dimanche 19 avril 2009

Saint-George, encore


Après m'être retiré de chez le cardinal de Bernis sans oublier de lui promettre de revenir la voir, j'ai retrouvé le chevalier de Saint-George.

Cette fois-ci, c'est Alain Guédé qui m'a accompagné au long de la vie du chevalier, avec son livre Monsieur de Saint-George, le nègre des Lumières (éditions Actes Sud, collection Babel n°509, 2001, ISBN 274273449X).

A mi-chemin entre la biographie et le roman, cet ouvrage rend très vivant le chevalier de Saint-George et son parcours, mettant en exergue à la fois la multiplicité de ses talents, son charme qui emporte tout, et ses difficultés à être un Noir dans une société française qui reste très blanche malgré la percée des Lumières.

A lire pour (re)découvrir ce personnage hors du commun, et aussi pour jeter un regard sur notre propre société, aujourd'hui.

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Petit regret : je n'étais pas encore familier de ce personnage lorsque l'édition en plus grand format était parue chez Actes Sud, et j'ai donc du me rabattre, récemment, sur cette édition de poche, alors que je préfère largement les autres formats, hauts et étroits chez Actes Sud. Point de détail, mais les amoureux des livres comprendront certainement qu'on puisse ainsi préférer certains formats à d'autres.

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lundi 30 mars 2009

Un point cardinal


J
e fréquente peu les gens d'église, c'est un fait. Et, à de rares exceptions près, ils ne me donnent pas envie de les fréquenter plus. Malheureusement, parmi ces exceptions, il en est que je ne pourrai pas fréquenter du tout, à moins de croire à la possibilité de communiquer avec les morts.
Je me fais du cardinal Guillaume Dubois, personnalité éminente de la Régence, une image probablement fausse, car il ressemble plus, pour moi, à Jean Rochefort qui l'incarne dans Que la fête commence !, de Bertrand Tavernier, qu'à son portrait (pourtant certainement plus fidèle mais probablement moins savoureux) par Guy Chaussinand Nogaret.

Un autre cardinal que j'apprends à mieux connaître ces temps-ci est François-Joachim de Pierre, abbé puis cardinal de Bernis (1715-1794). C'est bien entendu Giacomo Casanova qui m'a présenté à Bernis, alors ambassadeur de France à Venise. Connaissant la facilité avec laquelle mon cher Vénitien prend quelques libertés avec les portraits qu'il fait de ses contemporains et des relations – spirituelles ou charnelles – qu'il a eues avec eux, j'ai voulu en savoir un peu plus sur Bernis au travers d'autres textes.

Je ne pouvais pas manquer les Mémoires que François de Bernis a lui-même rédigés (Mercure de France, Le Temps retrouvé, ISBN 2-7152-2192-4). Je ne suis pas naïf au point de croire que Bernis a dit la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dans ses Mémoires. D'ailleurs, si cela avait été le cas, j'en aurais été franchement déçu. Surtout pour un homme d'église !
Alors j'ai dévoré ces Mémoires pour ce qu'ils sont. Le regard de cet homme pas ordinaire du tout sur lui-même, sa vie, ses contemporains. Je l'y devine fidèle en amitiés comme en inimitiés, attentif à se parer de vertus en oubliant ses vices. En fin diplomate qu'il a été, il négocie avec ses lecteurs, leur offrant ce qu'il a de mieux sans s'appesantir sur les zones d'ombres.

Mais je souhaitais avoir un autre regard sur Bernis. Pas uniquement celui de ses adversaires à la plume trempée dans le vitriol, comme le duc de Richelieu qui décrivait Bernis comme « une comète qui avait une queue très longue, mais à laquelle il manquait une tête ».
C'est Jean-Marie Rouart que j'ai donc choisi comme guide. Contrairement à ce que le titre et l'illustration de couverture, inspirée de Fragonard, peuvent laisser penser, ce Bernis, le cardinal des plaisirs (éditions Gallimard, 1998, ISBN 2-07-075264-X) est tout sauf un ouvrage centré sur le libertinage. Oui, Bernis a aimé et savouré les plaisirs de la vie, mais l'ouvrage de Rouart va bien au-delà de cet aspect-là, au point que celui-ci en devient presque anecdotique.

C'est Rouart l'homme d'esprit, l'homme d'Etat, qui est à l'honneur, capable de fines manœuvres comme de coups d'éclat. Du « renversement des alliances » (la France, ancienne adversaire de l'Autriche, en devient l'alliée, contre la Prusse, ancienne alliée devenue ennemie) à la dissolution de l'ordre des Jésuites, Bernis a été le maître d'œuvre de grands changements, heureux ou moins heureux.

Quelques autres ouvrages sur Bernis chatouillent ma curiosité, de l'Éloge du cardinal de Bernis, de Roger Vaillant au Cardinal de Bernis, la belle ambition, de Jean-Claude Desprat.

Je ne vais pas quitter de si tôt une si bonne compagnie.

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dimanche 29 mars 2009

Des nouvelles du noyé


Voilà une dizaine de jours que j'ai terminé la lecture du Noyé du Grand Canal, le dernier en date des romans de la série Nicolas Le Floch sous la plume de Jean-François Parot dont j'avais parlé voici peu.

Le corps de ce noyé n'est que la partie émergée d'un iceberg d'intrigues croisées, que Nicolas Le Floc va devoir démêler tout en marchant sur des œufs (des œufs préparés selon une de ces recettes que Parot aime à partager avec ses lecteurs gastronomes). L'inspecteur Le Floch doit en effet composer avec ses loyautés envers le souverain, son épouse, ou son ancien mentor Sartine avec qui il s'était fâché.

Plus que dans le Grand Canal, c'est dans un bouillon pas très net que le noyé a trouvé la mort. Un bouillon tellement riche que le lecteur doit prendre le temps de le digérer, sous peine de le sentir lui peser un peu sur le ventre. Jean-François Parot m'a semblé avoir, en effet, eu la main parfois lourde sur les ingrédients : un inspecteur des mœurs aux mœurs troubles, des valets et dames de compagnie à l'honnêteté vacillante, des chanteurs castrats à qui le scalpel n'a pas retiré toute ambition, des imprimeurs de libelles infâmes, des ducs et princes intrigants. Sans oublier un combat naval et des vols de pots de chambre.

Presque trop.

Mais je ne vais pas bouder le plaisir que j'ai eu à retrouver Nicolas Le Floch et son univers. Plus aventures avancent, et plus l'on ressent que ce monde est finissant. Bien sûr, c'est plus facile à ressentir pour un lecteur du XXIe siècle, pour qui 1789 n'est pas une date totalement inconnue. Mais, sans jouer sur les anachronismes, Jean-François Parot arrive à dépeindre ce contraste de plus en plus marqué entre l'insouciance absolue des uns et les mécontentements croissants des autres.

Il me reste donc à attendre... le prochain tome, désormais. D'ici là, peut-être verrons-nous sur le petit écran l'adaptation d'autres romans de la série ?

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dimanche 8 mars 2009

En guettant le canoë


Toujours au rayon des BD dix-huitièmistes, je guette Canoë Bay, de Tiburce Oger au scénario et Patrick Prugne au dessin (éditions Daniel Maghen, 2009, 978-2356740090).

L'album paraîtra le 19 mars prochain, mais les planches que l'on peut découvrir sur certains sites comme celui de BDGest ou celui d'Un monde de bulles ou, mieux encore, sur une page du site de l'éditeur (70 planches originales y sont visibles) retiennent toute ma curiosité.
Le site de l'éditeur permet également d'en découvrir une présentation animée, fort alléchante. Et une autre page présente le livre un peu plus en détails.

Précisons, en outre, que ce livre est édité en partenariat avec Action contre la faim, qui percevra une partie du produit des ventes.

Un achat qui sera donc à la fois égoïste et altruiste !

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Bientôt la noyade


Ne l'ayant acheté qu'hier et n'ayant pas encore commencé sa lecture, je ne peux pas vous dire grand-chose du dernier roman en date de Jean-François Parot dans la série des enquêtes de Nicolas Le Floch, Le noyé du Grand Canal (éditions JC Lattès, 2009, ISBN 978-2-7096-3036-2).

Je ne vais pas recopier ici le texte de la quatrième de couverture, que vous pourrez trouver sur de nombreux sites internet, dont celui de l'éditeur.

Je reviendrai vous en dire quelques mots une fois que je l'aurai lu.

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Le prochain dernier


C'est avec une impatience non dissimulée que j'attends la parution, aux éditions Soleil (collection Noctambule), d'une nouvelle adaptation en bande dessinée du roman de James Fenimore Cooper Le dernier des Mohicans.

Cette adaptation, qualifiée de "libre" par Catmalou (scénario) et Cromwell (scénario, dessin, couleurs), promet d'avoir une grande force graphique. Depuis plusieurs mois, Cromwell a ouvert une discussion au sujet de ce projet dans le forum Café salé, le rendez-vous des dessinateurs et graphistes ; il y parle notamment de ses travaux préparatoires, de ses techniques, etc. Particulièrement intéressant pour les curieux dans mon genre.

Bon, maintenant, il me reste à attendre jusqu'à septembre 2009. Pffff...

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lundi 2 mars 2009

Il n'y a que les imbéciles qui...


Lorsqu'il a été projeté à la télévision, L'homme au ventre de plomb, le premier des deux téléfilms tirés des romans de Jean-François Parot mettant en scène Nicolas Le Floch, m'avait plongé dans un ennui mâtiné d'exaspération qui m'avait fait quitter ce spectacle avant même d'atteindre la première demi-heure. Et j'en avais même boudé le deuxième épisode, L'énigme des Blancs-Manteaux.

Pourtant, j'apprécie beaucoup les romans, et je me faisais une joie, depuis longtemps, de savoir qu'ils allaient être adaptés en téléfilms. Peut-être en attendais-je trop ? Toujours est-il que cette première demi-heure du premier épisode me plongea dans une déception aussi grande que mon attente l'avait été. J'irais même jusqu'à dire qu'une certaine envie de distribuer des coups de bâtons venait me chatouiller les mains.

Ce bout entrevu me semblait plombé, tout comme le ventre de la victime. Plombé par le rythme des dialogues. Non pas que je sois allergique à des dialogues qui « sonnent à l'ancienne », par les imparfaits du subjonctif (l'espagnol en regorge, aujourd'hui encore, et j'adore cette langue, héritage paternel que je ne renierai jamais). Mais bon sang, quand les acteurs apprendront-ils encore et encore leurs textes jusqu'à ce que ces tournures-là sortent de leur bouche aussi naturellement que leur français d'aujourd'hui ? En cela, je rejoins totalement l'avis de Thomas B., exprimé dans une discussion du forum La folie XVIIIe.
Et puis certains personnages ne ressemblaient pas du tout à l'image mentale que je m'en étais faite à la lecture des romans (contrairement, par exemple, aux personnages dépeints par le film Alatriste, d'Agustín Díaz Yanes, totalement en accord avec ceux des romans écrits par Arturo Pérez Reverte). Nicolas Le Floch presque trop mûr, trop tranchant. Bourdeau pas assez bourru, trop propre sur lui.

Bref, je n'étais pas content. Pour la défense du réalisateur et des comédiens, je dois préciser que lors de cette diffusion, j'étais plutôt fatigué, l'esprit empreint de soucis professionnels. Bref, pas vraiment en état de me laisser prendre par la main et inviter dans cette histoire.

Mais voilà que l'on m'a offert le coffret DVD de ces deux épisodes. Et que j'ai pu les regarder voici quelques semaines dans des conditions plus adaptées : en vacances, reposé, plus ouvert à ce spectacle. Je gardais néanmoins ma canne à portée de main, prêt à bastonner à nouveau les impudents. Pour le cas où l'affaire serait devenue encore plus sérieuse, j'avais apporté une épée, un pistolet et assez de poudre et de balles pour ruiner la fête chez la Paulet.

Mais finalement, ma canne n'a bastonné personne, mon épée est restée au fourreau, et j'ai gardé ma poudre et mes balles pour des occasions plus graves.
Les intrigues sont finalement assez bien menées et j'ai réussi à me laisser porter par le rythme de ces téléfilms, et même par le ton général des dialogues. Même si parfois il me revenait l'envie de secouer les acteurs pour qu'ils aient un débit plus fluide, plus naturel.
J'ai apprécié la variété des décors intérieurs et extérieurs, les portraits de personnages très divers, des ministres et favorites royales aux boutiquiers et porteurs de paravent d'aisance.
Je ne suis pas assez connaisseur en matière de costumes, et des gens plus fins connaisseurs se chargent de vous dire ce qu'ils en pensent dans le forum sur l'histoire du costume et de la mode.



Dans l'ensemble, si l'on n'est pas devant une série aussi réussie que peuvent l'être des séries comme Rome ou Deadwood produites par HBO, ces deux premiers épisodes télévisés de Nicolsa Le Floch ont le mérite d'offrir un spectacle tout à fait divertissement, d'une qualité dont il n'y a pas à rougir, et qui a évité le piège de la trahison d'une œuvre littéraire pour en faire du « spectacle pour cerveaux à rendre disponibles pour de la publicité » (mais non, je n'ai pas pointé spécialement TF1 ou les réalisations grotesco-poussives de Josée Dayan...).

Deux épisodes fort plaisants à voir. Et certainement à revoir, en attendant les suivants.

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Les photographies illustrant ce billet sont © Compagnie des Phares et Balises

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dimanche 1 mars 2009

Encyclopédie sur papier


Pour ceux qui voudraient découvrir l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert non dans son intégralité, mais qui préfèrent tout de même la tangibilité du papier à la virtualité du format électronique, il y a un moyen pas trop ruineux d'en découvrir des extraits imprimés.

Une quarantaine de volumes, comptant de 70 à 120 pages pour la majorité d'entre eux, couvrant une large gamme de thèmes, comme "Art du cheval", "Marine", "Horlogerie", "Lutherie" ou encore "Anatomie".

Il va sans dire que, aimant le contact du papier plutôt que celui de l'écran d'un ordinateur, j'ai acheté quelques-uns de ces volumes, que l'on trouve parfois à petit prix dans les solderies de livres ou chez les bouquinistes.

Des achats pour les curieux de quelques thèmes en particulier, plutôt que pour ceux qui voudraient disposer de l'Encyclopédie entière.

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On peut aussi trouver ces livrets sur quelques sites internet (comme celui-là), mais la disponibilité de tous les volumes n'est pas toujours assurée.

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mercredi 28 janvier 2009

Parenthèse d'autopromotion


Après être resté longtemps comme un chantier abandonné sitôt les premiers coups de pioche donnés, le club Série noire vient enfin d'ouvrir ses portes au public.

Il ne sera concurrent ni des salons de Monsieur de C, ni du carré de la goélette cortomaltesienne.

Ce sera un espace d'un autre genre, aux fauteuils de cuir et à l'ambiance tamisée, où l'on viendra se raconter d'horrifiques histoires de criminels et de justiciers, de femmes fatales et de détectives au menton carré.




Messieurs et dames y sont les bienvenus, et personne n'est obligé de déposer ses armes à l'entrée. Une seule règle s'applique : on n'y tire pas sur le pianiste.

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lundi 26 janvier 2009

Un trésor de pacotille


Ayant bien apprécié Les ogres du Gange de Philippe Cavalier, c'est avec un a priori plutôt positif que j'abordais son premier roman de la série naissante Le marquis d'Orgèves : Le trésor des fils de France, tome 1 (éditions Anne Carriere, 2008, ISBN 978-2843374999).

Mal m'en a pris. Je reviens franchement déçu de ce voyage aventureux.

Certes, il y a dans ce roman tous les ingrédients des feuilletons de cape et d'épée. Des héros fins bretteurs, des adversaires machiavéliques, des femmes fatales ou en détresse, des coups d'épée et des coups de pistolets, des tavernes dangereuses et des palais qui ne le sont pas moins, des chevauchées endiablées, des échappées en carrosse ou en bateau.

Mais le roman en lui-même m'a promené entre ennui et mauvaise humeur.

Je n'ai rien trouvé pour m'accrocher à ce héros, ni pour le détester comme on peut en arriver à détester le personnage de Barry Lyndon. Ce marquis d'Orgèves est à la fois trop niais et trop calculateur pour que cela donne un personnage entier, intéressant.
Quant au récit, il m'a souvent conduit à bâiller. D'abord parce que les « grands secrets » partagés par une douzaine de personnages et transmis de génération en génération pendant des siècles sans que rien ou presque n'en filtre jamais sauf au moment du roman, je n'arrive plus à être assez crédule pour qu'une telle idée me transporte de plaisir à la lecture. J'ai l'impression d'avoir lu cela mille et une fois, et le « grand secret » que nous propose ici Philippe Cavalier arrive à jouer le tour de force d'être à la fois improbable et insipide.

Ensuite parce que le roman est tristement répétitif. Le héros identifie un de ses adversaires, l'approche, le trompe ou le torture, s'empare de son bout de secret, et doit s'enfuir parce qu'il n'a pas fait tout ça discrètement. Et il recommence au chapitre suivant. Et quand il n'est pas en train de ferrailler contre des fines lames qu'il arrive tout de même à vaincre, il trousse chambrières et nobles dames, jusqu'à l'impératrice de Russie. Sous la plume de Philippe Cavalier, le marquis d'Orgèves ne trousse pas, il « fout ». Au long du livre, il fout et refout, tant et si bien qu'à la fin, c'est moi qui m'en contrefous.

Le XVIIIe siècle de cape et d'épée vu par Philippe Cavalier, c'est un mauvais cocktail de Casanova, Fanfan la Tulipe et Donatien de Sade, c'est SAS en perruque poudrée.

Des œuvres de fiction mieux tissées que celle-là, j'en ai lu et vu plus d'une, dont j'ai déjà fait l'écho dans ces billets. Et d'autres billets me restent à écrire sur des romans ou des films de bien meilleure facture, lus ou à lire, vus ou à voir. Mais parmi ces romans à lire, il n'y aura certainement pas le tome 2 de cette saga.

Les fans de ce roman pourront m'agonir de mots peu tendres dans les commentaires de ce billet ou par courrier électronique. Je ne censure jamais les avis contraires aux miens, mes billets étant un espace où je privilégie la sincérité jusque dans sa subjectivité assumée.
(Les fans de SAS et de Gérard de Villiers peuvent aussi participer à la bagarre, mais je ne suis pas sûr qu'ils soient assidus de mes billets.)

Pour les plus vindicatifs, rendez-vous dans le pré, au petit matin. N'oubliez pas de vous faire accompagner de vos témoins.


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Je n'aurais pas l'outrecuidance de relever, ici, la liste d'erreurs, plus ou moins vénielles, présentes dans le roman, le plus souvent sur des aspects techniques des armes à feu ou sur la dénomination de certaines armes. Les spécialistes les relèveront d'eux-mêmes, les profanes glisseront dessus sans s'en rendre compte.

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dimanche 25 janvier 2009

Un grand Monsieur


Voici quelques semaines, j'attirais votre attention sur la sortie future d'une bande dessinée consacrée à un aventurier des Lumières, Saint-Germain, de Thierry Gloris (dessin) et J.-F. Bergeron (scénario) (éditions Glénat, 2009, ISBN 978-2-7234-6263-1). Aussitôt sorti cet album, je me suis rué vers ma librairie de BD préférée, l'ai acheté et me suis plongé dans sa lecture. Et ma réaction a été immédiate et sans appel :

RE-MAR-QUA-BLE !


Oui, un album remarquable.

D'abord par son aspect visuel, le premier qui me touche en BD. Un dessin fort bien maîtrisé, des cadrages dynamiques sans que la mise en page ne soit un casse-tête, une mise en couleurs riche, chatoyante, des personnages savoureux, de Saint-Germain à Louis XV, du maréchal de Saxe aux coupe-jarrets.

Puis par son langage. Peu de BD m'avaient régalé d'une telle langue, riche sans être ampoulée, jonglant de l'ironie à la séduction, revenant parfois à l'humour de la trivialité, intégrée au récit et non plaquée dessus. Un peu de la même cuvée que De cape et de crocs, d'Ayrolles et Masbou.

Enfin par le récit lui-même. Difficile d'en dire beaucoup sans dévoiler l'histoire. Qu'il me soit néanmoins permis de dire que les deux artistes, au dessin et au scénario, se sont appropriés cet étonnant personnage, pour le plonger dans une aventure alchimique et de cape et d'épée aux nombreux ressorts, dont les fils sont tirés par d'étonnants marionnettistes.

Cette année bd-esque 2009 commence, pour mon univers dix-huitièmiste, par une pièce superbe.

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Des voeux de Lumières


Des travaux d'écriture m'ont quelque peu éloigné des salons de Monsieur de C. J'espère que mon hôte et ses autres invités n'en prendront pas ombrage, même si je leur dit que ces travaux d'écriture m'ont amené à me plonger dans un autre siècle que celui des Lumières, la période troublée des guerres de religion qui ont déchiré le royaume de France.

Me voici toutefois de retour ici, reprenant la plume à une date à laquelle, selon les usages communément admis, il est encore temps de présenter ses vœux. Recevez donc les miens, aimables lectrices et fidèles lecteurs, quel que soit le calendrier auquel vous vous reportez pour compter ces années.



Pour ma part, si je n'ai qu'un seul souhait à émettre, ce sera celui que les Lumières puissent, aujourd'hui encore et demain tout autant, chasser les obscurantismes et ouvrir la voie de la liberté des esprits.

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dimanche 14 décembre 2008

Quand Maurice rêve


Une fois n'est pas coutume (mais ça pourrait le devenir), je publie un billet qui n'est pas entièrement de ma plume, mais qui vise à rendre plus visible une information donnée par un lecteur de ce blog, abdul666, dans un commentaire d'un de mes billets avec lequel il n'avait qu'un très lointain rapport.

"Le titre de ce billet me fournit un prétexte (bien mince, il est vrai: les étonnants qui y sont décrits) pourpartage ma joie de découvrir que les 'Rêveries' du Maréchal de Saxe ont été numérisées et mises en ligne par Google et par notre Bibliothèque Nationale.

Fascinant pour les amateurs d'Histoire Militaire au temps des 'Guerres en dentelles', étonnement moderne dans son contenu... mais aussi, il me semble, une intéressante curiosité pour tout amateur du 18ème siècle. Un texte agréable dans le français du temps, présenté avec l'orthographe ('o' au lieu de 'a' à l'imparfait) et la typographie ('f' pour 's') d'origine..." (abdul666)


Le titre complet de ces Rêveries est Mes rêveries. Ouvrage posthume de Maurice comte de Saxe, duc de Curlande et de Sémigalle, maréchal général des armées de Sa Majesté Trés-Chrétienne : augmenté d'une histoire abrégée de sa vie, & de différentes pièces qui y ont rapport, par monsieur l'abbé Pérau.

Je ne pouvais que relayer ce message d'abdul666 par un billet plus visible, tant ces Rêveries valent d'être découvertes par les curieux d'histoire militaire et, au-delà de ces mémoires, leur auteur lui-même, Maurice de Saxe (1696-1750.

Les lecteurs préférant le livre-papier au livre-pdf pourront trouver ces Rêveries aux éditions Economica (2002, ISBN 978-2717845280).

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dimanche 7 décembre 2008

Une suite sous la lune


I
l y a un an environ, je vous donnais rendez-vous pour la sortie du deuxième tome de la série de BD Moonfleet, de Rodolphe et , adaptation en dessins et bulles du roman de Falkner.

Ce deuxième tome, Le trésor de John le noir (éditions Robert Laffont, 2008, ISBN 978-2-221-10905-2) est sorti, et il confirme mes impression nées de la lecture du premier tome : un dessin classique mais agréable, un récit plaisant à lire.

Pas une révolution dans le monde de la BD, mais un bon divertissement.

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samedi 6 décembre 2008

Le comte sera bientôt bon


B
ientôt, bientôt. Mi-janvier 2009, c'est-à-dire après-demain.

C'est à ce moment qu'arrivera sur les rayons de ma librairie de BD préférée le premier tome de Saint-Germain, de Thierry Gloris (scénario) et Jean-François « Djief » Bergeron (dessin) (éditions Glénat, collection Grafica, ISBN 9782723462631).



Je savoure d'avance le plaisir de découvrir en dessins et bulles les aventures du comte de Saint-Germain, étonnant personnage d'un XVIIIe siècle pourtant pas avare en raisons de s'étonner.

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Quelques éléments complémentaires sur le site spécifique de cette BD, sur le blog du dessinateur et dans le forum de la Bédéthèque.


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L'Encyclopedie sur une galette


J
'aurais probablement du mal à faire entrer dans ma bibliothèque personnelle, déjà bien chargée, la version originale de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, avec ses 17 volumes de textes, 5 volumes de suppléments, 2 volumes de tables analytiques et 11 volumes de planches.

J'en ai bien acheté quelques extraits en fac-simile, parce que pour moi le numérique ne peut pas remplacer totalement le papier, dans le plaisir à le manier.

Mais, pour ne pas me priver totalement de ce trésor qu'est aux yeux d'un amateur du XVIIIe siècle cette Encyclopédie, j'avais acheté, voici quelques années déjà, cette œuvre au format numérique, version CD-ROM (éditions Redon, 2000 ; nouvelle édition 2006).

Formidable outil pour qui aime se perdre dans les vagabondages, lecture au fil du texte ou saut du coq à l'âne, recherche par thème ou par mot-clé.

Une porte ouverte sur le XVIIIe siècle qui, malgré ses défauts (elle est incomplète ou en retard sur certaines connaissances de son temps) et parfois sa prudence (pour ne pas trop donner à la censure le bâton pour se faire battre), n'en est pas moins un extraordinaire reflet de ce temps des Lumières.

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Monsieur l'abbé vu par un écrivain


T
rouvé ce matin sur l'étal d'un libraire-bouquiniste, l'ouvrage de Jean-Marie Rouart, Bernis, le cardinal des plaisirs (éditions Gallimard, 1998, ISBN 2-07-075264-X).

J'avais apprécié la préface de Rouart dans l'édition des Mémoires du cardinal de Bernis (Galliard, collection Le temps retrouvé), et j'étais curieux de voir ce que pouvait donner la biographie de cette personnalité éminente du XVIIIe siècle sous la plume non d'un historien mais d'un écrivain.
Je vous en dirai plus lorsque j'aurais lu ce livre.

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Ce livre existe aussi en version de poche, chez Folio.

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mercredi 26 novembre 2008

Le chien aboie et la caravane s'ensable


L
e roman de Patrick Bard, Le chien de Dieu (éditions Seuil, 2008, ISBN 9782020653770) m'a piégé par son thème. La rencontre du thriller et du roman historique dix-huitièmiste, sur fond de vieux secrets à l'haleine de soufre.
Je n'avais pas lu le polar La Frontière du même Patrick Bard, récompensé par plusieurs prix. Cela n'a donc pas été déterminant dans mon achat. Non, le déclic a vraiment été dans cette promesse de roman à suspense autour de la Bête du Gévaudan.

Arrivé au bout du voyage proposé par Patrick Bard, je me suis retrouvé comme un funambule en équilibre entre la figue et le raisin.

Toute la partie du récit ancrée en Margeride et en Gévaudan est passionnante. C'est quasiment du roman naturaliste, du récit ethnographique. Un voile levé sur la vie non seulement de ces paysans mais aussi de ces curés, de ces nobles qui, bien que vivant loin de la capitale, n'en essaient pas moins de grenouiller dans les allées du pouvoir. Rudesse d'un pays, rudesse des vies. Et, par-dessus tout ça, le fléau, la Bête. Ou les Bêtes, qui sait ? Fléau de Dieu, du Diable, ou des hommes ?

Mais la partie romaine, vaticane, ne m'a pas autant accroché. Loin s'en faut. La conspiration que l'on devine assez vite dans le récit (même si on n'a pas lu en grand détail la quatrième de couverture...) n'est pas vraiment convaincante. Je la trouve même plutôt en décalage avec le reste du récit. Comme si la mayonnaise n'arrivait pas bien à prendre entre le ton dur, presque cruel, des épisodes en Margeride, et cette conjuration un tantinet trop « roman feuilleton ».
Je suis amateur de thrillers « durs », et de romans-feuilletons de cape et d'épée. Mais j'ai du mal à avaler le mélange des deux.

Ce Chien de Dieu m'a donc mordu, mais il n'a pas réussi à me refiler la rage.

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mardi 25 novembre 2008

Casanova, Fellini et Arte


V
ous ne l'avez pas encore vu ?

Vous l'avez raté le 24 novembre dernier ?

Il vous reste une chance de le voir : Arte difuse à nouveau le Casanova de Fellini le jeudi 27 novembre 2008 à 00h10 et le vendredi 5 décembre à 14h55.




N'hésitez pas à en lire la critique publiée sur cette page-là.

En attendant mon billet, que je vous promets de si longue date...

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lundi 24 novembre 2008

Wolfgang mal logé ?


L
es tenants du Grand Architecte de l'Univers me pardonneront, je l'espère, le jeu de mots du titre de ce message. Pour autant que je sache, d'ailleurs, Mozart ne s'est jamais plaint de son initiation à la franc-maçonnerie en 1784.
Je le reconnais, ce titre était surtout destiné à attirer la curiosité. Me voici tombé dans la facilité du slogan publicitaire.

Mais je dois dire que c'est ce qui m'est vite venu à l'esprit en découvrant le boîtier d'un jeu vidéo pour PC, intitulé Mozart – Le dernier secret (Micro Application, 2008).

La présentation par l'éditeur me laisse la mauvaise impression que toute la trame ou presque est dévoilée dans leur communiqué :
1788, Mozart présente Don Giovanni à l'opéra de Prague. L’accueil est enthousiaste et rien n'aurait dû inquiéter le compositeur de génie... Mais rapidement, les événements qui secouent la capitale de Bohême vont le détourner de sa musique.... Une conspiration machiavélique est en cours pour détrôner Joseph II, empereur d'Autriche-Hongrie.

Les francs-maçons seront manipulés et serviront de boucs émissaires. Vous incarnez Mozart, qui, accusé à tort d'un crime, va se transformer pour quelques heures en l'un des plus grands détectives de l'histoire pour parvenir à déjouer l'attentat des conjurés de Prague.

Quand bien même le communiqué de l'éditeur n'en aurait pas fait mention, un œil un peu exercé n'aurait pas manqué de repérer que le A de Mozart, sur le boîtier, est directement construit sur le compas et l'équerre des Frères.

Je ne sais pas ce que vaut l'intrigue du jeu, et je ne peux qu'aiguiller les curieux vers certaines critiques disponibles sur la toile, comme celle publiée sur le site Eurogamer, qui attribue à ce jeu la note de 5/10.




Je me laisserai peut-être tenter par la curiosité, une fois que ce jeu glissera du rayon « nouveautés » au rayon « prix cassé ».

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