbe galerie.
Le livre s'ouvre sur une étude fort didactique sur « le portrait français au XVIIIe siècle », et se termine sur un dictionnaire des peintres.

Alors, pas de tergiversation : offrez-vous cette galerie, et ne la laissez pas dormir sur une étagère, mais régalez-vous de temps en temps en vous y replongeant.

dimanche 3 juin 2007

Dessins et bulles : les trésors de l'île

L'île au trésor (Treasure Island) de Robert Louis Stevenson fait partie des premiers romans d'aventures que j'ai lus, et certainement un des premiers romans maritimes et « piratesques ».
Il a fait l'objet d'un grand nombre d'adaptations pour le grand et le petit écran, et j'y reviendrai dans un autre billet.
Mais le monde de la bande dessinée n'a pas délaissé, lui non plus, les trésors de ce récit.

Le site de la Bédéthèque, mon passage incontournable quand me viennent des questions sur la BD, référence celles-ci :
- celle de chez Walt Disney [1958, éditions Edicoq, fiche Bédéthèque] ;
- celle de De la Fuente [1973, chez Nathan ; fiche] ;
- celle de Pratt, avec deux éditions [en 1980 aux Humanoïdes Associés et en 1988 chez Casterman ; fiche]
- celle de Corteggiani et Faure [en 1991 chez Dargaud, et en 2002 chez Théloma ; fiche] ;
- celle de Joubert [1992, éditions Fleurus ; fiche].

Dans ma bibliothèque personnelle, j'ai les versions de De la Fuente, Pratt, Joubert et Corteggiani & Faure.
Malgré la très profonde affection que j'ai pour l'oeuvre d'Hugo Pratt, sa version de l'Ile au trésor n'est pas celle qui m'enchante le plus. Son dessin y est encore trop crayonné à mon goût, pas encore assez épuré comme il le deviendra pour les derniers albums de Corto Maltese.


Ma préférence va plutôt à celle de François Corteggiani, tant pour le trait que pour la mise en couleurs.

Je note cependant que, depuis le début des années 1990, soit près de quinze ans déjà, cette Île au trésor n'a pas fait l'objet d'une nouvelle adaptation directe en bandes dessinées, mais uniquement la réédition de la version de Corteggiani & Faure.

Qui sait si quelques autres artistes relèveront à nouveau le défi, tentant de faire du neuf avec du vieux ? Christophe Blain, avec sa série Isaac le Pirate a clairement montré que de nouvelles approches dans le graphisme et le récit peuvent apporter un vent nouveau dans les voiles des navires des pirates.



Xavier Dorison & Mathieu Laffray, eux, ont choisi une autre voie : nous raconter, sur Long John Silver, tout ce que le roman de Stevenson ne nous a pas dit [série Long John Silver, chez Dargaud ; fiche]. Un graphisme d'une grande force, qui vous prend par la main et vous entraîne dans les flots, à vous en faire perdre le souffle. Vous aussi, laissez-vous emporter !