dimanche 25 janvier 2009

Un grand Monsieur


Voici quelques semaines, j'attirais votre attention sur la sortie future d'une bande dessinée consacrée à un aventurier des Lumières, Saint-Germain, de Thierry Gloris (dessin) et J.-F. Bergeron (scénario) (éditions Glénat, 2009, ISBN 978-2-7234-6263-1). Aussitôt sorti cet album, je me suis rué vers ma librairie de BD préférée, l'ai acheté et me suis plongé dans sa lecture. Et ma réaction a été immédiate et sans appel :

RE-MAR-QUA-BLE !


Oui, un album remarquable.

D'abord par son aspect visuel, le premier qui me touche en BD. Un dessin fort bien maîtrisé, des cadrages dynamiques sans que la mise en page ne soit un casse-tête, une mise en couleurs riche, chatoyante, des personnages savoureux, de Saint-Germain à Louis XV, du maréchal de Saxe aux coupe-jarrets.

Puis par son langage. Peu de BD m'avaient régalé d'une telle langue, riche sans être ampoulée, jonglant de l'ironie à la séduction, revenant parfois à l'humour de la trivialité, intégrée au récit et non plaquée dessus. Un peu de la même cuvée que De cape et de crocs, d'Ayrolles et Masbou.

Enfin par le récit lui-même. Difficile d'en dire beaucoup sans dévoiler l'histoire. Qu'il me soit néanmoins permis de dire que les deux artistes, au dessin et au scénario, se sont appropriés cet étonnant personnage, pour le plonger dans une aventure alchimique et de cape et d'épée aux nombreux ressorts, dont les fils sont tirés par d'étonnants marionnettistes.

Cette année bd-esque 2009 commence, pour mon univers dix-huitièmiste, par une pièce superbe.

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3 commentaires:

Pierre Gavard a dit…

Je ne suis pas totalement d'accord sur le langage de cette BD qui sonne, à mon avis, parfois bien faux pour un texte du XVIII°.

Quelques exemples au hasard:
- Quand on traite un personnage de "bibendum" (p. 15), il faut savoir que ce mot a été inventé en 1910 par Michelin !
- Même s'il existait déjà, le mot "amok" est très très rare avant le XIX° siècle... (p. 25)
- Le mot "carabin" date de 1803 (p. 46) et n'était pas utilisé au XVIII°.
- Le mot "loupiote" (p.8) date de 1915 selon le Robert.
- Le mot "fumiste", p. 17, outre son manque d'à-propos dans ce dialogue, date dans son acception moderne du milieu du XIX° siècle (il vient d'une pièce de théâtre).

Ce ne sont certes que des petits détails, mais qui s'accumulent et me gênent un peu dans la lecture quand on prétend utiliser un langage d'époque... L'auteur du scénario devrait utiliser un dictionnaire de la langue du XVIII° pour être plus crédible (même s'il est vrai qu'un lecteur lambda n'y verra probablement que du feu...)

Etioles a dit…

Pour une fois, je serai plus sévère que vous. Je viens de lire cette BD, je l'ai trouvée lamentable et je suis d'accord avec votre précédent commentateur. Le langage est insupportablement XXe siècle, plein de tics. L'histoire est abracadabrantesque dans le mauvais sens du mot. J'aime bien mieux "Isaac le pirate", pour la même époque. La simplicité vaut mieux que le cafouillage, à mon humble avis.

Monsieur de C a dit…

Préparez à lire, bientôt, mon commentaire du deuxième tome de cette série. Vous n'allez pas apprécier ce que je vais en dire, car j'ai bien aimé celui-ci comme celui-là ! ;-)

Pourtant, je ne touche aucun dividende de l'éditeur pour en dire du bien. Et si j'en avais pensé du mal, vous vous doutez bien que je l'aurais dit sans détour.

Mais je comprends tout à fait qu'on puisse ne pas aimer du tout. Il me semble que c'est le genre de BD qui ne laisse pas indifférent : on accroche ou on décroche.

Il y a un quelque chose qui me fait accrocher.